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15 accompagnateurs scolaires œuvrent auprès d’associations de quartier

samedi 22 octobre 2016

accompagnateurs

Les 15 stagiaires pourraient être appelés à parfaire leur formation sur d’autres thématiques. (© Florent Collet)

 

 

C’est la quatrième formation du genre mise en place par le syndicat mixte en charge du contrat de ville de Papeete, en partenariat avec la mission d’aide et d’assistance technique du haut-commissariat. Cinq jours où 15 accompagnateurs scolaires ont pu profiter du savoir-faire de Thibaut Courbis, responsable de formation permanent aux centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Ceméa) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).

 

Le premier de ces enseignements a porté sur le rôle même de ces accompagnateurs scolaires qui agissent principalement dans des associations de quartier de la zone urbaine. Souvent cantonnés au rôle de surveillants ou d’aides aux devoirs, il leur a été démontré le rôle crucial de maillon qu’ils peuvent jouer entre une école et son cadre qui peut paraître rigide et des parents parfois dépassés ou effrayés par l’institution scolaire.

 

Par exemple Réjane, de l’association Api, œuvre tous les mercredi et vendredi après-midi à Temauri Village à Titioro dans une maison de quartier. Ses moments avec les enfants et adolescents du quartier ne seront plus les mêmes après cette formation. Par rapport à mon rôle d’accompagnatrice, je vois que ce n’est pas que du gardiennage d’enfant ce je faisais la plupart du temps jusqu’ici. J’ai aussi un rôle dans l’éducation que j’ai pu assimiler durant cette formation. Je vais désormais pouvoir appliquer ce que j’ai appris avec des grands jeux où l’on n’a pas forcément besoin de grand-chose. On peut s’adapter à nos petits moyens en faisant avec les moyens du bord. Mercredi, je les retrouve. Je vais leur proposer des jeux ludiques ou des travaux manuels, comme faire des hélicoptères en papier. Jusque-là, ils jouaient au football ou aux billes.”

 

Les accompagnateurs, souvent titulaires d’un seul Bafa destiné à l’animation en colonie de vacances ou centrées aéré, ont pourtant un rôle important dans ces moments où l’enfant ou l’ado est laissé à lui-même et où la présence d’un adulte formé est importante pour aider à sa bonne construction.

 

Une formation qui ne s’arrêtera pas à ces cinq jours, des modules thématiques pourraient être organisés pour répondre à des problématiques telles que l’aide à la parentalité ou la résolution de conflit.

F.C.

 

 

Thibaut Courbis, coordinateur des formations à l’animation professionnelle des Alpes Maritimes

Thibaut Courbis

(© Florent Collet)

 

À entendre les accompagnateurs scolaires, cette formation semble se résumer à ne pas aider à faire les devoirs mais faire des jeux. Est-ce vrai ?

Il y a eu à la fois cela. Cette formation a été construite sur la pratique d’activités de jeux de manière à ce que ces formateurs aient des outils pour pouvoir animer sur le terrain. Nous avons essayé de nous dire à chaque fois en quoi ces activités développent des savoir-faire et des savoir être qui sont nécessaires à la réussite scolaire.

Par exemple, si on fabrique un avion en papier ou un cerf-volant, on va être obligé de passer par le triangle, le tout, c’est qu’on le sache et donc de sortir un crayon, une règle, d’être confronté à des objets scolaires, mais dans un autre cadre. Par ailleurs, nous avons surtout abordé la journée type d’un accompagnateur scolaire. Comment est-ce qu’il va s’y prendre pour permettre aux enfants de sortir de l’école tout en étant dans l’école. C’est quelque chose d’assez compliqué. Nous avons aussi fait des mises en situation très simple sur un enfant qui refuse de jouer, des enfants agressifs les uns envers les autres, un enfant qui est exclu.

 

Les accompagnateurs scolaires ne doivent pas faire l’aide aux devoirs. Est-ce que les parents qui comptaient là-dessus ne risquent pas d’être pris aux dépourvus ?

Ils font de l’aide aux devoirs, mais ils n’aident pas les enfants à faire les exercices scolaires. Cela concerne l’école. Un exercice, il faut être en capacité de le corriger derrière. Si ce n’est pas le cas, cela ne sert à rien. Il faut être capable de re-expliquer la leçon pour être sûr qu’elle est bien comprise. Cela c’est le rôle des enseignants.

 

Et des parents ?

Non, le rôle des parents est de les accompagner à faire leurs devoirs, mais pas de faire les devoirs. Cest-à-dire de demander : Où est la trousse ? Qu’est ce que tu as noté dans ton cahier de texte ? Est-ce que ton sac est prêt pour demain ? En gros, réunir toutes les conditions pour qu’il puisse faire ses devoirs.

Mais l’aider à les faire, c’est une fausse bonne idée, même si c’est difficile à entendre. Quand les parents ont compris cela, ça leur permet de les déculpabiliser.

 

Propos recueillis par Florent Collet

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