264 millions pour le golf de Moorea

    lundi 26 octobre 2015

    En redressement depuis février, le golf de Moorea devait être sauvé par Paradise Parks, dont le plan de continuation avait été validé par le tribunal de commerce.  Pourtant, quelques semaines plus tard, les banques créancières du golf refusaient ce plan, et le 28 septembre, la Socredo déposait sa propre offre de reprise.  Jean-Louis Grégori, promoteur du golf, parle de “véritable hold-up”.

    La saga du golf de Temae à Moorea est – peut-être – sur le point de se conclure aujourd’hui, sauf appel de la South Pacific Golf and Resort Development (SPGRD) fondée et dirigée par Jean-Louis Grégori. Le plan de cession de la SPGRD (au profit de la société Océanienne de développement touristique (ODT)) a en effet été présenté le 28 septembre 2015. La Dépêche a pu prendre connaissance de ce document. Cette société, créée pour l’occasion et actuellement en cours de formation, se propose de racheter le golf pour la somme de 264 millions de francs, très en deçà de l’estimation des experts, qui avaient évalué l’actif à 1,2 milliard de francs, sans compter la valeur des terrains situés autour du golf, estimée à 2,147 milliards de francs et les travaux effectués qui s’élèvent à plus de 3 milliards. ODT est une filiale à 100 % de l’Océanienne de capital investissement (OCI), une holding de participation, elle-même filiale à 100 % de la Socredo. La Socredo fait partie des créanciers de la SPGRD qui doit 834 millions de francs aux banques. La banque au ‘uru ainsi que la Banque de Tahiti avaient indiqué dès le début du mois de septembre leur refus du plan de continuation, pourtant validé par le tribunal de commerce en juillet, et financé par les investisseurs mexicains de Paradise Parks, avec qui Jean-Louis Grégori avait signé un accord au mois de mai.

    Des investissements obligatoires pour relancer l’activité

    Le plan de la Socredo envisage deux entités juridiques distinctes. La première – ODT donc – serait propriétaire de l’ensemble des actifs, tandis que la seconde – la SARL Faahotu ia Temae –  assurerait la gestion du golf et du club house. Ces deux entités restent à créer.   Compte tenu de la vétusté du matériel, acquis il y a plus de dix ans, ODT devrait prévoir des investissements visant à
    son renouvellement. Ceux-ci devraient concerner en priorité le matériel d’entretien du golf, des travaux sur le parcours et la rénovation du club house. Le montant estimé de l’investissement, selon ODT, est au minimum de 200 millions de francs.
    Le chiffre d’affaires attendu pour l’exercice 2017 est de l’ordre de 100 millions de francs, soit le montant approchant celui constaté au début de l’exploitation du golf. Le plan de développement de la SARL Faahotu ia Temae prévoit qu’en parallèle de la clientèle locale, la clientèle internationale soit également démarchée afin de cibler le tourisme sportif. Des packages incluant le transport aérien, l’hébergement et les activités combinant golf et plongée, pourraient par exemple être proposés aux visiteurs. Au-delà du golf de Temae, les responsables espèrent que ces actions auront des retombées économiques sur l’ensemble de l’île de Moorea. Concernant le club house, il est prévu de réaliser des travaux d’amélioration du bâtiment afin de capter les non-golfeurs, et notamment la clientèle d’affaires.

    Un projet hôtelier indispensable

    Comme dans l’offre présentée par Paradise Parks, la société des investisseurs mexicains qui est également sur les rangs, l’objectif de l’opération vise à assurer sa pérennité et sa préservation, tout comme la poursuite de l’exploitation, le développement et la mise en œuvre du potentiel présenté, notamment avec la création d’un “resort”, éventuellement doublée d’un projet immobilier. En effet, tous les candidats à la reprise sont d’accord pour dire que l’exploitation du golf seul, sans inscription dans la perspective d’un projet hôtelier voire immobilier plus vaste, serait vouée à l’échec.
    Quelle que soit l’offre de reprise choisie, il semblerait qu’il reste, malgré un jugement de 2010 favorable à la SPGRD, un contentieux sur les terrains vendus aux sociétés Antipodes HGT et Antipodes Golf et ceux appartenant à la SNC Moorea Temae. À défaut de transfert de l’intégralité des terrains concernés, au plus tard au jour du jugement d’homologation du plan de cession présenté, les repreneurs ont inclus une clause d’annulation au plan de cession de la SPGRD.

