2015 rétrospective Presqu’île – Santé, environnement, femmes et solidarité

    mardi 5 janvier 2016


    Une année tourmentée pour l’hôpital de Taravao

    Le 8 avril, trois des quatre médecins urgentistes de l’hôpital de Taravao entraient en grève, avec pour principaux points de revendication la problématique de la permanence des soins, les week-ends et jours fériés, et au-delà de 15 h 30 en semaine, ainsi que la reconnaissance des heures supplémentaires effectuées, dont le paiement était bloqué depuis le mois d’octobre 2014.
    Plus globalement, les urgentistes concernés s’inquiétaient du devenir des urgences de Taravao, qui constituent un service de proximité pour les habitants de la Presqu’île et des districts limitrophes, totalisant près de 40 000 personnes.
    Une dizaine de jours plus tard, le dialogue était réinstauré, et la présidence annonçait par voie de communiqué qu’un protocole d’accord avait été signé par Patrick Howell, ministre de la Santé, et Patrick Galenon,secrétaire général de la CSTP-FO.
    Mais le calme fut de courte durée… Le 9 juin, les urgences étaient à nouveau dans un état critique. Pour faire face à un manque de personnel, la direction de la santé avait en effet pris la décision de ne plus proposer de médecine d’urgence à l’hôpital de Taravao de 7 heures à 15 h 30. Le résultat ne s’est pas fait attendre : dans une lettre ouverte en date du 25 juin, adressée au président du Pays, le secrétaire général de la CSTP-FO dénonçait un “déni de santé publique”. Le ministre de la Santé s’était alors rendu au chevet de l’hôpital, apportant son soutien au service des urgences, et plus largement à l’ensemble du personnel, particulièrement éprouvé.
    Une certaine sérénité avait pu être rétablie, confortée par l’annonce du recrutement d’un urgentiste en fin d’année après le départ de l’un d’entre eux, et de l’ouverture budgétaire d’un cinquième poste, dès janvier 2016. À noter, par ailleurs, que Marie-Pierre Tefaafana
    a été nommée directrice de l’établissement début décembre, après plusieurs mois d’intérim.

    A.-C.B.

    Le rahui de Teahupo’o enfin balisé

    La commune de Taiarapu-Ouest s’était engagée depuis 2008 en faveur du classement d’une partie de l’aire marine du Fenua ‘aihere. La zone concernée, définie par l’arrêté du 6 juin 2014, s’étend sur 767 hectares. Un plan de gestion y interdit la baignade, l’ancrage et la pêche, en vue de favoriser la préservation de la biodiversité, et ce pour trois ans renouvelables. La mise en place tant attendue de six balises, début juin – soit un an jour pour jour après le classement de la zone –, permet désormais de délimiter le rahui, officialisant clairement la réglementation.
    Le remorquage en immersion, au moyen d’un chameau de relevage, de quatre blocs de béton de deux tonnes chacun aura été nécessaire à l’installation des balises maritimes, à laquelle s’ajoute l’implantation de deux balises terrestres.
    Pour Gérard Parker, maire délégué de Teahupo’o et président du comité de gestion, la mise en place de cette signalisation symbolisait un aboutissement. Pour autant, il mettait en évidence la nécessité de constituer un comité de surveillance et de recensement, afin d’assurer la protection de la zone, mais également de suivre de près l’évolution des espèces marines.
    Par ailleurs, si l’information reste une priorité dans le cadre de ce dispositif, l’élu ne man-quait pas de souligner que la police municipale et la gendarmerie avaient la possibilité d’intervenir en cas de faute majeure. “Le vrai but, c’est de préserver l’avenir de nos enfants”, insistait-il.

     

    Un réseau de relais, en soutien à Vahine Orama Tahiti Iti

    Début juin, une vingtaine de référents des communes de Taiarapu-Est et de Taiarapu-Ouest étaient réunis à la mairie de Taravao, autour du projet de lutte contre les violences conjugales mené par l’association Vahine Orama no Moorea, intitulé “Embrasse-moi si tu m’aimes”. Ce projet, cofinancé par l’État et le Fonds d’expérimentation pour la jeunesse, s’est concrétisé localement par deux sessions de formation, organisées sur plusieurs jours en octobre et novembre. Alternant connaissances théoriques et exercices pratiques, cette préparation avait pour objectif de mettre toutes les cartes entre les mains des référents volontaires, afin d’optimiser la prise en charge des victimes, toujours trop nombreuses. Vahine Orama Tahiti Iti a ainsi enregistré 119 interventions de janvier à septembre 2015 sur le secteur de la Presqu’île – au sens large.
    Pour Marie-Noëlle Epetahui, présidente de l’association, habituée à intervenir seule malgré le soutien de quelques partenaires privilégiés, la constitution de ce réseau de solidarité a été vécu comme un soulagement. “Cela fait des années que je suis sur le terrain, et je suis très contente, aujourd’hui, d’avoir autant de personnes autour de moi pour venir en aide aux victimes”, confiait-elle à l’issue de la seconde session de formation. Pour autant, Marie-Noëlle Epetahui n’oublie pas qu’un travail d’information et de sensibilisation doit être mené en amont, pour tenter de prévenir la violence. Dans cette optique, une manifestation était organisée au lendemain de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 28 novembre, à la mairie de Taravao. Une façon, pour l’association, de montrer qu’elle est plus que jamais présente sur le terrain.

