18 mois ferme de plus pour le fiché S

    vendredi 5 mai 2017

    fiché S

    Tendance psychotique, intolérance à la frustration, dépression clinique, perturbation socio-affective, hallucinations sont les nombreux troubles dont souffre le prévenu mais aucune ne lui a permis de se substituer à la justice. (© Claire Allavena)

    Le visage recouvert d’un tee-shirt noir, Thierry M., l’un des rares détenus à être fichés S en Polynésie française, est arrivé hier au tribunal correctionnel de Papeete entouré de quatre gendarmes cagoulés. Il était jugé en comparution immédiate. Les faits qui lui sont reprochés ne sont que la suite d’une très longue liste de 18 condamnations. Vols, agressions, dégradations de biens publics, menaces de mort…

    Cette fois-ci, sept surveillants pénitentiaires, qui ont porté plainte contre lui notamment pour agressions, insultes et menaces de mort, venaient donc allonger encore de quelques lignes les deux pages d’un “CV” judiciaire bien connu des tribunaux.

    Le jeune homme, né le 23 novembre 1989 à Papeete, a eu une enfance tumultueuse, rejeté par sa famille, puis passant de familles d’accueil en foyers, subissant rejet sur rejet. Un passé qui semble influencer un avenir incertain. “On le connaît, on le voit très souvent pour les mêmes faits”, a lâché, exaspérée, la procureure, qui a souhaité ajouter encore trois années à la peine qu’il purge déjà à la prison de Nuutania, reconnaissant “ses troubles psychotiques”, mais estimant Thierry M., étude psychiatrique à l’appui, “apte à être jugé”.

    “On n’en peut plus, on doit tout arrêter pour s’occuper de lui, la prison est paralysée quand il fait ses crises… On est tous sous tension”, a déclaré l’une des victimes. Un tableau noir qu’a souhaité tempérer tant bien que mal son avocate. “Il est intolérant à la frustration, il est spécial, ce n’est pas un détenu comme les autres, il a besoin d’aide, d’être traité et soigné…”, a-t-elle déclaré.

    Un discours jugé inexact par les surveillants pénitentiaires présents ce jour. “Il ne relève pas de l’hôpital psychiatrique, il sait ce qu’il fait.” “Une chose est sûre, il n’a rien à perdre, alors que se passera-t-il quand il sortira en 2022 ?”, s’interroge l’un d’eux, dont femme et enfants ont été menacés de mort.

    Le prévenu, père d’une petite fille d’un an, pieds nus et visage fermé, a écouté sans réagir aux nombreux faits qui lui sont reprochés. Au moment de s’exprimer, il a répété des dizaines de fois “ils m’ont maltraité”, avant de désigner ses plaies.

    En réponse, le tribunal a simplement déclaré : “vous êtes seul responsable de violences”, qui ont abouti à 18 mois de prison ferme avec mandat de dépôt, allongeant sa peine jusqu’en mai 2023.

     

    C.A.

     

     

     

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