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12 ans de réclusion pour le père incestueux

mercredi 6 décembre 2017

assises tribunal

Malgré les faits subis, la fillette avait préparé un cadeau pour son père. (© Florent Collet)

“Je vous demande pardon pour le mal que j’ai fait. J’ai détruit la confiance qu’elles avaient en moi. J’ai touché le plus sensible de leur vie.”

Ce sont les dernières phrases à la cour et aux jurés de l’homme de 42 ans accusé de viols sur sa fille alors âgée de 8 ans et deux de ses nièces.

Des regrets où, pour la première fois, la gorge nouée et les yeux embués, il a semblé montrer de l’émotion.

Contestant partiellement les faits durant l’instruction, il les avait intégralement reconnus durant la première journée d’audience.

“C’est heureux qu’il ait reconnu, mais il ne se sent pas responsable. Depuis le début, il trouve des excuses en répétant que ce sont des pulsions irrépressibles”, s’est insurgée Me Bezzouh-Mauconduit, le conseil de deux des victimes.

Pour l’avocate, l’accusé était bien responsable du choix de ses victimes, se montrant plus prudent avec la plus âgée d’entre elles et connaissant la soumission des plus jeunes. “Il sait que l’enfant ne va pas dire non.”

L’avocate a confié aux jurés, la mission de donner une peine qui permette à l’accusé de se sentir “un jour responsable et (de) montrer aux victimes que ce n’est ni une fatalité, ni leur faute”.

 

“On n’est pas condamné à revivre ce que l’on a vécu”

 

Elle a également salué “la fille formidable, pleine de caractère et de force, une battante”, rappelant qu’elle avait dû répéter les sévices subis devant son père l’accusant de mentir.

Pour l’avocate générale, il s’agit “d’une histoire terrible mais qui aurait pu être tout autre”, relevant notamment qu’après sa tentative de suicide étant enfant, l’accusé, placé dans un centre, aurait pu saisir l’occasion de repartir sur de nouvelles bases après avoir subi la violence de son père alcoolique et les viols de son oncle.

“On n’est pas condamné à revivre ce que l’on a vécu.”

Rappelant le rôle d’un père : “Ça sert à protéger son enfant, non à en abuser. (…) Ici, il la traite comme une poupée, un objet, indifférent à sa terreur et à son dégoût. Cet enfant a connu ce que l’humanité peut secréter de plus vil”.

Et de requérir 15 ans de réclusion criminelle. “Beaucoup de ceux qui commettent ça, ne le refont pas parce qu’ils ont été condamnés lourdement.”

“Vous n’avez pas à juger un monstre mais un être humain. On ne naît pas ainsi, on le devient. C’est ce qui vous arrive dans la vie qui fait ce que l’on devient”, a défendu Me Roy-Cross, l’avocate de l’accusé rappelant son récit des viols perpétués par son oncle.

Ce qu’il a subi, on pourrait croire que ce sont les victimes qui le racontent.”

L’avocate a rappelé la solitude de cet enfant allant jusqu’au suicide où les parents ne voyaient qu’un comportement difficile là où il s’agissait d’un appel au secours.

Se basant sur des exemples récents où des pères n’avaient pas reconnu les faits ou pris un plaisir pervers à se regarder avoir des rapports avec leurs enfants, elle a demandé la clémence.

Alors que les jurés se sont retirés pour délibérer, la plus jeune victime montrait, elle aussi, son pouvoir de résilience, ayant préparé un livre empaqueté dans un papier rempli de cœurs où étaient inscrits ces mots : “pour papa”.

Son père a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. 

F.C.

 

 

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