­­­Tourisme – Frederick Grey triomphe à domicile

    samedi 30 avril 2016

    Près de 1 000 convives, dont 290 Tahitiens, ont fêté la réouverture de l’hôtel historique de Apia, propriété de Frederick Grey.  Le patron de Grey Investment Group croit au tourisme polynésien.  Le président polynésien, invité, s’est, quant à lui, dit réticent à l’installation de casinos en Polynésie française.

    Qu’ils soient de Tahiti ou de Samoa, personne parmi les invités n’a trouvé à redire à la soirée organisée hier par Frederick Grey, pour la réouverture du Sheraton Aggie Grey’s Hotel & Bungalows, l’établissement fondé par sa grand-mère en 1933, point de départ d’une “success story” qui fait la fierté de Samoa.

    Après les discours du chef de l’État Tufuga Tamasese Efi et du Premier ministre, Tuilaepa Saliele Malielegaoi, devant une foule rassemblée à l’entrée de l’hôtel, puis les remarques de Frederick Grey lui-même, c’est Marian Grey, sa mère, qui a coupé le ruban.
    Les invités ont ensuite pu visiter l’hôtel, qui n’est pas tout à fait terminé puisque son ouverture au public est prévue pour la fin du  mois prochain. Le casino qui doit y être logé n’est d’ailleurs pas encore installé.
    Les convives ont pu assister à la prestation d’un groupe de danse traditionnelle samoane, puis ce fut l’entrée en scène des danseurs de Tahiti Ora.

    Pour leur apparition dans un pays encore très imprégné de morale religieuse, il leur a été demandé une certaine modération… mais ils ont tout de même fait forte impression sur les Samoans ravis.
    Le reste de l’animation de la soirée, à l’exception d’une courte apparition d’un chanteur local, a été assuré par des Polynésiens spécialement invités pour l’occasion : le groupe Verua et les techniciens de Poly Events, menés par DJ Parrain.

    Une fois le dîner terminé, ce dernier a entraîné une centaine de personnes, dont Miss Tahiti, Vaimiti Teiefitu, dans le futur casino, transformé pour l’occasion en boîte de nuit, pour les faire danser jusque tard dans la nuit.
    Au-delà de l’anecdote festive, on pouvait constater la fierté des Samoans dans les succès, désormais internationaux, de la famille Grey.
    Mais ils y voient aussi le symbole du rapprochement économique et culturel des peuples polynésiens, auquel travaille depuis des années le Premier ministre samoan, à l’origine de la création en 2011 du Groupe des leaders polynésiens.

    C.P.

    Frederick Grey, patron de Grey Investment Group : « Tahiti est très attirante”

    Le patron de Grey Investment Group, bien qu’il soit l’organisateur d’un événement inédit dans les annales du tourisme polynésien, est resté très discret ces deux derniers jours. À l’heure où nous écrivons, le mystère plane encore sur le rachat de Tahiti Nui Travel à Franck Falletta. La signature doit, entend-on, se faire lors de ce séjour. Mais alors que Frederick Grey confirme que la signature doit se tenir aujourd’hui, Franck Falletta, lui, ne répond  : “Ah bon ? Qui vous a dit ça ?”.

    Quels sont vos plans pour le développement du tourisme polynésien ?
    Nous avons récemment acquis les trois Sofitel. Donc l’idée, c’est de commencer la rénovation du Private Island. Une fois cela fait, nous prévoyons également quelques rénovations au Méridien de Punaauia. Nous envisageons également d’autres projets, notamment Tahiti Nui Travel.

    Confirmez-vous que vous allez signer cette acquisition demain (vendredi à Papeete, NDLR) avec Franck Falletta ?
    Oui, absolument.

    Avez-vous des ambitions dans d’autres îles du Pacifique ?
    Pas vraiment, mais nous sommes toujours à l’affût d’opportunités à Fidji et aux îles Cook. Si quelque chose se présente là-bas, nous le considérerons avec grand intérêt. Mais Tahiti est très attirante car de nombreux hôtels y sont toujours en vente. On peut négocier. On garde toujours les yeux ouverts.

