50 ans que les Îles Cook sont en libre association avec la Nouvelle-Zélande, ça veut dire quoi ?

    jeudi 23 juillet 2015

    C’est un Te Maeva Nui particulier qui s’ouvre aujourd’hui aux Îles Cook. Pendant deux semaines, le festival annuel va réunir tout le pays pour célébrer le 50ème anniversaire de sa constitution.
    Protectorat britannique, puis colonie de la Nouvelle-Zélande, les Îles Cook ont, en effet, accédé à l’autonomie il y a cinquante ans. L’autonomie, et non l’indépendance, puisque l’archipel  est en libre association avec la Nouvelle-Zélande.
    Qu’est-ce que cela implique ? Voici les explications de Damon Salesa, chercheur spécialiste du Pacifique à l’université d’Auckland : « C’est un pays souverain, mais qui laisse la responsabilité de la sécurité et des affaires étrangères à la Nouvelle-Zélande. Cet accord comprend d’autres points intéressants : si vous naissez aux Îles Cook, vous êtes un citoyen néo-zélandais de naissance, mais vous êtes aussi un ressortissant des Îles Cook. Ça ne marche que dans ce sens, tous les citoyens néo-zélandais ne sont pas des ressortissants des Îles Cook. Autre élément : l’archipel utilise le dollar néo-zélandais. Malgré tout cela, le gouvernement est autonome. Et quelque part, cet accord est parfaitement logique pour une nation de cette taille, ça lui coûterait très cher de frapper sa monnaie et de délivrer des passeports pour un volume de personnes aussi faible. »
    Cet accord n’a pratiquement pas changé, ces cinquante dernières années. Mais est-ce si stable que cela ? Il y a deux mois, un article néo-zélandais a mis le feu aux poudres en révélant que le Premier ministre, Henry Puna, souhaiterait que les Îles Cook deviennent un État membre des Nations unies, tout en gardant la nationalité néo-zélandaise. La réponse de Wellington n’a pas tardé : pas question de changer quoi que ce soit.
    Les Îles Cook font déjà partie de plusieurs commissions de l’Onu, elles ont le pouvoir de signer des traités et sont membres de plusieurs organisations internationales comme la Cour pénale internationale.
    Maintenir cette relation privilégiée avec les Îles Cook coûte cher à la Nouvelle-Zélande, mais cela n’engendre pas de contestation, explique Damon Salesa : « La relation est très forte entre les deux pays, elle remonte aux années 1880. Les seules questions soulevées concernent le coût éventuel d’une intervention, mais la Nouvelle-Zélande n’a jamais eu à se mobiliser et à venir défendre l’archipel, et c’est peu probable qu’elle doive le faire un jour. »
    Et pour les Îles Cook, ce statut est-il vraiment si avantageux ? Cela ne favorise-t-il pas le départ des jeunes de l’archipel vers la Nouvelle-Zélande ?
    Même s’il est vrai qu’il y a aujourd’hui plus de ressortissants des Îles Cook qui vivent à l’étranger que dans l’archipel, c’est toujours un pays dynamique, estime le chercheur Damon Salesa. Et il explique que si l’accord pousse au départ, il facilite aussi les retours :  « L’économie des Îles Cook repose en grande partie sur le tourisme. C’est très facile de se rendre là-bas de Nouvelle-Zélande et d’Australie, du coup, il y a beaucoup de touristes, ce qui fait que le prix des billets d’avion est plutôt bon marché. Donc les ressortissants des Îles Cook peuvent revenir chez eux beaucoup plus facilement. »
    Damon Salesa souligne aussi que c’est un problème qui touche toutes les nations du Pacifique. Même les Îles Tonga, qui sont pleinement indépendantes, sont dans le même cas : la majorité de leurs ressortissants vivent à l’étranger.
     
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