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13-Novembre : un deuxième kamikaze du Stade de France identifié

jeudi 19 janvier 2017

Le 13 novembre dernier, des personnes mettaient à l’eau des lanternes dans le canal Saint-Martin en souvenir des victimes des attentats de Paris survenus un an plus tôt. (Photo : Yann Castanier/Hans Lucas/AFP)

Le 13 novembre dernier, des personnes mettaient à l’eau des lanternes dans le canal Saint-Martin en souvenir des victimes des attentats de Paris survenus un an plus tôt. (Photo : Yann Castanier/Hans Lucas/AFP)

 

Il n’était connu que sous une fausse identité retrouvée sur un passeport syrien près de son corps : les enquêteurs pensent avoir identifié l’un des kamikazes qui se sont fait exploser aux abords du Stade de France, marquant le début des attentats du 13 novembre 2015.

Sur les trois assaillants du commando, un seul était connu jusqu’à présent : Bilal Hadfi, un Français résidant en Belgique, âgé de 20 ans.

Les agents de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) estiment que le second kamikaze à l’origine de l’explosion près de la porte D de l’enceinte sportive de Saint-Denis, dans laquelle un passant avait trouvé la mort, est Ammar Ramadan Mansour Mohamad al Sabaawi, un Irakien qui serait né en 1993, selon une source proche de l’enquête, confirmant une information du Parisien.

Après l’attaque, “des cadres du groupe État islamique ont remis à (sa) famille l’équivalent de 5 000 dollars (environ 4 670 eu-ros) en dinars irakiens” ainsi que “des moutons”, selon deux notes de la DGSE, datées de janvier et février 2016, déclassifiées début décembre dernier.

D’après ces notes, pour justifier cette “récompense”, les cadres de l’EI n’auraient pas parlé des attentats de Paris et de Saint-Denis à sa famille, mais faussement évoqué une attaque suicide à Bagdad.

“C’est en s’intéressant au versement de cet argent que les agents de la DGSE sont remontés jusqu’au jeune homme”, connu jusqu’à présent sous la fausse identité syrienne d’Ahmad Al-Mohammad, explique la source proche de l’enquête.

Les familles des victimes “saluent le progrès réalisé dans l’enquête” mais “sont choquées et désemparées devant les méthodes barbares utilisées par Daech (acronyme en arabe de l’EI, NDLR) qui réduit la vie d’un être humain à quelques milliers de dollars ou à un troupeau de moutons”, a réagi dans un communiqué Me Samia Maktouf qui représente plus d’une vingtaine de parties civiles.

Le kamikaze, originaire d’un village dans le district de Gayara (nord), résidait avec sa famille à Mossoul, seconde ville d’Irak et bastion de l’EI depuis juin 2014.

Il était le benjamin d’une fratrie de cinq enfants. Parmi ses quatre frères, deux auraient rejoint les rangs de l’EI. L’un d’entre eux, Ahmad, né en 1990, inquiète particulièrement les services de renseignement qui se demandent “s’il n’a pas gagné l’Europe avec l’objectif d’y conduire des attaques”, d’après ces notes.

Le troisième et dernier membre du commando du Stade de France, retrouvé également en possession d’un faux passeport syrien, n’a toujours pas été identifié, d’après la source proche de l’enquête. Dans sa vidéo de revendication des attentats, l’EI avait indiqué qu’il s’agissait aussi d’un ressortissant irakien.

Pour gagner l’Europe, Ammar Ramadan Mansour Mohamad al Sabaawi et le kamikaze non identifié s’étaient dissimulés parmi le flux des migrants arrivés par bateau sur l’île de Leros, en Grèce, le 3 octobre 2015 avec au moins deux complices présumés : un Algérien et un Pakistanais, interpellés en décembre 2015 dans un centre de réfugiés en Autriche.

À la suite d’une demande de parties civiles, la commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) avait donné en décembre dernier son accord à la déclassification d’une centaine de documents confidentiels de la DGSI (renseignement intérieur) et de la DGSE (renseignement extérieur).

“Il y a eu un dysfonctionnement manifeste puisque l’identité de ce kamikaze, connue depuis janvier 2016 des services de renseignement, n’a pas été transmise spontanément au juge d’instruction”, a déploré Olivier Morice, avocat des parties civiles à l’origine de la demande de déclassification.

Le ministère de la Défense n’a pas souhaité réagir hier soir.

En ce qui concerne les nombreux documents demandés à la DGSI, “le ministère de l’Intérieur a donné un avis favorable, mais n’a toujours pas adressé une copie des pièces aux juges d’instruction. Nous demandons des explications”, a ajouté Me Morice.

 

AFP

 

 

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