35 000 morses échoués sur une plage en Alaska

    vendredi 3 octobre 2014

    Un record de 35 000 morses se sont échoués sur une plage d’Alaska, poussés par la fonte de la banquise où ils vivent habituellement, alertant le monde une fois de plus sur les conséquences du réchauffement climatique.
    Sur des photos aériennes spectaculaires, des milliers de ces gros mammifères marins bruns, reconnaissables à leurs défenses et à leur moustache drue, sont serrés les uns contre les autres, évoquant une immense fourmilière, sur une plage proche de Point Lay en Alaska.
    Lors d’une surveillance aérienne le 27 septembre, les scientifiques de l’USGS, l’agence américaine de recherche sur l’environnement, a repéré ce vaste banc de morses échoués, évalué à environ 35 000, un record.
    D’après Chadwick Jay, chercheur à l’USGS, c’est « vraiment une conséquence du réchauffement climatique » et de la « diminution de la banquise » dans l’océan Arctique à la fin de l’été.
    Les morses, de massifs pinnipèdes pouvant peser jusqu’à deux tonnes, voient leur population menacée dans le nord du Pacifique. Ils ont longtemps été décimés par les chasseurs de défenses. Leur traque à but commercial est désormais interdite.
    Ils vivent habituellement en petits groupes en eaux peu profondes, se prélassant sur la glace, d’où ils peuvent facilement plonger pour pêcher des mollusques.
    Avec la disparition de la banquise, ils ont trouvé refuge sur la terre ferme.
    « Les morses restaient habituellement hors des côtes. Depuis dix ans, nous observons des changements drastiques, avec la fonte totale de la glace dans la mer de Tchouktches, pendant des semaines voire des mois à la fin de l’été », a commenté Joel Garlich, de l’USFWS, l’organisme de préservation des animaux sauvages, lors d’une conférence de presse mercredi.
     

    Mobilisation à Point Lay

     
    Ces changements « devraient persister » et créent des « dangers de mortalité accrue à cause des mouvements de masse et des risques d’écrasements ». Les experts de l’USGS ont ainsi déjà remarqué plusieurs dizaines de morses morts sur la plage d’Alaska.
    Si les scientifiques ne savent pas encore si ce changement d’habitat des morses peut avoir un impact sur leur mortalité, ils estiment que les bébés morses sont plus fragiles sur la terre ferme.
    En outre, ces animaux se fatiguent plus à chercher des proies depuis la terre ferme.
    D’autres espèces ont également vu leur mode de vie perturbé par la fonte des glaces, comme les ours, également en plus grand nombre sur la terre ferme que d’ordinaire, ou à l’inverse une disparition des baleines grises de la région. 
    Pour tenter de protéger au maximum les morses, les autorités et communautés de Point Lay se sont mobilisées.
    « Nous avons travaillé avec les transporteurs aériens locaux et avec la FAA », l’autorité américaine de l’aviation, « pour distribuer des directives de vol sur la région », et il a été demandé aux pilotes de ne pas voler trop bas afin de ne pas effrayer les animaux et de ne pas entraîner de bousculades.
    L’organisme américain de protection de la faune (Fish and wildlife service) a publié une recommandation reçue jeudi par l’AFP qui rappelle aux pilotes que « déranger les morses est illégal » et que « les bousculades dues au bruit » sont l’une des « plus fortes causes de mortalité des morses du Pacifique ».
    « Les gens de Point Lay évitent de faire du bateau trop près du rivage, ils ont changé leurs pratiques de pêche », ont détaillé les experts de l’USGS. Ces efforts ont pour l’instant « bien fonctionné ». 
    Ce coup de projecteur sur les morses et leurs mœurs intervient alors que ces pinnipèdes sont à l’affiche dans les cinémas américains grâce au film « Tusk » (défense), avec Johnny Depp, un thriller au comique absurde sur un tueur en série qui transforme ses proies en morse.
    En attendant l’hiver et la reconstitution de la banquise, ces milliers de morses échoués n’ont plus qu’à fredonner la chanson des Beatles « I am the walrus » : « Je suis lui, il est toi, tu es moi, et nous sommes tous ensemble (…) Je pleure ».

    AFP

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