    Vous n’avez jamais fait mystère de votre intention d’ouvrir un ou plusieurs casinos à Tahiti. Est-ce que vous vous rapprochez du but ?
    Eh bien, je l’espère. Samoa est plus conservatrice que Tahiti, vous avez pu voir que les églises sont très présentes. Mais elles ont été très bien, la résistance à l’ouverture des casinos a été relativement faible, parce qu’elles ont vu que tout ce que nous faisons, nous le faisons correctement. Il n’y a pas de prostitution, pas de blanchiment d’argent, rien des défauts qui sont habituellement attribués aux casinos.

    Avez-vous un partenaire pour le management des casinos ?
    Nous les gérons nous-mêmes, et nous ferions la même chose à Tahiti, entièrement localement. Ainsi, l’argent resterait à Tahiti, comme l’emploi et les taxes.

    Ici, les casinos ne sont toujours pas accessibles à la population locale ?
    Non. Si vous détenez un passeport samoan, vous ne pouvez pas jouer. Mais je pense que le gouvernement samoan va éventuellement lever cette restriction et permettre aux Samoans de jouer, mais avec un droit d’entrée. Parce qu’en fait, permettre aux touristes de jouer et pas aux locaux c’est, en pratique, de la discrimination.

    À Tahiti, les casinos seraient ouverts à tous ?
    Oui, à tout le monde. Mais cela dépend du gouvernement. Nous souhaitons vraiment beaucoup travailler avec le gouvernement polynésien sur ce sujet.

    Propos recueillis et traduits par Caroline Perdrix

    ­­­Édouard Fritch, président du Pays : “Je suis très réticent à l’installation des casinos”

    Pour convaincre les Églises d’accepter l’implantation des casinos en Polynésie, quels seraient vos arguments ?
    Si vous posez la question à Édouard Fritch, je vous dis que je suis très réticent à l’installation des casinos. C’était le seul vœu que j’ai exprimé lors des négociations pour le Tahiti Mahana Beach, et ce vœu a été exaucé, puisque dans le projet présenté par le groupe Recas, ce casino a disparu.
    Ceci dit, pour certains hôteliers, pour certaines chaînes hôtelières surtout, le casino semble être un passage obligé. Donc pour le moment il nous faut effectivement débattre, il nous faut d’abord réglementer parce que nous n’avons pas de loi du Pays sur les jeux de hasard et les casinos. Si le besoin se faisait ressentir et si la pression se faisait trop importante, si ça devenait une condition sine qua non, pourquoi ne pas en parler ? Moi, je suis ouvert mais j’inviterai les uns et les autres à en parler. Naturellement se pose la question des confessions religieuses.
    Vous savez que moi-même, je suis catholique pratiquant, mon diocèse a toujours émis un avis défavorable sur l‘implantation des casinos, mais c’est à nous de prendre nos responsabilités, pas au diocèse de Papeete de diriger le Pays. Mais nous devrons, à un moment donné, décider de la suite à donner.

    À Samoa, les casinos sont interdits à la population locale et sont bien acceptés. Ne pensez-vous pas qu’après un temps d’adaptation, il en serait de même à Tahiti ?
    Vous savez, je crois que pour le Mahana Beach, c’est ce qui avait été prévu au départ, à savoir que si on créait un casino sur le site de Outumaoro, seuls auraient accès les touristes logés à l’hôtel. Et je crois que la condition c’est que ce soit réservé aux personnes de passage. C’est ce qui a fonctionné ici parce que vous savez que nous sommes ici dans un pays fortement imprégné de religion, et je crois effectivement beaucoup plus conservateur que chez nous, donc ils tolèrent, mais à certaines conditions. J’ai cru comprendre que les propriétaires de casinos ici reversent une partie de leurs bénéfices aux affaires sociales du pays. Donc il y a effectivement un terrain d’entente à trouver.

