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275 918 habitants et un jeune adulte sur dix qui quitte le pays

vendredi 30 novembre 2018

YR Recensement 3

Le solde naturel (différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès s’est réduit) et le solde migratoire s’est également réduit mais demeure négatif (plus de sortants que d’entrants dans le territoire).

 

Nous sommes 275 918 habitants. C’est le résultat du recensement de la population mené en août 2017 pendant quatre semaines. Les premiers résultats de cette vaste opération, menée tous les cinq ans, sont tombés. Hier, l’institut de la statistique (ISPF) les a présentés. En cinq ans, la population a augmenté de 1 500 personnes par an. Le rythme s’est ralenti par rapport à la période quinquennale précédente. L’excédent des naissances sur les décès est le “seul” moteur de cette croissance, souligne l’ISPF, car les départs sont toujours plus importants que les arrivées, même si la tendance se calme. Concernant les départs, cela représente un jeune sur dix qui quitte le Pays. Enfin, seulement 44 % des plus de 15 ans déclarent occuper un emploi. Morceaux choisis.

 

 

YR Recensement 1

Les communes de Mataiea et de Teahupoo ont connu une croissance marquée de leur population entre 2012 et 2017.


La concentration se poursuit dans les îles du Vent

Dans les îles du Vent, la population augmente de 3,2 % en cinq ans pour atteindre 207 330 résidents en 2017. Les trois quarts de la population y vivent. Les communes de Teva i Uta, Taiarapu-Ouest et Arue sont les plus dynamiques. Entre 2012 et 2017, la croissance de la population est plus marquée dans la zone rurale de Tahiti que dans la zone urbaine (+4,7 % contre +2,2 %). A Teva i Uta, c’est le bond le plus important avec +9,1 %. Taiarapu-Ouest est juste derrière avec +5,7 %.

Dans le même temps, aux îles Sous-le-Vent, la population augmente de 2,2 % en cinq ans pour atteindre 35 390 résidents, confirmant le ralentissement démographique de cette zone (+ 4,2 % entre 2007 et 2012). Aux Marquises, la population atteint 9 350 habitants. Depuis 2012, elle a progressé de seulement 0,9 %.

Aux Australes et aux Tuamotu-Gambier, la population augmente respectivement de 1,8 % et 1,3 %.

 

 

Le vieillissement de la population s’accélère

Depuis 1988, le solde naturel (naissances par rapport aux décès) baisse. La fécondité atteint désormais 1,8 enfant par femme (contre 2,1 en 2012). C’est plus faible que dans l’Hexagone. Se conjugue à cela le solde migratoire, déficitaire (mais moins qu’en 2012. Entre 2012 et 2017, 17 500 personnes ont quitté le fenua. Un quart d’entre eux sont des jeunes entre 18 et 25 ans. Autrement dit, un jeune adulte sur dix quitte le territoire chaque année.

Les îles du Vent sont les plus touchées par ces départs (la moitié) suivies des îles Sous-le-Vent (un quart).

 

YR Recensement 2

Ce sont les personnes ayant entre 30 et 54 ans qui déclarent le plus être en situation d’emploi.


Le taux d’emploi a un niveau faible, mais la part des cadres natifs en hausse

En 2017, comme en 2012, 44 % des 15 ans ou plus déclarent occuper un emploi. Soit 93 500 personnes. Dans l’Hexagone, ce taux est de 63 % (en 2015). Ce taux est maximal entre 35 et 50 ans (66 %) et diminue fortement après 60 ans (21 % pour les 60-64 ans).

On notera aussi que les hommes sont nettement plus en situation d’emploi que les femmes (49 % contre 38 %). Enfin, l’analyse des données fait ressortir le fait que la part des cadres nés en Polynésie a augmenté et atteint désormais la moitié des cadres.

Le diplôme est sans surprise un passeport pour l’emploi. Les sans diplôme se disant en emploi sont 29 %. Ce taux monte à 55 % avec un bac en poche. Il atteint 75 % avec un diplôme supérieur.

 

 

 

Des résultats qui servent « à toutes les politiques locales, en particulier d’aménagement »

Fabien Breuilh, directeur de l’ISPF

 

On note dans les résultats du recensement que bon nombre de personnes continuent de quitter le territoire même si la tendance s’atténue. Qu’en est-il ?

17 500 personnes ont quitté la Polynésie entre 2012 et 2017. Parallèlement, entre 2012 et 2017, 12 000 personnes sont arrivées. On a un solde négatif de 1 100 départs par an. Ce qui fait 5 500 départs sur cinq ans. Ces arrivées sont principalement le fait de Français du territoire français métropolitain ou ultramarin pour presque 90 %. Donc, il y a 10 % d’étrangers sur ces arrivées. Lesquelles se font principalement sur les îles du Vent ; à 80 %.

Au niveau des arrivées, il y en a 2 000 qui sont des natifs polynésiens, parmi lesquels un tiers était diplômé du supérieur avec un âge entre 17 et 40 ans. Potentiellement, il s’agit d’un retour au fenua. Et la plupart de ces individus sont ici en emploi.

Les départs demeurent supérieurs aux entrants, mais moins qu’il y a quelques années. Cette tendance peut-elle être mise en parallèle avec la santé économique du pays ?

Effectivement, on pourrait penser que l’accélération des départs entre 2007 et 2012 (ils avaient doublé par rapport à 2002-2007) ait un lien avec les difficultés économiques liées à la crise qu’a subie la Polynésie française. (…) Ce qu’on sait, c’est que le marché du travail se redresse. Il est probable qu’un certain nombre d’arrivées ait été augmenté par l’amélioration des conditions d’accueil sur le marché du travail.

 

À quoi et à qui servent ces chiffres du recensement, désormais ?

Le recensement est une opération régalienne, financée par l’État, qui vise à première vue à servir l’administration du territoire. Le détail des thématiques examinées dans le recensement sert à toutes les politiques locales, en particulier d’aménagement. Les communes sont extrêmement demandeuses d’informations disponibles sur tout ce qui est aménagement. Il y a aussi toute la sphère sociale traitée par le passé, avec les problématiques de l’emploi qui seront traitées par la nouvelle enquête que l’institut s’est engagé à mener. (…) La statistique sert à faire fonctionner la démocratie, et s’adresse donc aux acteurs publics, privés, les Polynésiens.

 

 

Les acteurs publics sont-ils très demandeurs de ces infos ?

Ils sont extrêmement attentifs aux résultats produits. Et cela explique l’engagement pris de remettre la statistique sociale sur la route, avec l’enquête emploi qui devrait bientôt permettre d’améliorer la compréhension. Et les politiques publiques. (…) Il y a une volonté de comprendre pour mieux agir.

 

 

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