    Pascal Martin

     

    Le golf de Temae n’était pas viable sans la construction d’un hôtel

    Huit ans après son ouverture, le sort du golf de Temae semble être sur le point d’être scellé par une décision de justice. Il faut dire que rien ne s’est passé comme son promoteur, Jean-Louis Grégori, l’avait prévu. Le plan de développement prévoyait en effet qu’un hôtel cinq étoiles de style polynésien, d’une capacité de 150 chambres, soit également construit sur le site du golf, ainsi qu’un spa et un centre de fitness. Mais la crise financière mondiale de 2008 est également passée par Moorea, ajournant les projets, et la trésorerie du golf s’est rapidement dégradée au point que le tribunal de commerce de Papeete a prononcé un redressement judiciaire. La poursuite de l’activité avait été néanmoins autorisée depuis le mois de juillet par l’homologation du plan de continuation.

    Jean-Louis Grégori, président de la SAS SPGRD : “Le gouvernement actuel et les banques ont employé une méthode de voyou”

    “La valeur de rachat de 264 millions de francs proposé par ODT est un véritable scandale. Le golf a déjà coûté 2 milliards de francs rien que pour sa construction avec une expertise se montant à 5,8 milliards pour l’ensemble, soit les terrains plus le golf. Si l’on se réfère aux 47 hectares constructibles en dehors du golf cela revient à 264 F le m2, soit très en deçà des 21 000 F du m2 pour le rachat de l’ancien Club Méditerranée. C’est un scandale au regard des règles du tribunal de commerce qui interdisent de céder un bien à vil prix, ce qui est le cas en l’occurrence. Je subis un véritable hold-up sur ce projet, j’ai injecté 2,5 milliards sur mes propres fonds, et aujourd’hui, les banques, après avoir manœuvré pour m’empêcher de me développer et de vendre mes terrains, s’accaparent pour la somme de 264 millions un bien estimé à 5,8 milliards de francs par un expert auprès de la cour d’appel. C’est évident qu’il y a eu une collusion entre les banques pour me spolier. Nous avons montré au tribunal de commerce six points qui empêchent légalement la cession de la SAS SPGRD, mais cela n’a pas été pris en compte. Je suis l’un des rares investisseurs venus de métropole en 1999 pour développer l’activité du pays, et voilà où j’en suis aujourd’hui. Le gouvernement actuel et les banques ont employé une méthode de voyou pour ne payer que 5 % de la valeur réelle du bien qu’ils vont s’accaparer.
    Lorsque la décision du tribunal de commerce sera officielle, nous interjetterons un appel en nullité pour non-respect de la loi ainsi qu’un sursis à exécution. J’ai en effet une offre d’un investisseur qui souhaite acheter une quinzaine de golfs dans le monde et qui est intéressé par celui de Temae. J’ai transmis cette lettre d’intention au tribunal de commerce qui l’a refusée.”

     

    jojo 2015-10-27 04:59:00
    Super calcul ingénieux de la banque socredo ,acheter le golf à 264 millions cfp et le revendre 5 ,10 ou 20 plus cher!
    jojo 2015-10-27 04:56:00
    Bravo la Banque Socredo !Aucun scrupule.Apres l'exploitation des clients par la pratique des tarifs bancaires douteux ,place
    à l'exploitation des créanciers par des raisonnements douteux!
    Pas étonnant qu'on voit la jeunesse polynésienne sans repères,sans valeurs et l'augmentation de la délinquance avec l'exemple
    qu'on leur donne dans le fenua!
    MOOREA56 2015-10-26 21:34:00
    Dossier super bien monté afin de récupérer pour un Franc symbolique ......
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