2015 rétrospective côte Est – De Mahina à Hitia’a, rebondissements politiques et faits divers dramatiques

    mardi 5 janvier 2016


    À Mahina, Patrice Jamet contraint de céder sa place

    La nouvelle est tombée dans la nuit du 26 au 27 juillet : Patrice Jamet est condamné ! Le Conseil d’État, saisi par l’avocat du tavana de Mahina, venait de confirmer la peine de 18 mois d’inéligibilité infligée fin 2014 par le tribunal administratif après le rejet des comptes de campagne du groupe Ia Tura o Mahina (Itom). Le maire espérait encore que cette faute bête d’absence de mandataire financier ne serait pas lourdement sanctionnée.
    Démis d’office, Patrice Jamet a souhaité que son remplacement se fasse le plus rapidement possible, certainement aussi pour prendre de court ses adversaires. Si le tavana n’avait rien à craindre de l’opposition, c’est dans son propre camp qu’il a rencontré le plus de résistance. Car le dauphin, Damas Teuira (alors 23e de liste), dévoilé dans La Dépêche de Tahiti quelques jours plus tôt, ne faisait pas l’unanimité au sein d’Itom.
    La première adjointe évincée, Lorna Oputu, avait clairement affiché sa candidature et, avec les voix de l’opposition et des soutiens au sein de la majorité, pouvait espérer prendre le trône. Mais voilà que le clan Fritch a aussi prétendu à prendre la suite. Damas Teuira sera finalement élu.
    On pensait la guerre intestine dissipée après cette élection agitée, mais la machine Itom était bien enrayée. Des clans se sont formés.
    Le noyau dur et familial s’est concentré autour du nouveau maire pour faire survivre l’esprit de leur mentor, Patrice Jamet. Ceux qui ont suivi Lorna Oputu ont disparu du circuit. Et le clan Fritch ne semble pas vouloir poser les armes.

    De l’eau dans le gaz

    Enfin, il reste de nombreuses brebis égarées, qu’on ne voit que rarement aux conseils municipaux, qui se demandent aujourd’hui ce qu’elles sont venues faire dans cette galère. Et comme si cela ne suffisait pas, c’est au début du mois de décembre que l’on a appris que le directeur général des services (DGS) quittait Mahina pour se mettre au service de Pirae.
    Lors du dernier conseil municipal de l’année, le maire a dit qu’il respectait ce choix, mais Gilles Lorphelin n’a pas caché que l’environnement ne lui permettait plus de poursuivre sa mission sereinement.
    Le même soir, on apprenait que l’adjoint au DGS était également sur le départ. Et un courrier signé des chefs des services, distribué en conseil municipal, laissait imaginer la drôle d’ambiance à la mairie.
    Pour 2016, Damas Teuira aura fort à faire afin de conserver de la cohérence, tant chez les élus que dans les équipes communales. L’objectif sera-t-il de mener contre vents et marées la barque jusqu’en 2020, ou juste de tenir avant le retour possible du maître en janvier 2017 ?

    J.-L.M.

    Les éléments se déchaînent en décembre

    Rien n’a résisté à la force des rivières. En quelques heures, plusieurs centaines d’habitants de la côte est ont vu des torrents de boue, de végétaux et de divers déchets venir endommager ou détruire leurs maisons. À Papeno’o, un éboulement a causé un décès. Mahina, Papeno’o et Tiarei sont les communes les plus touchées par ce que beaucoup qualifient de crue centennale.
    Cataclysmique, phénoménal, inédit. Les qualificatifs manquent à quiconque a parcouru la côte est lors des pluies. De Mahina à Mahaena, c’est une enfilade de personnes assises en bord de route, sur un frigo ou une épave de voiture, au milieu d’une myriade de tractopelles qui tentent de déboucher des torrents de boue qui n’étaient que des ruisseaux à peine visibles 48 heures plus tôt.
    De la route, certains dégâts sont impressionnants. De certaines maisons, il ne reste parfois que la dalle.
    Voitures, containers, arbres, rien n’a résisté à la force des eaux qui, lorsqu’elles se sont retrouvées bloquées, ont choisi de trouver un nouveau lit pour descendre jusqu’à la mer, quitte à casser les ponts. “Je crois que les conséquences de ces débordements de rivières sont pires que ce que l’on peut connaître pendant les cyclones (…) Je crois que c’est la première fois que l’on voit autant de dégâts”, a ainsi relaté Édouard Fritch, après une visite sur les lieux. “L’ampleur des dégâts est phénoménale”, a expliqué Tearii Alpha, en tournée avec les équipes de son ministère et de l’OPH pour dresser un inventaire. “Les communes de Hitia’a o te Ra, Tiarei, Papeno’o et une partie de Mahina sont bien dévastées par cette calamité naturelle.”
    De suite, la solidarité s’est mise en marche. Des gens font la chaîne pour porter des seaux d’eau de la rivière jusqu’à une maison ensevelie sous la boue. Là, une collecte de vêtements est mise en place. Le Pays a dépêché tous ses moyens pour libérer les accès et prendre des mesures d’urgence pour venir en aide aux nombreuses victimes. Durement frappées, difficile de ne pas remarquer que les victimes, qui ont pourtant tout perdu, ont gardé leur sourire.
    La catastrophe est survenue en pleine journée, le bilan humain aurait été plus lourd si les rivières étaient sorties de leur lit pendant la nuit. 