    Vous partez demain pour Auckland, que pouvez-vous nous dire de ce déplacement ?
    Je vais rejoindre le Premier ministre, M. Valls, qui arrive dimanche après-midi à Auckland, et qui a émis le vœu d’être accompagné, comme l’a fait le président de la République il y a deux ans, des représentants des collectivités françaises du Pacifique.
    Après la rencontre dimanche soir avec la communauté française, il y a les discussions bilatérales sur les échanges commerciaux. Les échanges commerciaux, pour nous c’est important.
    Tahiti est un gros client de la Nouvelle-Zélande. Donc il faut trouver des moyens de rééquilibrer cette balance commerciale qui est complètement défavorable à la Polynésie. On va en tous les cas participer.

    Y a-t-il d’autres sujets que vous souhaitez aborder avec le Premier ministre ?
    Non, je ne vais pas gêner le Premier ministre, il a d’autres problèmes beaucoup plus importants à gérer dans le cadre de cette rencontre. Mais c’est vrai que je profiterai de cette occasion pour prendre rendez-vous avec lui pour la fin du mois de juin, où je prévois de me déplacer à Paris pour faire le point avec les différents ministères sur les engagements du président de la République, parce qu’il ne faut pas non plus les oublier.

    Propos recueillis par Caroline Perdrix

    Teriivaea 2016-05-01 14:11:00
    Qui a payé pour les 290 Tahitiens qui se sont déplacés à Apia pour l'inauguration de l'hôtel Aggies Grey? Les Chinois ou nos impôts? Et même dans le premier cas, je doute que ce soit du "mécénat". Quel serait alors le retour attendu de cette générosité suspecte?

    L'hôtel Aggies Grey créé par là grand mère de l'actuel propriétaire apparent était un "landmark" pour les Samoa. Un hôtel au charme, certes un peu suranné, mais tres authentique. Avec les intérêts qui sont maintenant réellement derriere le propriétaire apparent, on peut craindre que cette authenticité ne disparaisse a jamais, ce qui rendra bien nostalgiques les heureuses personnes qui ont la chance d'y avoir séjourné.

    Une fois n'est pas coutume, je dirais quand même une bonne chose de notre Président. Il a bien raison d'être très réticent à l'implantation de casinos chez nous.
    TARAVANA MA... 2016-05-01 00:23:00
    je serai d'avis de consulter la population pour l'installation de casinos en polynesie , si nous percevons une taxe et bin c 'est tout benef pour les caisses du pays , alors allons y , le parefeu des religions c'est bon .... ils ont mieux à faire que de se pencher sur des casinos ..... les religieux occupez vous de remplir vos Eglises et nous les laïcs on s'occupe de remplir les caisses du Pays ... maururu aurevoir ....
    Le président de "la Polynésie française", des françaises et des français René, Georges, HOFFER 2016-04-30 23:35:00
    "Y a-t-il d’autres sujets que vous souhaitez aborder avec le Premier ministre ?
    Non, je ne vais pas gêner le Premier ministre"
    OUF, les 79 999 crève-la-faim colonisés français de "la Polynésie française" proscrits du DROIT au RSA peuvent, pour nombre de SDF d'entre eux, continuer à mendier tranquille, le grand chef samoan Edouard FRITCH ne veut surtout pas gêner le premier socialiste ministre hohohohoh rollstahiti@gmail.com
    M 2016-04-30 19:46:00
    Le Loto et les jeux à gratter OK, mais les casino non?
    Comme dit Major Tom, ne serait-ce pas mieux de demander au peuple au lieu de demander leur avis à ces fous de religieux?
    Major Tom 2016-04-30 18:36:00
    Avec ce refus borné des casinos, c'est le triomphe de la théocratie, des pasteurs et autres guides dits spirituels, bref des distributeurs du prêt-à-penser (ça rappelle quelque chose du côté du Moyen-Orient). Il faudrait peut-être que tous les élus, quel que soit leur appartenance, demandent d'abord à la population ce qu'elle en pense, c'est ça la démocratie. Soyons sérieux, ce ne sont pas les gens aux revenus modestes, voire moyens qui iront fréquenter les ou les casinos. Seuls les friqués iront y craquer leur fric, ce qu'ils font depuis toujours d'ailleurs mais hors du Pays.

    Pendant qu'on y est, je propose la mise en place d'une polices des mœurs, comme en Iran, ce serait amusant, non ?
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