2015 rétrospective du grand Papeete – Des initiatives pour aider les jeunes et combattre l’insécurité

    lundi 4 janvier 2016


    Du fitness comme lien social

    Le sport, c’est la santé, et avec le fitness, on peut compter sur un retour de la forme olympique. Et autant dire que certains habitants de Mama’o et la Mission, à Papeete, ne s’en privent pas. Dans ces deux quartiers, deux fois par semaine, ils sont une petite trentaine à participer aux entraînements ludiques dispensés par un coach professionnel, Alexandre Dubocage.
    “La commune de Papeete a mis en place une activité fitness au sein des quartiers de la Mission et de Mama’o dans le but de poursuivre ses objectifs d’accès au sport pour tous”, explique Jean-Baptiste Raynal, chargé de développement territorial à la mairie de Papeete.

    “Je rentre dans mes chemises”

    Des mères de familles et des tane se plaisent donc à participer à ces activités sportives. Car elles leur permettent de prendre soin d’eux et de perdre éventuellement du poids, en partageant un moment de plaisir et de convivialité entre voisins. Du lien social, en fait.
    En juin dernier, à Mama’o, ils étaient une bonne douzaine, des habitués, sourire aux lèvres et tricot mouillé par l’effort. Poerani Pautu, 30 ans, fait partie des adeptes de la première heure : “J’ai commencé depuis le début, au mois de mars, et comme c’est gratuit, j’en profite. Je viens là pour me motiver à continuer à faire du sport, pour perdre du poids et avoir une bonne condition physique.” “Plus léger”, après avoir “perdu quelques kilos” et “du volume”, Poerani Pautu est surtout fier de pouvoir à nouveau entrer dans ses
    “chemises”.
    Le sport, c’est la santé, mais aussi la beauté. Pour Poerani, il n’y a pas photo : “Je me sens carrément mieux le matin depuis que je fais du fitness.” Et de conseiller aux jeunes sans emploi de les rejoindre pour deux raisons. Tout d’abord car “le fitness est un sport de salle où tu n’as pas besoin de courir, tu bouges un peu et tu le ressens”. Et puis “ça peut motiver à se bouger, ça peut être un bon début pour chercher ensuite du boulot ou trouver un métier dans le sport”.
    “D’un coût total de 360 000 F”, selon Jean-Baptiste Raynal, cette action a fait l’objet d’un cofinancement du contrat urbain de cohésion sociale (Cucs), à hauteur de 60 %, et de la mairie (40 %). Face au succès de l’opération, qui prenait fin en juillet dernier, la mairie a décidé de la renouveler.

    Le premier jardin partagé de Pirae est lancé

    Douze jeunes, issus du quartier prioritaire Tenaho et de ses environs, suivent depuis le 8 octobre une formation de neuf mois à l’agriculture afin de mettre en place les premiers jardins partagés de Pirae. Ces derniers devraient voir le jour à la maison des jeunes de Tenaho, fraîchement rénovée, sur un terrain de 1 700 m2.  Le budget est pris en charge, à parts égales, par le contrat de ville et la municipalité de Pirae. La ville a décidé de se lancer à son tour dans les jardins partagés à la demande des familles, ce qui permet aussi de redynamiser les vallées, à commencer par celle de Tenaho qui servira de test.
    En effet, en cas de succès, la commune a prévu de mettre en place d’autres jardins partagés dans d’autres vallées, notamment du côté de Val Fautaua en 2016.
    Les jardins partagés entrent dans le cadre d’un programme d’insertion professionnelle. Ainsi, une seconde action sera mise en place en novembre sur l’apiculture. Douze personnes ont été sélectionnées par la commune pour se lancer dans cette activité, en partenariat avec la société SCA Maohi apiculture. Les ruches seront installées à côté des jardins partagés de Tenaho.
    À terme, ces familles espèrent être autosuffisantes en matière de fa’a’apu et de miel.
    La commune pourra les accompagner en créant plus tard une coopérative afin de vendre le surplus de la production au marché ou à la cuisine centrale de Pirae.

    La vidéosurveillance contre les violences ?

    Deux événements particulièrement violents ont marqué l’actualité de Arue et Papeete en 2015.
    Dans la capitale, une bagarre générale entre les quartiers Estall et Paraita, à coups de poing et de pierres, a mobilisé les forces de l’ordre pendant plusieurs heures le 12 septembre. Quelques jours plus tard, le tribunal correctionnel prononçait des peines allant du travail d’intérêt général à de la prison ferme.
    Surtout, le 22 septembre, l’affaire était évoquée en conseil municipal, où les élus ont adopté à la quasi-unanimité le plan de financement de la deuxième phase d’installation de caméras de surveillance. L’opération de neuf mois coûtera plus de 10 millions de francs au total.
    Après le centre-ville, déjà équipé, le nouveau déploiement s’étendra du rond-point du Pacifique à Mama’o, en passant par la mairie et la caserne des pompiers. “Du côté de la caserne, une caméra pourra jeter un œil sur Paraita”, s’était alors réjoui Michel Buillard, le maire de la ville.
    La vidéoprotection, liberticide selon une partie des citoyens, a fait ses preuves à Arue l’année dernière. Depuis le 10 août, la ville dispose de 33 caméras (46 millions de francs dont 40 % pris en charge par l’État) qui envoient leurs images à la police municipale. “Les axes routiers, comme la route de ceinture, les routes principales de Erima, la zone publique et toutes les écoles sont balayés. L’objectif est de renforcer le dispositif de sécurité avec une présence de nos muto’i 24 h sur 24”, avait précisé le maire de Arue, Philip Schyle.
    Le 19 septembre, en marge de la marche blanche contre la violence à Papeete, un jeune de 20 ans qui se rendait à vélo chez sa petite amie a été poursuivi par un 4×4 et passé à tabac à Arue.
    Les nouvelles caméras de la ville, qui ont filmé la scène, ont aidé à retrouver les auteurs : deux d’entre eux ont été condamnés à six mois de prison ferme, le troisième à 140 heures de travail d’intérêt général.

