200 personnes marchent pour sauver les retraites

    lundi 24 août 2015

    Environ 200 personnes ont répondu à l’appel du Sdiraf pour sauver les retraites, samedi dernier. La marche s’est déroulée de l’école de La Mission jusqu’à la présidence. Une délégation a été reçue longuement par Tea Frogier, ministre du Travail et des Solidarités.

    “Respectez nos cheveux blancs”. Il leur avait donné rendez-vous à 8 h 30, samedi dernier, dans la matinée à l’école de La Mission, avec pour mission de défiler jusqu’à la présidence pour sauver les retraites et ils étaient environ 200 à avoir répondu à l’appel. “Il”, c’est Émile Vernier, le président du Sdiraf (syndicat pour la défense des intérêts des retraités actuels et futurs de la Polynésie française), qui avait appelé à une marche pour sauver les retraites, son leitmotiv depuis de nombreuses années maintenant.
    “Depuis 4-5 ans, nous essayons d’attirer l’attention des gens, car il y avait un gros problème déjà, mais personne ne nous prenait vraiment au sérieux”, a confié Roger Parodi, vice-président du Sdiraf. Le cortège devait se déplacer vers la présidence, où, au final, une délégation a été reçue, longuement, par Tea Frogier, ministre du Travail et des Solidarités.
    “Les gens commencent à nous écouter, mais il est déjà trop tard, il faut agir, c’est le but de notre marche, beaucoup maintenant sont inquiets. Il ne faut plus attendre, il faut agir et vite” pense celui qui a récolté, à lui seul, plus de 1 000 des 4 500 signatures récoltées par le Sdiraf, pour sauver les retraites polynésiennes.
    “Ce n’est que depuis février de cette année, alors que le gouvernement nous a invités à participer aux réunions de la réforme de la PSG, qu’on a pu commencer à se faire entendre sur les retraites”, reconnaît le vice-président du syndicat. Mais selon le bureau du Sdiraf, 2015 risque d’être une année “catastrophique”, car si les 20 000 salariés âgés entre 50 et 55 ans aujourd’hui – 35 000 entre 50 et 60 ans, selon le syndicat -, “partaient à la retraite, le régime ferait patatras.”
    Après l’intervention de quelques sympathisants, le cortège s’est mis en marche à 9 h 30, direction avenue Pouvanaa a Oopa.
    “Ce n’est pas une course”, a rappelé Émile Vernier, fatigué mais toujours battant pour son fer de lance. Dans le “protocole d’accord” remis à la ministre, le Sdiraf va bien au-delà du dossier retraites et demande, entre autres, “une charte du développement” et “une affiliation aux régimes de retraites CPS de tous les élus du territoire”. Et si le gouvernement, via le président, ne signe pas au conseil des ministres mercredi, son “protocole d’accord”, Émile Vernier n’hésitera pas à revenir avec “camions et cailloux” et à “camper sur les routes”.
    Après avoir marché jusqu’à la présidence, avec une sonorisation quelque peu enrouée, aux cris de “Respectez nos cheveux blancs”, avec une seule et petite pancarte “des miracles”, une délégation a été reçue durant une heure, par la ministre, sa directrice de cabinet et Luc Tapeta, conseiller spécial du président sur la réforme de la PSG. Après avoir transmis le “protocole”, le cortège s’est tranquillement dispersé peu avant midi.
    Christophe Cozette

    Tea Frogier, ministre du Travail et des Solidarités : “La démarche est surprenante”

    Émile Vernier vous a proposé un protocole d’accord en plusieurs points. A-t-il des chances d’être signé par le président Fritch ?
    La démarche est surprenante. Parce qu’un protocole d’accord, en général, c’est qu’on est en discussion dans le cadre d’une grève. C’est bien la première fois que je vois un protocole d’accord déposé, alors que nous ne sommes pas dans une négociation. Un certain nombre de points de leur part demande d’informer davantage, notamment sur les retraites.

    Le Sdiraf demande une “réflexion sur une affiliation aux régimes de retraites CPS de tous les élus du territoire”. Qu’en pensez-vous ?
    Cette demande n’est pas ce qui va sauver notre régime de retraites ; c’est évident. Cela relève plus du symbole. Je peux entendre cette demande concernant nos élus, mais cela concerne deux institutions. D’autres points du protocole, d’ailleurs, relèvent plus de l’assemblée de Polynésie. Et il est difficile au gouvernement de se positionner pour l’assemblée. C’est un point que nous avons déjà entendu dans les gouvernements précédents. Je comprends la portée symbolique de cette revendication.

