2015 rétrospective côte Ouest – Les grands chantiers et la vie politique ont pris la part belle

    mardi 5 janvier 2016


    L’année du Mahana Beach

    Le 20 décembre dernier, un protocole d’accord a été signé, entre le président Édouard Fritch, Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD), et le groupement d’investisseurs chinois Recas Global, China Railways et RF Properties, pour le projet du Mahana Beach.
    Le projet, conduit par le consortium, porte sur 2,5 milliards de dollars selon le gouvernement. Sa réalisation devrait s’étaler sur six ans. Si le projet voit le jour, cela impliquerait pour la Polynésie française des retombées économiques non négligeables.
    En effet, pour la construction de ce complexe, le gouvernement mise sur l’embauche de plus de 3 000 personnes, travaillant dans différents corps de métier ; et en phase d’exploitation sur plus de 4 500 emplois directs et environ 10 000 emplois indirects. Les lieux du Mahana Beach étaient occupés légalement et illégalement par plusieurs centaines de familles depuis 2004. L’année 2015 a été marquée par l’éviction “pacifique” de 104 familles qui ont été relogées, dont 24 au mois d’août dans la résidence de Vairai à Punaauia et 80 en septembre dans celle de Motio à Faa’a.
    Le processus de relogement de ces familles avait été entamé en décembre 2014 avec le relogement de 20 familles à Nina Peata au-dessus de l’université. À ce jour, 239 familles ont été relogées par le gouvernement.

    É.P. et M.-C.C.

    50e anniversaire de la commune de Faa’a

    Du 26 au 30 janvier 2015, de nombreuses festivités ont été organisées à Faa’a dans le cadre du 50e anniversaire de la commune.
    Avant le 30 janvier 1965, Faa’a était un district géré par un chef élu par le conseil des districts. Celui-ci avait un rôle d’officier d’état civil.
    En 1962, Faa’a comptait 3 700 habitants, chiffre qui a été multiplié par huit en 50 ans, avec l’arrivée du centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) et les grands travaux qui l’ont accompagné : la piste de l’aéroport et les trois cités d’hébergements militaires et administratifs (Cité de l’air, Camp du Bimat, lotissement Bopp-Dupont).
    Depuis 1965, trois maires se sont succédé à la tête de la commune. Tout d’abord, Francis Sanford, chef de file du parti Ea Api et fon­dateur, avec John Teariki et Frantz Vanizette, du mouvement Front uni pour l’autonomie interne ; il milita activement pour qu’un nouveau statut soit appliqué à la Polynésie française. En 1977, appelé à diriger la Polynésie autonome, Alfred Helme lui succède. Celui-ci perd son mandat, en 1983, face à Oscar Temaru, qui demeure sans interruption le premier magistrat de sa commune jusqu’à aujourd’hui.
    Oscar Temaru dote la commune de l’eau potable aux normes de l’OMS, développe les infrastructures scolaires et sportives et soutient les actions sociales en faveur des familles déshéritées que le reflux du CEP laisse sans revenus.
    Élu à l’assemblée territoriale en 1986, président du Pays en 2004 et réélu cinq fois de 2004 à 2014, Oscar Temaru a entamé son 6e mandat de maire en 2014.  
    La commune a célébré son 50e anniversaire avec une semaine de festivités, ponctuée de soirée de chants, de danses et de jeux traditionnels, d’expositions et de visites guidées…
    Ce fut aussi l’occasion de célébrer les deux mains sculptées à Outuarea et de la route Nelson-Mandela.

