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130 millions la semaine pour louer Nukutepipi

lundi 22 juillet 2019

La magnifique piscine centrale qui fait face à l’océan. La piscine à débordement de la plus grande villa de l’atoll. Photo : Bertrand Prévost

La magnifique piscine centrale qui fait face à l’océan. La piscine à débordement de la plus grande villa de l’atoll. Photo : Bertrand Prévost


La semaine dernière, l’atoll de Nukutepipi a été officiellement ouvert au public. Guy Laliberté, son propriétaire, souhaite en faire un endroit de luxe, mais aussi de préservation de l’environnement. Visite guidée, entre les tiki, la sono et le sable fin.

La semaine dernière, l’atoll de Nukutepipi, détenu par l’homme d’affaire Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, de la Fondation One Drop et de Lune Rouge, a ouvert officiellement ses portes. Les derniers coups de pinceaux ont été donnés il y a un mois et désormais, il peut accueillir officiellement du public.

L’opération était pharaonique. Près de 13 milliards de francs de travaux sur fonds propres, sans une once de défiscalisation puisque projet privé sur atoll privé.

Et encore, les chiffres divergent selon les interlocuteurs. Un montant qui fait tourner les têtes, mais qui n’est pour autant pas si loin de certains investissements réalisés par d’autres stars internationales comme Céline Dion (une maison à 63 millions de dollars), le chanteur Sting (52 millions de dollars), l’homme d’affaire Bill Gates (130 millions de dollars), la présentatrice de télévision Oprah Winfrey (75 millions de dollars), ou encore le sulfureux Silvio Berlusconi avec une résidence à 450 millions d’euros).

Huit ans après le premier coup de pioche, la presse locale a été invitée à découvrir, l’espace d’une journée, les délires de l’homme de spectacle qui a fait sortir du corail son nouveau havre de paix.

Un lieu construit pour lui, qu’il souhaite désormais partager selon une formule de location pour milliardaire à hauteur de 130 millions de francs la semaine, pour la location de tout l’atoll.

 

Protection de la nature

 

Un projet évidemment non rentable pour l’investisseur, mais au fond, ce n’est pas non plus ce qu’il cherche.

Sur place, 40 personnes travaillent à temps complet mais les effectifs montent immédiatement à 120 lors des réservations. Seuls 52 clients peuvent venir en même temps.

À Nukutepipi, tout semble avoir été réalisé dans le respect de la nature et même dans l’intérêt de la nature. Récupération de l’eau de pluie plutôt qu’un forage d’exploitation de la lentille d’eau douce.

Panneaux solaires, plantation d’arbres endémiques, mise en place de normes sanitaires extrêmement strictes pour que l’homme interfère au minimum.

L’atoll, qui était inhabité, n’avait ni rats, ni moustiques, ni nonos, et à peine quelques kaveu. Guy Laliberté a souhaité que cela reste ainsi, de sorte que les matériaux de construction ont tous dû subir des quarantaines pour ne pas apporter de pestes sur l’île. Le résultat est bluffant.

Entre les bungalows prêts à accueillir les clients les plus fortunés, nichent à même le sol les tavake. Dans le ciel, frégates, sternes et fous à pieds rouges scrutent le lagon à la recherche de poisson. La forêt primaire de son côté a été respectée et reste inviolée sur une grande partie de l’atoll.

 

De l’insignifiant au grandiose

 

À Nukutepipi, il y a ce qui se voit, mais aussi ce qui ne se voit pas. Un réseau d’alimentation en eau potable filtrée à 0,2 micron, uniquement mis en place sur la récupération de l’eau de pluie. Un système électrique implanté sur deux axes, solaire et thermique, mais où l’énergie renouvelable est privilégiée.

Et puis les bungalows, paradoxalement très discrets malgré leur richesse. Pas de couleur clinquante. Des marrons, des beiges, pour fondre les bâtisses dans la nature. Et malgré le luxe intérieur, pas de surenchère. C’est autour de ces bungalows que le superbe prend vie.

Un “centre-ville” avec piscine en bord de mer. Autour de ce point central, le fare nautique attend les visiteurs sur une plage comme il n’en existe nulle part ailleurs en Polynésie française.

Tout autour, un autre fare avec un espace de jeux, un bar immense ouvert sur l’océan, crache ses 100 000 watts de musique. Guy Laliberté est un fondu de musique et de spectacle, aussi, des enceintes sont implantées partout !

Y compris dans des endroits improbables comme le bateau qui emmène les plongeurs, ou tout en haut d’une tour en bois de 25 mètres de haut qui surplombe la canopée et où l’observation de la faune, et les apéritifs, prennent un tout autre sens.

La démesure ne s’arrête pas là puisqu’un studio d’enregistrement, mis en place par les équipes de Abbey Road, le mythique studio londonien, a été construit.

En théorie, les plus grandes stars internationales pourraient venir enregistrer leurs prochains albums, face à l’océan.

Bien d’autres structures ont été montées afin de satisfaire les clients. Deux salles de sports, une salle de yoga, une salle de massage, un spa, un fare hamacs, un cinéma, et même un observatoire qui permet de profiter du ciel polynésien, sans une once de lumière artificielle et observer au mieux l’espace. Les activités nautiques y sont évidemment présentes.

Une cascade de luxe au beau milieu de l’océan.

 

Bertrand Prévost

 

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La course à l’autonomie alimentaire

Une partie de l’équipe qui doit lancer le projet d’autonomie alimentaire de l’atoll.

Une partie de l’équipe qui doit lancer le projet d’autonomie alimentaire de l’atoll.

De Hao à Nukutepipi, en passant par Taravao, Nancy Ehumoana a tracé sa route jusqu’à s’occuper aujourd’hui du développement du jardin de l’atoll qui rendra la vie plus douce sur place dans les années à venir.

En compagnie de 17 personnes, elle tente de faire sortir les cultures de terre, en attendant la finalisation de la pose d’une grande serre qui devra être fonctionnelle d’ici la fin de l’année.

En 2022, Guy Laliberté souhaite être totalement indépendant en fruits et légumes sur l’atoll, mais cela passe par des essais, jusque-là difficiles.

Faire pousser des fruits et des légumes dans le corail n’est pas chose aisée. Le sel de l’océan brûle les cultures, les vagues submergent parfois l’atoll, inondant et anéantissant les semis. Le soleil crame les feuilles et le PH de l’île s’avère être un casse-tête à gérer.

En effet, une plante a besoin d’un PH de 5 ou 6 pour bien grandir, une eau légèrement acide. Or, sur Nukutepipi, l’environnement atteint un PH de 7-8 avec l’océan, ce qui rend le développement quasi impossible pour les fruits et légumes, mais qui ravit celui des ait (bois de fer) ou le mikimiki.

Nancy Ehumoana, issue du Centre de formation pour adultes (CFPA) de Taravao, est donc de ces petites mains qui tous les jours arrosent les plantes importées pour les aider à se développer. Malheureusement, jusqu’à présent, les pertes ont été nombreuses, mais les responsables sur place restent optimistes.

Avec un compost naturel fabriqué sur place, avec un engrais naturel enrichi aux déchets de poissons, avec une culture hors sol et l’implantation d’une serre, ils sont certains du succès à terme.

Nukutepipi sera autonome en nourriture dans les prochaines années. Le tout, sans pesticide, juste avec des engrais naturels, le coup de main des abeilles, le savoir faire des hommes et un peu de technique pour aider le tout.

 

B.P.

 

nukutepipi

La piscine à débordement de la plus grande villa de l’atoll. Photo : Bertrand Prévost

35 (si besoin)

Un studio d’enregistrement, mis en place par les équipes de Abbey Road, le mythique studio londonien, a été construit.

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