    714 enfants accueillis à Puunui, pour la 23e édition de la Saga

    Du 28 juin au 2 août, la Presqu’île a vécu au rythme de la Saga. Pour la troisième fois en vingt-trois ans, les embarcations plus ou moins grandes et complexes à manœuvrer de l’école de voile de Arue avaient investi le cadre privilégié de la marina de Puunui, à Toahotu. Au total, ce ne sont pas moins de 714 enfants âgés de 7 à 18 ans, généralement issus de familles modestes, qui ont pu goûter aux joies de la navigation.
    Comme chaque année, l’opération était ouverte aux enfants handicapés, ainsi qu’aux jeunes résidents des îles et des archipels éloignés. Nombre d’entre eux ont pu profiter de la générosité de 55 familles qui n’ont pas manqué de les accueillir les bras – et le cœur – grands ouverts. Aujourd’hui encore, quelques drapeaux roses numérotés, emblèmes des familles d’accueil, jalonnent les routes de la Presqu’île, témoignant d’une certaine nostalgie.
    Au contact des moniteurs et de leurs camarades, à coup sûr, les enfants sortent visiblement grandis de cette aventure, dont le succès se renforce d’année en année. Malgré tout, la Saga n’aurait jamais été aussi conditionnée par des questions d’ordre financier. “On a de moins en moins de moyens et en même temps, il y a de plus en plus d’enfants dans le besoin”, confiait Henri Cornette de Saint-Cyr, dit “Doudou”, au terme de cette 23e édition. Le fondateur de la Saga et directeur de l’école de voile de Arue ne s’autorisait pourtant pas une seule seconde à baisser les bras.

    De Vairao à Hawaii : hommage à Jacques Faraire, dit “Camion”

    Le 28 février, une centaine de personnes était réunie sur le quai de la marina de Vairao pour rendre un dernier hommage à Jacques Faraire, surfeur émérite, décédé quelques jours plus tôt. À l’initiative du Vairao Surf Club, amis et sportifs s’étaient rassemblés autour de la famille de celui qu’on surnommait “Camion”, n’hésitant pas à s’élancer vers les plus grosses vagues de Vairao et de Teahupo’o. Tandis qu’un cercle de l’amitié était formé à Vairao, au même moment, une soixantaine de surfeurs étaient réunis autour de Kaiwa, le neveu de Jacques Faraire, à Hawaii.

     

    Entrée en crue de la rivière Vaipohe

    Le 27 mars, la rivière Vaipohe (“eau morte”) est soudainement sortie de son sommeil, à la hauteur du PK 9,2, à Vairao, rendant la circulation momentanément impossible. Suite aux intempéries, et en raison d’une impressionnante accumulation de troncs d’arbres, le passage sous le pont s’était retrouvé bloqué, entraînant le débordement de la rivière. Dans le voisinage immédiat du cours d’eau, d’importants dégâts matériels étaient à déplorer – une maison et un jardin dévastés, côté mer, un portail arraché et une clôture effondrée, côté montagne –, suscitant un vif mécontentement de la part des riverains concernés.

     

    Heru Shan Hang élue Purotu Tahiti Iti, puis Miss Heiva 2015

    Le 11 avril, au terme de plusieurs semaines de préparation intensive, les cinq candidates de la première édition de l’élection Purotu Tahiti Iti ont rivalisé de grâce et de beauté sur la scène du marché de Taravao, sous le regard de près d’un millier de spectateurs et d’un jury prestigieux. Après un show de qualité, c’est finalement Heru Shan Hang qui remporte le titre, lui permettant de représenter la Presqu’île à l’élection Miss Tahiti, deux mois plus tard, où elle sera élue Miss Heiva 2015.