    Qu’elle a été la teneur de vos propos ?
    Le président m’a demandé de les recevoir, je les ai beaucoup écoutés. Concernant les discussions sur la PSG, nous avons le soutien du Sdiraf -qu’ils ont réitéré- par rapport au schéma sur lequel nous travaillons.

    Émile Vernier Président du Sdiraf : “Nous ne sommes pas des moutons de Panurge”

    Pourquoi se rassembler aujourd’hui ?
    Se rassembler aujourd’hui, c’est pour rappeler que, depuis des années, la CPS et les retraites avaient des problèmes financiers, et que personne ne s’en est préoccupé. Si on est là aujourd’hui, c’est pour dire au gouvernement de prendre ses responsabilités pour des réformes qui peuvent sauver ce qui peut être sauvé encore. Notre démarche va au-delà de la retraite, c’est de l’avenir de notre pays qu’il s’agit. Il serait temps de donner une visibilité aux investisseurs mais aussi à nous, avec une charte de développement. Nous allons plutôt vers la Grèce.

    Vous envisagez des blocages ?
    Nous allons remettre ce protocole d’accord et je vais demander que le conseil des ministres puisse statuer dessus mercredi. Si nous n’avons pas de réponse, nous envisageons des actions plus dures, car je pense qu’on ne peut plus les laisser décider pour nous, sans referendum. Nous risquons d’avoir des blocages en ville.

    Êtes-vous déçu de la mobilisation ?
    Non, je ne m’attendais pas à plus que cela (environ 200 personnes ont défilé, ndlr). Le Polynésien est fataliste, mais je ne peux pas accepter qu’on continue comme cela, nous ne sommes pas des moutons de Panurge.

     

    Léon Tautu Céran-Jérusalémy 2015-08-25 10:27:00
    Attendez le jour où vous serez en âge pour partir à la retraite, et vous m'en direz des nouvelles !
    J'applaudis la démarche d'Emile, qui ne fait que défendre le système pour lequel se sont battus nos anciens !
    Si vous estimez qu'il y a erreur dans cette démarche, je vous engage à adhérer à cette association qui ne fait
    qu'attirer l'attention de tous ceux qui demain seront des retraités en puissance!
    Bien sûre que chacun défend son pré-carré et c'est humain !
    À chacun d'apporter sa part de réflexion !
    Pour ma part, je touche une retraite de "60459 Fcp", et avec ça je n'irais pas loin, si je n'avais fait comme la fourmie....Lol..
    Faaitoito mai les jeunes, demain ça sera vous...
    vetea1 2015-08-25 08:13:00
    Bravo Moana, le constat est imparable ! Vernier n'est inquiet que pour sa retraite et demande aux autres, les actifs, de faire des efforts que sa génération (en jeune lors de leur départ) n'ont pas faits !
    Vernier il a quel age et à quel age est-il parti à la retraite ? Peut-être a-t-il l'age pour encore travailler selon ses propositions.
    Des efforts, oui, mais pour tout le monde, pas simplement les salariés actuels !
    teivatane 2015-08-24 17:29:00
    MOANA++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
    moana 2015-08-24 15:24:00
    avec tout le respect que je dois aux ainés, j'aimerai savoir comment sont partis en préretraire à 52 ans avec un abattement de 1%/ ?Comment touchent indument la tranche B sans avoir ou si peu cotisés ? Combien de pensions CPS comme celle de M vernier sont 3 à 4 fois le SMIG actuel auquel il faut ajouter la retraite complémentaire. Avant de demander un effort aux actifs actuels , augmentation de la durée de cotisations,de l'âge de la retraite, des malus pour partir en préretaraites...de quels efforts sont prêts ceux qui touchent une super retraite ( je ne parle pas des petites retraites) sont-ils prêts renoncer à la tranche B car il n'y aucune justification à cela, plafonner les retraites CPS à 200 000 frs/mois au lieu des plus de 300 000 F. J'ai lu les propositions de matraquage de M Vernier sur les actifs actuels pour qu'il continue à toucher sa super retraite mais aucune solidarité de la caste des retraités nés avant les années 60. Nous sommes tous conscients des problèmes de financement des retraites comme dans tous les pays occidentaux. ce que je vois sur ma fiche de paie, c'est l'augmentation continue des cotisations et de la CST. C'est une perte de pouvoir d'achat d'année en année. Les vrais pauvres sont les actifs actuels à qui on demande toujours plus d'efforts.Bizarre que sur la photo, je vois des retraités plus proches des 55 ans que des 70 ans.....
    Léon Tautu Céran-Jérusalémy 2015-08-24 12:29:00
    Bravo Emile et à tous ceux qui ont participer à cette marche !
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete