Un 16e salon du livre pour partager leur vision du monde

    mardi 8 novembre 2016

    L’Association des éditeurs de Tahiti et des îles (AETI) et la Maison de la culture organisent la 16e édition du salon du livre, de jeudi à dimanche, autour du thème  “Leur vision du monde”. Retrouvez le journal du salon et le programme sur le site Internet www.lireenpolynesie.com. (© Vaiana Hargous)

    L’Association des éditeurs de Tahiti et des îles (AETI) et la Maison de la culture organisent la 16e édition du salon du livre, de jeudi à dimanche, autour du thème “Leur vision du monde”. Retrouvez le journal du salon et le programme sur le site Internet www.lireenpolynesie.com. (© Vaiana Hargous)

     

     

    L’Association des éditeurs de Tahiti et des îles (AETI) organise la 16e édition du salon du livre, de jeudi à dimanche, à Papeete. L’événement accueillera des auteurs de Papouasie Nouvelle-Guinée, Indonésie, Australie, Nouvelle-Calédonie et métropole, qui viendront partager “leur vision du monde”, thème de cette année. Sans oublier la présence des auteurs locaux et la quarantaine de nouveautés polynésiennes concoctées par l’AETI.

     

     

    C’est un programme riche et varié qui attend les visiteurs du prochain salon du livre, qui ouvre ses portes jeudi, à la Maison de la culture. Côté animations, Léonore Caneri proposera deux fois par jour des contes du monde, pour les enfants, mais aussi pour les adultes.

    Une sélection de huit films issus du dernier Fifo sera également projetée chaque jour. Et l’exposition Natura Maxima, composée de photographies d’Olivier Dangles, jalonnera tout le site de la Maison de la culture.

    Tout ça afin de servir le thème retenu cette année : “Leur vision du monde”, un thème qui n’est pas sans plaire à la quinzaine d’auteurs étrangers qui arrivent d’Australie, du Canada, de l’Équateur, de Nouvelle-Calédonie, d’Indonésie, de Papouasie Nouvelle-Guinée, mais aussi de métropole.

    L’Indonésien Andrea Hirata, qui vient “d’une île qui n’existe pas sur la plupart des cartes”, se dit “prêt à partager avec vous une histoire qui vient de très loin”, en parlant de son roman Les Guerriers de l’arc-en-ciel.
    Pour le Papou Russell Soaba, auteurs de Maiba, c’est là “l’opportunité de parler de mon pays – la Papouasie Nouvelle-Guinée – qui n’est pas très exposé au monde extérieur”.

    Certains de ces invités ne seront pas là uniquement pour parler de leurs livres, mais aussi pour animer des ateliers gratuits, comme Marin Ledun, auteur français de polars et thrillers, qui tiendra un atelier d’écriture ; ou encore l’écrivain et illustrateur français Pierre Cornuel, qui proposera un atelier d’illustration.

    Le papa de Pito Ma, Gotz, donnera aussi un atelier onomatopées en bandes dessinées. Et parce qu’un salon du livre, sans livres, ça ne se fait pas, les neuf maisons d’édition de l’Association des éditeurs de Tahiti et des îles (AETI), organisatrice, viennent les mains chargées de près de 25 nouveautés à présenter au public. Celui-ci pourra retrouver les auteurs locaux et invités autour de présentations de livres, rencontres, tables rondes et séances de dédicaces.

    Enfin et c’est une grande première, cette année, la présence d’un duo de clowns analystes de la troupe des Bataclowns, des commentateurs singuliers et rigolos qui proposeront des improvisations de 10 à 15 minutes à l’issue de bon nombre de tables rondes, rencontres et conférences afin de détendre l’atmosphère.

     

    V.H.

     

     

    Andrea Hirata, auteur d’Indonésie : “Dans ma culture, l’éducation est le seul moyen de sortir de la pauvreté”

    (© Vaiana Hargous)

    (© Vaiana Hargous)

     

    Andrea Hirata vient de Belitong Island, une île au large de Sumatra, en Indonésie. Son premier roman, Laskar Pelangi (Les Guerriers de l’arc-en-ciel, en français), est paru en 2005, s’est vendu à plus de 5 millions d’exemplaires et a été traduit depuis dans près d’une trentaine de pays.
    L’ouvrage raconte le combat d’un groupe d’enfants de son village pour sauver leur école du naufrage social et économique de l’île. “Et je crois que ce que je décris dans ce roman arrive encore à beaucoup d’enfants dans le monde, confie-t-il. Cette histoire, même si elle relève du genre de la fiction, est basée sur des faits et des personnages réels. Au début des années 1980, sur mon île, nous n’avions pas d’école. Et il y a cette fille à peine âgée de 15 ans qui en a monté une pour nous. Donc l’enseignante est un personnage réel. Et si vous tombez sur un personnage nommé Ikal, qui veut dire “bouclé” en français, c’était moi. Donc c’est une histoire vraie. Pouvez-vous imaginer que ce qui m’est arrivé au début des années 1980 arrive encore aujourd’hui aux enfants dans le monde ? Dans ma culture, l’éducation est le seul moyen de sortir de la pauvreté. C’est la clé de tout, de la tolérance, de la compréhension, de l’amour… C’est pour cela qu’à travers tout ce que je fais, je me bats pour le droit à l’éducation, surtout pour les enfants.”

     

     

    Russell Soaba, auteur de Papouasie Nouvelle-Guinée : “Après la colonisation et après l’indépendance, que pouvons-nous faire pour nous ?”

    (© Vaiana Hargous)

    (© Vaiana Hargous)

     

    Russell Soaba, 66 ans, est sans doute le plus grand écrivain de Papouasie Nouvelle-Guinée. Son roman Maiba est étudié dans les facultés de lettres et de philosophie du monde entier. Il vient de paraître en français chez l’éditeur Au vent des îles, devenant ainsi le tout premier roman papou traduit dans la langue de Molière.
    Le tableau dur qu’il y dépeint est selon lui le reflet fidèle de la Papouasie Nouvelle-Guinée d’aujourd’hui. “Même si ce roman a été écrit il y a 13 ans, il dit toujours la vérité sur la situation aujourd’hui, explique-t-il. Maiba contient beaucoup de vérités au sujet de mon pays. La Papouasie Nouvelle-Guinée, comparée à d’autres bons voisins des îles du Pacifique, est probablement le pays le plus riche au monde par ses ressources naturelles, comme le gaz, le pétrole, l’or, le coprah, le bois, le café et plein d’autres choses, la pêche incluse. Donc nous sommes riches, mais ça ne se reflète pas dans notre façon de vivre. Il y a une fracture sociale et ce que vous lisez dans ce roman est très réaliste. Les gens vivent encore comme ça aujourd’hui. Le message que j’ai voulu porter avec ce roman est simplement celui-ci : après la colonisation et après l’indépendance, que pouvons-nous faire pour nous ? C’est la question que je pose. Pas seulement à mon peuple, mais aussi à tous ceux qui s’intéressent au sujet. Que pouvons-nous faire pour nous ?”

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