     

    Les Intercommunales organisées successivement à Taiarapu-Est et à Taiarapu-Ouest

    La onzième édition des rencontres intercommunales était organisée à Tautira, au cours du premier long week-end du mois de mai. Le relais a été passé quelques mois plus tard à Vairao, pour la douzième édition, qui s’est tenue fin novembre. À deux reprises, ce sont donc plusieurs centaines d’agents des communes de Tahiti et Moorea qui se sont réunies à la Presqu’île pour participer à une multitude d’activités sportives et culturelles, mais surtout amicales. Si Mahina est sorti vainqueur de la première rencontre de l’année, c’est Teva i Uta qui l’a emporté lors de la dernière édition.

     

    Une pétition en ligne pour dire “Non au barrage hydroélectrique à Vai’iha”

    Le 31 mai, Dany Pittman, membre de l’association Taatiraa o te Mau Fatu Fenua no te Faa no Papeiha Vai’iha – dont elle est la présidente depuis le mois d’octobre –, publiait une pétition en ligne, en faveur de la préservation de la vallée et de la rivière du même nom, à Faaone. Inscrivant sa démarche dans le cadre des Journées mondiales de l’environnement, la résidente et résistante lançait ainsi un appel au secours, directement adressé au président du Pays ainsi qu’au haut-commissaire, afin de sensibiliser l’opinion publique sur le sujet. Dany Pittman s’oppose depuis plus de dix ans au projet de barrage hydroélectrique ; une position renforcée par une évaluation écologique menée en 2007, révélant la présence de plusieurs espèces végétales et animales protégées. À ce jour, la pétition totalise plus de 600 signatures.

     

    Inauguration de la nouvelle vague du PK 0

    Le 30 juillet, après plusieurs semaines de travaux et à la veille du coup d’envoi de la 15e édition de la Billabong Pro Tahiti, la stèle du PK 0, à Teahupo’o, a été inaugurée en présence du président du Pays et d’une partie des membres du gouvernement. L’œuvre, signée Gregorio Pordea, propose aux visiteurs de prendre place sur une planche de surf, dans le creux de la vague mythique, le temps d’une photo. Afin de renforcer l’attractivité du site, le service du tourisme avait ainsi procédé à divers aménagements en termes d’embellissement et de fonctionnalité, du PK 0 jusqu’à la pointe Fare Mahora, pour un montant total de 20 millions de francs.

     

    Ouverture d’une déchèterie communale, à Taiarapu-Est

    Depuis le 1er septembre, le dépôt de déchets verts et d’encombrants en bord de route est interdit à Taiarapu-Est. En marge de cette interdiction et d’un ramassage à domicile désormais facturé, une déchèterie communale avait ouvert ses portes dans la foulée, afin d’offrir une solution concrète et gratuite aux administrés. Situé à proximité des ateliers relais, à Afaahiti, le nouveau centre de tri dispose d’une dizaine de casiers, acceptant la plupart des déchets. Pour les élus de la commune, de même que pour les jeunes volontaires en service civique, mobilisés en faveur de l’environnement pendant huit mois, cette initiative était une nouvelle fois l’occasion de lancer un appel au civisme.

     

    Le plateau de Taravao devient le premier réseau de la Presqu’île alimenté en eau potable

    La station de chloration de la source Van Bastolaer a été mise en service le 29 octobre. Des tests réguliers ont depuis confirmé la potabilité de l’eau sur le réseau du plateau de Taravao, incluant notamment l’Institut d’insertion médico-éducatif, le fare matahiapo, l’hôpital, ainsi que les écoles Ohi Tei-Tei et Hei Tama Here. Il s’agit d’une première à l’échelle de la commune de Taiarapu-Est, et plus largement de la Presqu’île. La potabilisation de l’eau dans le centre-ville de Taravao est attendue dans le courant de l’année 2016, et devrait être étendue à la majeure partie de la commune de Taiarapu-Est d’ici 2020, pour un investissement total de 5 milliards de francs.

    Fab. 2016-01-06 02:30:00
    Il y a 3 points qui m'interpellent.
    - Le premier point c'est la santé de l'hôpital ou du dispensaire de TARAVAO auquel il faudrait une stabilité et sûrement une modernisation dans les années à venir pour une population de la presqu'île en constante augmentation.
    - Le second point c'est la déchèterie communale gratuite mis à disposition aux administrés, qui est une très bonne initiative, mais faudrait-il que la population en soit bien informée.
    - Le troisième point concerne l'eau potable qui est un élément vital et très important pour la santé de la population notamment pour les nourrissons.
    Je pense très sincèrement qu'avec les trois points que sont l'hôpital, la déchèterie, l'eau potable et avec une population bien informée, le projet d'un hub de pêche à FARATEA entre la ville de TARAVAO et celle de FAAONE et avec ce que tout cela peu comporter pourrait dans l'avenir voir le jour.
    En deux mots et selon l'expression bien connu de tous, pour que cela avance, il ne faut jamais mettre la charrue devant les boeux.
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete