Un 2e câble, des formations et un plan de séduction pour start-up étrangères

    vendredi 17 juin 2016

    1 ( crédit présidence)

    Hier, les participants à l’Observatoire de l’économie numérique (Oden) ont présenté, au ministre de la Relance économique, la restitution de leurs travaux menés depuis l’année dernière.

    Jeudi avait lieu  la restitution  des travaux des participants à l’Observatoire  de l’économie numérique. À cette occasion,
    de nombreuses recommandations ont  été faites par les différents acteurs de cette économie.  La nécessité  d’un deuxième câble  de communication  au fenua, le développement des formations, la mise  en place d’infrastructures pour séduire les start-up étrangères, l’accès  au Wi-Fi dans les lieux publics ou encore  le développement  de l’e-commerce au fenua étaient au cœur du débat.

     

    Hier, les participants à l’Observatoire de l’économie numérique (Oden) ont présenté au ministre de la Relance économique Teva Rohfritsch, la restitution de leurs travaux menés depuis 2015.
    Ceux-ci portaient sur quatre points : l’accès au numérique et usages, le  développement des contenus et des entreprises, les infrastructures et les compétences et enfin le e-service public.  Au cours de cette entrevue, plusieurs recommandations ont été évoquées.

    > Trois câbles  pour le fenua
    La mise en place d’un deuxième câble de communication sous-marin en Polynésie française était sur toutes les lèvres.
    Pour les professionnels du numérique, ce deuxième câble est aujourd’hui “indispensable”, que ce soit pour faire venir les investisseurs étrangers au fenua, mais aussi pour permettre le développement de l’usage numérique sur le territoire.
    D’ailleurs, pour eux, ce ne sont pas deux, mais trois câbles qui sont nécessaires pour créer ce qu’ils appellent “le triangle polynésien du numérique”, qui permettrait de relier la Polynésie française à l’Amérique du Sud, à la Nouvelle-Zélande et à Hawaii.
    Teva Rohfritsch a assuré qu’un second câble était bien d’actualité et qu’il verrait le jour.
    Un second câble oui, mais à la condition qu’il y ait des projets derrière et qu’il ne soit pas juste “une histoire de confort pour surfer plus aisément sur Internet, mais qu’il permette de générer des activités économiques, créatrices d’emplois, qui serviront de bases pour refonder notre économie”.

    > Revoir et développer la formation  au numérique
    Autre point évoqué à plusieurs reprises : la formation au numérique. Aujourd’hui, selon les professionnels du secteur, il semblerait que la carte des formations proposées sur le territoire ne soit pas en adéquation avec les besoins du marché local.
    Pour eux, il est nécessaire que les besoins des entreprises locales soient recensés pour réaménager les filières existantes et pour développer l’emploi numérique.
    “Il y a un manque d’employabilité dans le domaine du numérique, alors qu’on a des filières de formation dans ce domaine”, constatent les acteurs du numérique.
    Ces filières doivent permettre aux jeunes d’acquérir un niveau d’excellence dans le domaine du numérique, sans qu’ils aient à quitter le territoire, afin de répondre aux besoins des entreprises locales mais aussi des entreprises étrangères, qui souhaiteraient s’installer au fenua.

    > Attirer les start-up  et autres investisseurs
    “Inciter les start-up et autres investisseurs à venir s’installer au fenua”. Voilà un autre sujet qui a beaucoup fait parler, hier matin.
    Entre la mer, le lagon et une nature riche et foisonnante, la Polynésie offre un “cadre de vie remarquable”.
    Un atout imparable pour séduire tous ces ingénieurs de l’informatique qui officient à travers le monde… reste à leur offrir un accès très haut débit pour leur permettre de travailler à distance sans encombre.

     
    “Il y a des ingénieurs, mordus de surf, qu’on pourrait faire venir ici. Il faudrait par exemple imaginer un bâtiment connecté juste en face de la vague de Teahupo’o. Comme ça, ces gens-là pourraient allier leur travail à leur passion”, a proposé l’un des participants. Des solutions envisageables qui pourraient permettre également de dynamiser fortement certaines zones qui ne le sont pas ou peu aujourd’hui.
    Par ailleurs, les professionnels n’ont pas manqué d’évoquer la nécessité de mettre en place un incubateur ou une pépinière d’entreprises dans le domaine du numérique.

     
    Dans ce contexte, le Pays s’engage à fournir le foncier et le mobilier nécessaire à la réalisation de tels projets.
    Des bornes Wi-Fi, installées dans des lieux publics clés (hôtels, aéroport, Port autonome…) pour répondre à la demande des touristes, une administration plus moderne, pour faciliter la vie des entrepreneurs et des usagers en général et le développement nécessaire de l’e-commerce  au fenua ont également été
    débattus.

    É.P.

     

    Teva Rohfritsch, ministre de la Relance économique, a prévu un budget de 50 millions de francs pour “l’aide à la connexion des petites entreprises”.
    “Il s’agit de fournir un kit de connexion aux entreprises qui se créent. Car bien souvent, ce n’est pas le reflex de l’entrepreneur, lorsqu’il se lance”, explique le ministre.
    Ce kit, cofinancé par le Pays et les opérateurs, permettra de fournir à l’entrepreneur les outils informatiques nécessaires, la bonne connexion et pourquoi pas des zones de stockage de données.

     

    Des budgets prévus pour le développement du numérique

     

    D’autres dispositions ont été prises au niveau du ministère en charge de la Relance économique : “Plus de 200 millions de francs sont prévus pour l’immobilier en entreprise en général, mais je souhaite consacrer une enveloppe à l’immobilier d’entreprise numérique.”
    Pour inciter fiscalement ceux qui ont de l’argent à investir, parfois à perte, dans des projets numériques, le ministre pense mettre en place un système de défiscalisation : avec un allégement d’impôt, dont une quote-part serait consacrée à l’investissement dans le numérique.
    “Nous avons dans l’idée de monter une plateforme de financement avec les grandes entreprises, mais pour cela, il faut qu’on soit incitatif fiscalement”, a-t-il expliqué.

     

    Revoir le code du service  des postes devient une urgence

     

    Hier, les participants à l’Observatoire de l’économie numérique (Oden) ont interpellé le ministre sur l’urgence de finaliser la réécriture du code du service des postes. “Le numérique se développe très vite, donc il nous faut nous aussi aller vite ! On attend la signature électronique, la lettre recommandée électronique, une adaptation claire sur le transport de données à l’extérieur… La réalité aujourd’hui, c’est que les usages ont déjà dépassé le code. On souhaite plus d’interaction avec la direction générale de l’économie numérique (DGEN) sur l’écriture du texte, car jusqu’à maintenant, on a l’impression de ne pas avoir été concerté. On craint que cette réécriture ne concerne que des choses qui soient déjà actées alors qu’il faudrait peut-être anticiper les avancées numériques”, ont expliqué les acteurs de l’économie numérique.

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