    Le difficile chantier de la Taharuu

    Le chantier de la Taharuu a été lancé officiellement en février 2015 et devrait s’étaler jusqu’en 2019.
    La Taharuu est la première rivière à être aménagée par le Pays dans le cadre d’un véritable programme environnemental de réhabilitation du cours d’eau et de protection de ses berges. Le coût des travaux pour le chantier de la Taharuu représente un investissement de près de 3 milliards de francs financé par le Pays. Ils concernent la protection du coude que fait le lit de la rivière à environ 2,5 km en amont, la réhabilitation des berges, notamment celles qui avaient été emportées par le cyclone Oli, et la réalisation des seuils du bassin dégraveur.
    Durant l’année 2015, le chantier a connu plusieurs épisodes. D’abord, l’association Ia ora Taharuu, soutenue par les riverains, a dénoncé des irrégularités dans le projet.
    Le chantier a démarré alors que l’étude d’impact était toujours en cours. Résultat, les riverains et l’association ont menacé de faire arrêter les travaux.
    Le ministre de l’Équipement Albert Solia a reconnu cette irrégularité et a indiqué qu’il s’agissait de mener en urgence des travaux sur une zone à risque. Pour lui, l’importance était de protéger les riverains les plus exposés aux risques d’inondation. Face aux difficultés rencontrées depuis le début du chantier, l’association Ia ora Taharuu et le collectif des riverains de la Taharuu ont réclamé la création d’un comité de suivi qui a vu le jour en juillet 2015.
    La première tranche des travaux a été bouclée mi-juillet. En septembre, les extractions entreprises au niveau de la Taharuu ont soulevé la protestation des associations de protection de l’environnement de la rivière, qui se sont réunies place Jacques-Chirac pendant une semaine pour faire entendre leur voix. La deuxième phase des travaux est actuellement en cours depuis mi-juillet.

    Puta’i Taa’e élu maire de Papara haut la main

    Le samedi 31 octobre 2015, Puta’i Taa’e a été élu maire de Papara avec 24 voix sur 33. Les conseillers municipaux membres du groupe A here ia Papara, grand vainqueur des élections partielles le 25 octobre 2015, ont majoritairement voté pour le nouveau tavana. Le nouveau maire était soutenu par le président du Pays Édouard Fritch qui était présent le jour de l’élection.
    Pour l’élection du maire, deux candidats de la liste A here ia Papara sortaient du lot : Médéric Tehaamatai du Tavini et Puta’i Taa’e. Après l’élection du maire, les conseillers municipaux ont élu Gaston Tunoa premier adjoint au maire de Papara.
    Dans son discours, le nouveau maire Puta’i Taa’e s’était dit prêt à travailler avec tout le monde, y compris l’opposition, pour faire avancer des dossiers comme celui de l’éclairage public. Le tavana avait également parlé de la question de la cantine scolaire.
    Ces élections ont été organisées à cause de la confirmation de l’annulation de l’élection de Bruno Sandras en tant que tavana de Papara par le Conseil d’État le lundi 27 octobre dernier.
    En effet, en octobre 2014, l’élection de Bruno Sandras, à la tête de la mairie de Papara, avait été annulée par le tribunal administratif. Clément Le Gayic, alors conseiller municipal de l’opposition, avait dénoncé des irrégularités lors du scrutin de mars 2014, comme, par exemple, la signature d’un certain nombre de contrats d’accès à la propriété quelques jours avant les élections par le maire sortant, Bruno Sandras. Christelle Lehartel avait alors remplacé au pied levé le maire privé de mandat.
    Déclarés inéligibles, Bruno Sandras et Clément Le Gayic n’avaient pas pu se présenter à la nouvelle élection organisée en octobre 2015 qui a abouti à l’élection de Puta’i Taa’e.

     

    Un camion coincé sous le tunnel de Punaauia

    Elle a continué mais ça n’est pas passé… Le 20 avril 2015, la conductrice d’un camion s’est engagée sous le tunnel devant la mairie de Punaauia mais si la cabine et le plateau sont passés, la superstructure du camion, elle, est restée coincée à l’entrée du tunnel, encastrée dans le tablier du pont. La conductrice, sortie indemne de cette mésaventure a expliqué “être plongée dans ses pensées” et a reconnu avoir “eu la tête en l’air”. La hauteur n’était pas suffisante pour que le camion puisse passer. L’accident a eu lieu à 8 h 15, provoquant alors un gros embouteillage sur le trafic en provenance de la côte ouest. Le tunnel a été fermé à la circulation dans le sens Punaauia-Papeete, pendant près d’une heure.

