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Les 12 actions d’urgence pour le pays selon Flosse

vendredi 16 mars 2018

 

 

Gaston Flosse a donne vendredi  le ton d'une campagne basée sur l'offensive. Et offert l'image d'un Tahoera'a en ordre de bataille, uni derrière le chef, avec notamment un plan d'urgence pour le pays en 12 actions. (Photo : Damien Grivois)

Gaston Flosse a donne vendredi le ton d’une campagne basée sur l’offensive. Et offert l’image d’un Tahoera’a en ordre de bataille, uni derrière le chef, avec notamment un plan d’urgence pour le pays en 12 actions. (Photo : Damien Grivois)

 

A fond. Gaston Flosse est à fond. Pied au plancher. Comme lors de chaque campagne électorale. Ses «douze actions d’urgence pour la période 2018-2021» en sont une nouvelle illustration. Certaines sont chiffrées et leur financement explicité, d’autres sont de pures déclarations d’intention. L’animal politique qu’est Flosse n’apprécie rien tant que le combat, que la campagne sur le terrain, que l’homologation de nouvelles sections Tahoera’a ici ou là, lors de réunions publiques comme celle qui s’est tenue par exemple à Papeari jeudi soir.

Il est, pour reprendre les éléments de langage du Tahoera’a huiraatira toujours rassemblé autour de la logique du chef charismatique, «le bâtisseur», «le visionnaire», «celui qui tient toujours parole», celui qui a est à l’origine d’Air Tahiti Nui, du centre hospitalier, des Jardins de Paofai, etc. En dépit des déboires, politiques et judiciaires, en dépit des «trahisons», en dépit du temps qui passe, le vieux lion ne lâche rien. Il croit dur comme du aito à un possible retour au pouvoir du parti orange.

Gaston Flosse fait feu de tout bois depuis des semaines, notamment en positionnant le Tahoera’a comme centre d’attraction gravitationnelle des petites formations qui, faute d’alliance, n’ont aucune chance de passer le premier tour, vu les exigences du scrutin. Il a ainsi noué des alliances avec le Here Ai’a conduit par Roméo Tauraa, à l’audience politique toute relative, ainsi qu’avec le Ia Hau Noa emmené par Bruno Sandras, au potentiel électoral non moins mesuré.

Farandole de promesses

Hier, au siège du parti, lors de la présentation des fameuses douze mesures d’urgence à conduire illico «pour sauver le pays» dès le retour aux manettes, le leader orange a monopolisé la parole, quand bien même sa propre éligibilité n’est toujours pas confirmée à ce jour.

Travail, famille, logement, école, transports, pouvoir d’achat, actions en faveur des archipels, protection de l’environnement, dynamisation de l’économie, dette nucléaire sans oublier bien sûr la retraite «garantie à 60 ans» : Gaston Flosse exploite tous les dossiers du champ politique, parfois de manière astucieuse, souvent aussi avec démagogie. Non sans distribuer quelques «baffes» au passage. À Édouard Fritch-le-parricide bien sûr et au Tapura Huiraatira au pouvoir, avec un procès en incompétence et en amateurisme. Mais aussi à l’État, accusé de dépasser les limites de son rôle définies par le statut d’autonomie, de ne pas assumer la dette nucléaire, de ne pas accompagner financièrement les communes comme il le devrait. Bref, le logiciel Flosse n’a pas varié d’un pouce. Le combat politique est son moteur, ça n’est pas un scoop. Le leader orange l’a encore prouvé hier en donnant le ton d’une campagne résolument basée sur l’offensive. Et en offrant l’image d’un Tahoera’a en ordre de bataille, uni derrière le chef. Lequel n’a évoqué aucun «plan B» en cas d’inéligibilité. Pour ceux qui ne l’auraient toujours pas compris : le Tahoera’a, c’est lui.


Damien Grivois

 

 

 

 

Les douze travaux d’urgence du Tahoera’a

1- Le contrat d’apprenti salarié

Le contrat d’apprentis salarié (CAS) s’adresse aux sans emploi de 18 à 60 ans. Une loi de Pays sera déposée sur le bureau de l’assemblée pour formaliser cette mesure, après consultation des partenaires sociaux. Les bénéficiaires percevront un salaire de 125000 F/mois brut, seront affiliés à la CPS où ils cotiseront. La part patronale sera à la charge du Pays. Le CAS remplacera le Contrat d’aide à l’emploi (CAE) ainsi que toutes mesures d’emplois aidés, à l’exception des Contrats de volontaires au développement et du chèque service.

2 – Actions pour la famille

Les mères de famille ayant à leur charge un enfant et plus, sont admises à bénéficier du soutien «Te ora utuafare». Elles percevront une indemnité équivalente au seuil de pauvreté (…), 50 000 F/mois, à laquelle s’ajouteront les allocations familiales, 10 000 F/enfant/mois. Sous certaines conditions, notamment de revenus.

3 – Cantine gratuite

Gratuité de la cantine pour les enfants du primaire, prise en charge par le Pays.

4 – Un terrain pour un logement

Vente des terres domaniales ou des terrains à acquérir par le Pays, pour la construction d’une première maison principale. Chaque parcelle aura une superficie de 600 à 800 m2 et sera viabilisée. Prix entre 8 000 et 10 000 F/m2, suivant situation géographique. Prêts auprès des banques pour l’achat du terrain, les intérêts seront pris en charge par le Pays. Sous conditions, notamment de revenus.

5- Plus de pouvoir d’achat : transports en commun

Transport en bus fixé à 100 F pour toute destination, d’un point à un autre. Desserte des hauteurs assurée. Les étudiants, les personnes âgées de plus de 60 ans, les personnes handicapées seront transportées gratuitement. Le service de transports en commun sera rénové et de qualité.

6 – Plus de pouvoir d’achat : les communications

Téléphone fixe à usage personnel : appels gratuits, abonnement à charge. SMS gratuits. Internet : abonnement 1 000 F/mois. Connexion gratuite de 18h à 6h pour les étudiants jusqu’à 25 ans.

7 – Actions pour les archipels
Le kilo de coprah fixé à 150 F. Programme décennal de régénération de la cocoteraie pour un montant de 10 milliards de francs, par tranches annuelles d’un milliard. Création du ministère des Archipels chargé de leur développement et de l’Égalité des territoires.

8 – Actions pour les communes
Pour les communes, le Tahoera’a propose que la participation du Pays au FIP soit portée de 17 % à 20 % à condition que l’État y apporte sa contribution à hauteur de 25 % du montant annuel de la part versée par le Pays.

9 – Actions pour les entreprises

Pour maintenir et soutenir l’insertion des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME), les marchés publics seront attribués de la manière suivante :

– Jusqu’à 20 millions de francs réservés aux TPE
– De 20 à 150 millions de francs réservés aux PME

– Au-delà de 150 millions de francs aux grandes entreprises.

10 – Actions pour l’environnement

Création d’une police verte chargée de sanctionner les atteintes au milieu naturel. Faire du rahui un outil adapté de gestion et de préservation des ressources naturelles.

11 – Actions concernant le nucléaire

Demander à l’État le remplacement de la loi Morin par une nouvelle loi pour une réelle indemnisation des victimes des essais nucléaires. Remboursement à la CPS des sommes engagées par elle, estimées à 54 milliards de francs, au titre des maladies radio-induites par l’exposition aux essais nucléaires. Sanctuarisation de la dette nucléaire à hauteur de l’engagement pris au nom de la France de 18 milliards de francs. Paiement d’un loyer annuel de 12 milliards de francs pour l’occupation de Moruroa et Fangataufa.

12 – Actions pour la protection sociale généralisée

Maintien de l’âge de la retraite à 60 ans et 35 ans du nombre d’années de cotisation. Le Tahoera’a et ses alliés s’engagent, après concertation avec les partenaires sociaux, à mettre en place une réforme globale de la protection sociale généralisée et de la faire voter par l’assemblée avant fin 2018.

 

 

 

Les petites phrases de Gaston…

– « Les communes c’est l’affaire de l’État. Dans le cadre de l’Autonomie, le Pays devrait même se retirer. (…) Qui contrôle paie, or l’État contrôle mais il ne paie pas.»

– « Les petites entreprises sont en train de mourir. Les grosses sociétés accaparent tous les marchés. Boyer, par exemple, capte pour plus de 3 milliards de francs de commande publique, c’est énorme.»

– « Édouard Fritch a peur du haut-commissaire. Nous sommes revenus au temps des gouverneurs.»

– « La représentation de Tahiti Tourisme en Russie est un dossier très louche. Ils vont être mis au tribunal, condamnés et pourquoi pas écoper de 3 ans d’inéligibilité. Ah non, ça, c’est réservé au Tahoera’a…»

– « Si j’avais été au pouvoir en 1964, l’État aurait payé ces 12 milliards de francs/an pour l’occupation de Moruroa et Fangataufa depuis cette époque.»

– « L’emprunt auprès d’Abu Dhabi, c’était pour sécuriser nos emprunts. L’emprunt, c’est 250 milliards pour les infrastructures publiques productives comme l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Les plans sont prêts. On ne doit plus accepter de voir les touristes courir sous la pluie avec un parapluie.»

– « Je vais dire un gros mot. Ces abrutis veulent construire un bâtiment en face du quai des paquebots !»

 

 

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