    B.P.

    Projet de défusion des communes associées de Hitia’a o te Ra : le parcours du combattant

    “Ce n’est pas une très bonne idée”, a déclaré le haut-commissaire, le 30 septembre, lors de sa visite à Hitia’a o te Ra. Contraint par deux délibérations et le code général des collectivités territoriales (CGCT), Lionel Beffre donne suite à la demande de défusion des quatre communes associées. Dans un courrier transmis au tavana Dauphin Domingo début octobre, le représentant de l’État confirme son engagement à lancer la procédure qui érigera Papeno’o, Tiarei, Mahaena et Hitia’a en communes de plein exercice.
    Mais on ne crie pas victoire du côté de Jacqui Drollet. “L’aventure continue”, ironise le maire-délégué de Hitia’a qui a disséqué le courrier du haussaire. D’abord, Jacqui Drollet, à l’origine de cette demande de défusion depuis des années, remarque que le représentant de l’État ne manque pas de préciser que, s’il a l’obligation d’engager la procédure d’instruction, “aucun calendrier ne lui est imposé”.
    Pour le tavana, il ne fait pas de doute que Lionel Beffre utilise la loi “comme moyen dilatoire” pour retarder l’aboutissement du projet.
    Même si le haussaire indique alors qu’il va procéder à la nomination d’un commissaire enquêteur chargé d’étudier le projet de défusion, Jacqui Drollet comprend que cette procédure est “un parcours du combattant et que le prix de la liberté est élevé”. Car le haussaire veut trouver une personne n’ayant aucun intérêt personnel au résultat de l’enquête. “Comment imaginer trouver un commissaire enquêteur qui ne présente aucun lien familial quelconque avec les 10 000 habitants de Hitia’a o te Ra ?”, s’interroge le maire.
    Jacqui Drollet est également perplexe concernant les “angles” de travail de l’enquêteur qui seront précisés par le haussaire, à savoir la configuration des lieux, les arguments économiques et financiers, les charges financières (en terme de masse salariale) pouvant résulter de la défusion, ou encore la nécessité d’assurer une gestion administrative cohérente de la commune.

    B.P.

    Hommage à Waikihani, Tehotu et Atea

    L’année 2015 aura été malheureusement marquée par un terrible drame. Au cours du week-end du 15 août, alors que le Heiva bat son plein sur le terrain vague de Hitimahana, à Mahina, trois enfants de 3, 4 et 5 ans échappent à l’attention de leurs parents et disparaissent dans la nuit. Leurs corps sont retrouvés dans la baie de Muriavai par des pêcheurs en pirogue. Le 27 septembre, un hommage émouvant a été rendu à Waikihani, Tehotu et Atea lors d’une marche blanche qui a conduit la procession du parking du collège jusqu’à la plage de Hitimahana, où les enfants se sont noyés.

     

    Il poignarde une femme, incendie la maison et se pend

    Quand le feu prend, au petit matin de ce 2 mars, dans un fare du quartier Tirao, en bas du Tahara’a, à Mahina, personne n’imagine le drame qui se déroule. Un homme vient de frapper à coups de couteau une femme qui se refuse à lui. Presque égorgée, laissée pour morte, la victime se traîne hors de chez elle, tandis que le dément met le feu à la maison et va se pendre à l’arrière. Les secours n’arriveront pas à le réanimer. Michelle, la victime, a survécu à une douzaine de coups de couteau.

     

    Amiante dans les écoles

    C’est à l’occasion de projets de travaux dans les écoles de Hitimahana élémentaire et Fareroi maternelle, à Mahina, qu’il a été découvert des matériaux contenant de l’amiante. La commune avait tenu à respecter la nouvelle réglementation qui oblige à procéder à un diagnostic avant tous travaux dans les bâtiments recevant du public. Les agents communaux ont reçu une formation afin d’encapsuler les sols gerflex contenant de l’amiante et de démonter les matériaux en fibrociment utilisés comme séparateur dans les toilettes ou l’évacuation des eaux pluviales. La commune a fait réaliser des diagnostics dans les autres établissements.

     

    Un portail chute sur une écolière

    En 2015, malheureusement, des portails d’école tombent encore sur des enfants. Le 17 novembre, c’est ce qui est arrivé à l’école Fareroi de Mahina. Une fillette qui accompagnait sa grand-mère, agente communale dans cet établissement, a reçu le portail d’entrée sur la tête. L’enfant a été transportée dans un état grave aux urgences. Le portail en fer, qui s’était déjà déboîté par le passé, avait perdu un des tubes de guidage. Après l’incident, les services techniques se sont enfin penchés sur le fonctionnement des portails.

    Sécurisation des sentiers des Trois cascades : un curieux écureuil dans les arbres

    Après avoir sécurisé le chemin de la première cascade, la société JL Polynésie, qui a décroché le marché, fait appel à un écureuil. Pas l’animal qui peuple les forêts, mais l’hélicoptère. Bien plus volumineux que le rongeur, l’aéronef de Tahiti Helicopters s’est avéré terriblement efficace au milieu des arbres pour transporter les matériaux de construction, grillage et autres engins de forage. À dos d’homme, sur des sentiers étroits, le transport des équipements aurait demandé des mois. Une cinquantaine de manœuvres a permis d’acheminer les matériaux qui vont permettre la poursuite des travaux. Le site des Trois cascades pourrait être bientôt rendu aux touristes, si la météo reste clémente. L’enveloppe pour ce chantier, commandé par le ministère et le service du tourisme, s’élève à près de 45 millions de francs.

     

    Écoparc présenté aux élus communaux

    Le 19 août, un projet de développement d’un ensemble touristique au centre de l’île de Tahiti était présenté en conseil des ministres. Une semaine plus tard, les trois promoteurs locaux d’Écoparc – Dominique Auroy, Jean-Claude Teriierooiterai et Alban Ellacott – emmenaient dans la haute vallée de Papeno’o une délégation comprenant notamment le ministre du Tourisme et quelques représentants de Hitia’a o te Ra. En vue, l’intégration de ces derniers dans son comité de pilotage. Cette étape leur a semblé nécessaire avant d’entamer le dialogue avec la population et les associations. Ce projet d’envergure représente un investissement de 14 milliards de francs, dont 10 milliards en investissements privés et quatre milliards en investissements publics (Pays et État).

     

    À Papeno’o, on sonde la montagne à la recherche d’un gisement de matériaux

    Malgré les nombreuses critiques concernant sa gestion des aménagements de rivières, des extractions, des curages et des projets de barrage, le ministre de l’Équipement poursuit ses actions. Albert Solia a rencontré les associations à la mairie de Papeno’o dans le cadre d’un projet de carrière dans la vallée. Pour répondre aux besoins en matériaux à l’usage du BTP, le gouvernement est à la recherche de gisements. À plus de cinq kilomètres dans la vallée, le laboratoire des travaux publics a repéré une falaise de coulées basaltiques en bord de route traversière. Pour définir si ce matériau est en quantité dans la zone, et surtout de qualité, des premiers sondages carottés ont été effectués au sommet, sur le plateau Titiafaatau. D’une quarantaine de mètres, ces forages n’ont pas permis de répondre aux questions. Avec l’accord des partenaires associatifs, le ministre a annoncé le lancement de sondages horizontaux, cette fois d’une centaine de mètres.

     

    Permis de construire pour un supermarché à Hitia’a

    Ce qui n’était qu’une rumeur est matérialisé par un panneau sur lequel on peut lire : “construction d’un supermarché LS Proxi”. Planté sur un terrain vierge, peu après le PK 39, le panneau est visible de tous. Hitia’a va avoir son supermarché. Dans cette petite section de commune de la côte est, on a encore du mal à y croire. D’abord parce qu’il n’y a que 2 000 habitants, et les foyers, qui vivent essentiellement de l’agriculture, ont des revenus faibles. Toutefois, la population voit cette installation d’un bon œil : “cela donnera quelques emplois”, “la concurrence va peut-être faire baisser les prix”… En revanche, cette nouvelle ne réjouit pas les deux commerçants de la commune.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete