2015, rebond confirmé pour l’économie

    samedi 4 juin 2016

    L’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) a livré ce qui ressemble un peu au carnet de note de fin d’année de la santé économique de la Polynésie (lire La Dépêche d’hier). Une croissance positive pour la deuxième année consécutive, une tendance à la création plutôt qu’à la destruction d’emplois, les secteurs touristiques et industriels qui continuent de montrer des signes positifs et les secteurs primaires et du BTP qui reprennent du poil de la bête.
    Autant de bons résultats dans les matières principales qui font donner à l’IEOM une appréciation “encourageante”, mais “doit et peut mieux faire” à en juger par les nombreuses difficultés sociales qui demeurent et les perspectives pour 2016 qui reposent notamment sur le début de la concrétisation des grands projets et l’intensification de la mise en application du contrat de projet.

    > Croissance : + 1 %
    S’il ne fallait retenir qu’un chiffre, ce serait celui-là, celui de la croissance qui, avec une augmentation de 1 %, confirme l’embellie amorcée dès 2014. L’investissement public est le principal contributeur à l’augmentation du PIB. Avec 6,7 milliards d’investissements supplémentaires, il contribue pour 1,2 point à la croissance en volume. À l’opposé, la consommation publique, qui s’apparente aux dépenses de fonctionnement, continue de se contracter, en lien avec la poursuite des politiques d’assainissement des finances publiques. Souvent considérée comme le principal moteur de l’économie polynésienne, la consommation des ménages est freinée par l’orientation encore négative du marché du travail.

    > Créations d’emplois
    L’autre tendance, significative, c’est celle de l’emploi, l’un des enjeux cruciaux de la Polynésie d’aujourd’hui, l’une des préoccupations majeures de la politique du gouvernement. Après sept années, où des emplois disparaissaient, en 2015, la tendance s’inverse avec des créations.
    “L’emploi salarié marchand progresse de 0,2 % à fin 2015, alors qu’il diminuait au rythme moyen de 1,1 % par an ces cinq dernières années. Cette amélioration ténue est portée par les secteurs de la construction (+4,7 %) et de l’hôtellerie-restauration (+1,3 %). Les créations d’emploi restent cependant insuffisantes pour faire refluer sensiblement le chômage : depuis 2007, 9 000 emplois salariés ont été perdus”, explique ainsi l’IEOM.

    > Retour de la confiance
    Par ailleurs rassurés par la clarification du contexte politique local et par la pérennisation du dispositif national de défiscalisation, les chefs d’entreprise retrouvent confiance sur le moyen terme. L’indicateur du climat des affaires (ICA) poursuit l’amélioration amorcée en 2013. Il évolue depuis désormais deux ans à un niveau sensiblement supérieur à sa moyenne de longue période, un phénomène qui n’avait pas été observé depuis le début des années 2000.
    Une embellie qui pourrait se confirmer selon les économistes avec “la montée en puissance du contrat de projets et l’engagement appuyé du Pays et de l’État en faveur du logement devraient conforter la dynamique de croissance. De même, le retour de la confiance des chefs d’entreprise et l’annonce de la prolongation à 2025 de la défiscalisation créent aussi les conditions favorables pour une reprise plus affirmée. Dès lors, en 2016, l’attention se portera sur le début de concrétisation des grands projets annoncés, sur lesquels reposent les espoirs d’un nouveau souffle pour l’économie polynésienne”.
    Un souffle encore fragile tant les grands projets peinent justement à se concrétiser.

    F.C.

    Différence de prix : le Caddie plus cher ici qu’à Paris

    L’Institut de la statistique (ISPF) a réalisé en 2010 une enquête de comparaison des prix entre la France métropolitaine et la Polynésie française. Il en ressort qu’en moyenne les prix locaux sont 26 % plus élevés qu’en France métropolitaine si l’on compare un même panier de produits.
    En gardant son mode de vie, le budget de consommation d’un ménage métropolitain augmenterait même de 51 % en moyenne en Polynésie française. En revanche, un ménage polynésien s’installant en France métropolitaine et conservant ses habitudes de consommation verrait son budget diminuer de 5 %. Ces écarts de prix s’expliquent en partie par la cherté des produits alimentaires, compte tenu de la part importante que représente l’alimentation dans le budget des ménages polynésiens (près du quart, contre 15 % pour les consommateurs métropolitains).
    Ainsi, les prix de l’alimentation en Polynésie française sont supérieurs de 75 % à ceux pratiqués en métropole. Ces écarts sont moindres dans les DOM (45 % pour la Martinique, 34 % pour la Guadeloupe, 49 % pour la Guyane et 37 % pour La Réunion) et en Nouvelle-Calédonie (65 %).

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