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19e Salon du tifaifai

mardi 3 octobre 2017

tifaifai

Pour tous les goûts et surtout, pour toutes les couleurs… Le Salon du tifaifai se tient dans le hall de l’assemblée de la Polynésie française jusqu’à dimanche. (© Christophe Cozette)

Cousu de fil blanc. Le ministre de l’Artisanat, Heremoana Maamaatuaiahutapu, a officiellement ouvert, hier matin, en présence de plusieurs personnalités, la 19e édition du Salon du tifaifai qui se tient jusqu’à dimanche, dans le hall de l’assemblée de la Polynésie française, à Papeete.

Plus que jamais, les mama, as du patchwork version fenua, militent pour une interdiction des pseudo-tifaifai importés, bien trop présents au marché de Papeete et ses alentours.

L’année prochaine, ce salon fêtera ses vingt ans, mais cela ne fait que la troisième fois que ce salon s’installe dans le hall de l’assemblée, après plus d’une décennie à la mairie de Papeete.

Une présence à titre gracieux, “c’est-à-dire pas très chère” comme l’a rappelé Béatrice Legayic, présidente de l’association Te api nui o te tifaifai, lors de son discours.

“Le tifaifai est un emblème culturel, traditionnel mais aussi un enjeu économique”, a milité cette dernière, pour qui le tifaifai – “qui a une âme” – n’est pas un produit industriel, au contraire des patchworks importés “de Bali et bientôt de Chine”.

“Nos modèles sont envoyés à l’extérieur, puis copiés et ramenés chez nous moins chers”, fulmine Virgine Biret, présidente d’honneur de l’association Te api nui o te tifaifai, qui milite depuis vingt ans pour une interdiction pure et simple de ces importations.

“Ce sont les modèles de nos grands-mères, à eux, non”, plaide cette dernière, qui a appris avec la sienne son art mais qui n’a pas réussi à le transmettre à ses propres filles, seulement à sa belle-fille.

“Souvent, on vient les prendre en photos, on refuse systématiquement, je fais la guerre pour cela”, a précisé Virginie Biret, qui refuse que ces produits étrangers portent la marque tifaifai.

“D’ici peu de temps, nos tifaifai vont disparaître car nos jeunes trouvent cela trop difficile (à coudre, NDLR)”, craint cette dernière.

 

Un festival du tifaifai ?

 

Pourtant la vision du ministre de l’Artisanat sonne différemment. Ces “techniques introduites par les femmes de missionnaires, que la Polynésie s’est accaparées, à l’instar du ukulele,” doivent être animées par la créativité. “C’est la créativité qui va faire la différence afin de produire des œuvres et non des produits”,  a prôné Heremoana Maamaatuaiahutapu, dans son discours.

“On paye toujours ce qui est beau, le prix n’est pas un obstacle”, a-t-il dit, rappelant au passage que “les patchworks importés ont une TDL (taxe de développement local, NDLR) de 82 %, mais restent malgré tout concurrentiels”.

Ce dernier a néanmoins précisé qu’il préparait “un certain nombre de textes pour protéger ces créations et certaines appellations”.

Heremoana Maamaatuaiahutapu a également lancé l’idée d’un festival du tifaifai où “les cousins polynésiens” pourraient être invités, renforçant ainsi les liens entre peuples de l’Océanie, pour ainsi lutter contre les importations pointées du doigt.

En attendant cet événement, allez voir le minutieux travail réalisé par ces doigts de fée polynésiens, ainsi que les vingt créations en compétition autour du thème choisi cette année, à savoir le maire, cette fougère très présente dans les vallées, qui a également servi pour l’occasion, de ruban à couper.

Et surtout, c’est bientôt Noël, alors pensez tifaifai !

 

Christophe Cozette

 

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