    Plus de 400 personnes vivent dans les rues de Papeete

    La délégation de la Croix-Rouge de Polynésie française, aidée par les professionnels et bénévoles sur le terrain, a dressé en octobre dernier un premier rapport sur les personnes à la rue ou en situation d’errance dans la capitale. Plus de 400 personnes seraient concernées, dont des mineurs, des jeunes salariés, des sortants de prison et des personnes âgées.
    Deux cents vivent dans les rues de Papeete de façon permanente, 200 autres en transit. Les travailleurs sociaux ont notamment dénombré une vingtaine de mineurs âgés de 13 à 17 ans en situation d’errance permanente. La majorité des mineurs à la rue serait en décrochage scolaire, rencontrerait des problèmes au sein de leur famille ou serait en fugue de foyers d’accueil. Ils seraient très tôt confrontés à l’alcool et aux drogues, un problème partagé par la plupart des sans-abri.
    Chez les jeunes majeurs, beaucoup viendraient des îles. La situation précaire des jeunes salariés toucherait davantage les hommes que les femmes. Et si les contrats d’accès à l’emploi (CAE) redonnent le goût du travail, le mince salaire ne permet pas de se loger. Chez les sortants de prison, les hommes sont aussi plus nombreux. Beaucoup sont rejetés par leur famille, d’autres ont des problèmes psychologiques graves qui les marginalisent.
    Enfin, les personnes âgées viennent principalement des îles. Elles se retrouvent à la rue suite à un décès, à de la maltraitance ou parce qu’elles présentent des troubles psychiatriques et sont rejetées.

    Papeete

    – La capitale s’est lancée en 2015 dans la numérotation des bâtiments. Une première plaque a été posée à Papeete le 30 juillet, à l’angle de la place Notre-Dame. L’adressage a été rendu obligatoire par le code général des collectivités territoriales. Arue avait également commencé le 17 février à installer ses 1 800 plaques d’adressage.
    – En février, les squatteurs de l’immeuble Van Bastolaer, à Paraita, ont été chassés afin que débutent les travaux de réhabilitation de ce bâtiment racheté par le Pays.
    – La déconstruction de l’ancien hôpital Mamao a démarré début avril. Tahiti Nui aménagement et développement pilote le chantier qui devrait se terminer cette année.
    – La nouvelle marina du front de mer de Papeete a été inaugurée le 23 avril. Elle aura nécessité un investissement total, hors bâtiments, de près de 600 millions de francs, sur fonds propres du Port autonome de Papeete.
    – Le lycée Paul-Gauguin a inauguré mi-août son nouvel internat d’une capacité de 120 places. L’opération était inachevée depuis 2007 !
    – Des travaux critiqués de démolition du rond-point du Pacifique ont commencé fin septembre à Papeete. Le nouveau carrefour à feux tricolores devrait être inauguré cette année.
    – Pour rendre l’espace aux piétons, la mairie de Papeete a décidé en novembre dernier de verbaliser les deux-roues garés sur les trottoirs de la capitale. Face à la grogne, ses services se sont empressés de tracer de nouveaux emplacements… y compris sur les trottoirs.
    – Depuis le 7 décembre, la cathédrale de Papeete ferme ses portes en dehors des heures des offices. La décision, controversée, a été prise par père Christophe suite à l’insécurité générée autour et dans l’édifice par deux sans-abri.

    Pirae

    – Rebaptisé Ô Belvédère, le célèbre restaurant de Pirae, situé sur la route du mont Aorai, a rouvert ses portes le 26 décembre. Les nouveaux propriétaires promettent de garder les plats savoyards à la carte. Les produits locaux seront également mis à l’honneur.
    – Le 15 novembre, deux stalles de départ, achetées d’occasion en Nouvelle-Zélande, ont été testées pour la première fois à l’occasion d’une course hippique à l’hippodrome de Pirae.

    Arue

    – Depuis le 30 avril, le régiment du service militaire adapté de Polynésie française (RSMA-PF) est devenu un centre de formation préparant les jeunes au certificat de qualification professionnelle agent de prévention et de sécurité (CQP APS).
    – Le service de l’équipement a commencé, le 15 juin, à curer la rivière Pu’o’oro, située dans le quartier Formost. Un nettoyage qui a continué par le cours d’eau situé derrière le régiment d’infanterie de marine du Pacifique-Polynésie (Rimap-p), quartier Bonno. Ces travaux sont intervenus après de nombreuses plaintes de riverains suite à des inondations survenues mi-janvier.
    – Mi-octobre, l’application de messagerie mobile FireChat a fait ses premiers pas en Polynésie française, à Arue. Fonctionnant par relais de smartphone en smartphone, même en cas de coupure des réseaux Internet et téléphone, elle pourrait servir pour coordonner les secours ou communiquer des consignes à la population en cas de cyclone.
    – Une mauvaise nouvelle pour les administrés de Arue en 2016. La commune a annoncé fin octobre que les tarifs de l’eau et de la collecte des déchets ménagers augmenteraient à partir du 1er janvier. L’usager devrait désormais payer 16 F par m3 d’eau. La facture liée au ramassage des ordures progresserait, elle, de 14 % environ.

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