     

    Un homme de 57 ans meurt dans un incendie, à Paea

    Le 11 mars dernier, à Paea, un bâtiment faisant office d’entrepôt, de lieu de restauration et d’habitation ainsi que le camion de la roulotte “Chez Poe” ont pris feu aux alentours de 7 h 30, au PK 19,5, côté montagne. Une vingtaine de pompiers, de Paea et Punaauia, ont mené une lutte acharnée pour maîtriser l’incendie. Il leur aura fallu deux bonnes heures, attaquant le foyer depuis la route de ceinture et derrière le bâtiment. Des départs de feu, ayant pour origine des courts-circuits dans les installations électriques vétustes du bâtiment, avaient déjà été signalés par le passé.
    Le feu se serait ensuite propagé très rapidement au milieu d’un bric-à-brac de produits et matières inflammables stockés à l’intérieur des murs. Sur les lieux du sinistre, les pompiers ont découvert le cadavre calciné de l’occupant des lieux, John Wong, un homme de 57 ans, bien connu et apprécié du voisinage. Selon les enquêtes, il serait mort asphyxié en tentant désespérément de maîtriser les flammes avec les moyens du bord.
    Son corps a été découvert près d’une source d’eau et c’est lui qui aurait donné l’alerte au téléphone.

    Mort de l’artiste Miguel Hunt-Calvo dans sa maison à Punaauia

    Miguel Hunt-Calvo, l’artiste peintre d’origine argentine, installé à Tahiti depuis sept ans, gérant de la galerie L’Art en fusion, située au centre Vaima, à Papeete, est décédé, dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 mai, dans l’incendie de sa maison, située au PK 12,8, côté mer, à Punaauia.
    L’artiste s’était fait connaître au fenua en remportant le concours “Une idée, un déchet” en 2009, pour lequel il avait réalisé une lampe-sculpture avec des grilles de barbecue et d’autres matériaux recyclés. En 2014, il avait présenté une exposition collective sur le thème de l’érotisme, une première au fenua. Miguel Hunt-Calvo était un artiste engagé, qui aimait “éveiller les consciences”. Sa mort a suscité une vive émotion dans le milieu artistique local.

     

    Glissement de terrain : 21 personnes évacuées à Faa’a

    Le 25 octobre dernier, les habitants du quartier Tauraa 1 ont eu une belle frayeur.
    Suite aux fortes pluies survenues la veille, un glissement de terrain s’est produit, aux alentours de 6 heures du matin, causant la destruction partielle d’une maison d’habitation. Les débris, causés par l’éboulement, ont atterri sur le faa’apu de deux maisons qui se trouvaient en contrebas. Lorsque c’est arrivé, la famille Tiaihau était tranquillement attablée pour le petit-déjeuner. “On était en train de boire notre café, quand on a entendu un grand bruit. On est sorti tout de suite pour voir ce qui se passait. On était choqué, on a eu peur”, a raconté Luciana dont le jardin a été en partie enseveli par l’éboulement.
    Fort heureusement, il y a plus de peur que de mal, puisqu’aucun blessé n’a été déploré. Les sinistrés ainsi que les habitants des deux maisons en contrebas ont dû être évacués, soit au total 21 personnes.

     

    Quarante ans de mandature du tavana Jacquie Graffe

    En avril 2015, Paea a fêté les 40 ans de mandature de son tavana. Jacquie Graffe a, en effet, été élu pour la première fois le 3 mai 1975, c’est ainsi qu’il détient le record de longévité à la tête d’une mairie en Polynésie française. La commune a célébré cet anniversaire avec deux semaines de festivités. Ces dernières ont été ponctuées de spectacles, danses, chants, expositions et feux d’artifices.
    Élu pour la première fois premier adjoint de Ahititera Toromona en 1972, il a enchaîné sept mandats depuis. En effet, en 1973, il est également élu premier adjoint de Benjamin Bambridge et, enfin, il devient maire en 1975. Il est élu conseillé territorial de 1986 à 1991, en 1996 et de 1998 à 2001. Il est nommé ministre des Transports du 31 décembre 1996 au 10 juin 1998 par Gaston Flosse. Jacquie Graffe est également nommé représentant à l’assemblée de la Polynésie française à deux reprises entre 2001 à 2004 et depuis mai 2013.
    Diabétique depuis l’âge de 27 ans, Jacquie Graffe a manqué pour la première fois les festivités de Noël de la commune, à cause d’une opération chirurgicale. Que tout le monde se rassure, selon les informations de la mairie, le maire se porte bien et se remet tranquillement.

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