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Le 5e Farereira’a s’est achevé mardi soir au grand théâtre de la Maison de la culture

jeudi 19 juillet 2018

Kahealani Tsong

Kahealani Tsong l’emporte en “over all” vahine. (© Christophe Cozette)


Le Farereira’a s’est terminé mardi soir, au grand théâtre de la Maison de la culture. Six groupes étrangers sont venus, en solo ou en groupe, soit 400 artistes grâce à Coco Hotahota, initiateur de ce rassemblement. Les titres suprêmes ont été décernés à deux Polynésiens, Kahealani Tsong et Hikutini Puatai.

Ils ont tout donné. Le premier jour de la 5e édition du Farereira’a, lundi, plus de 150 candidats se sont affrontés dans cinq catégories par sexe, et mardi soir, les vainqueurs de chaque catégorie ont été désignés puis se sont affrontés, toutes catégories confondues, pour le titre “over all”, “pour être le meilleur des meilleurs” selon Coco Hotahota, le créateur de ce Farereira’a.

Il en a été de même pour les six groupes internationaux en compétition, cinq des États-Unis et un du Mexique, en compétition pour le titre du meilleur groupe de cette 5e édition. À ce petit jeu-là qui n’en était pas un car les étrangers ont tout donné, comme boostés par le mana polynésien, c’est Hui tarava qui a emporté la palme. Le groupe s’est d’ailleurs produit en seconde partie, mardi soir, devant un grand théâtre un peu clairsemé par le public polynésien.

Le meilleur danseur et la meilleure danseuse se sont vu remettre un billet offert par Air Tahiti Nui. Dans ce “over all” 13 ans et plus, au final, ce sont des représentants du fenua, Kahealani Tsong et Hikutini Puatai, qui remportent la mise. Le jury était composé, entre autres, de Sandrine Trompette, Fabien Dinard et Martin Coeroli, et les prix et trophées ont été remis par le ministre de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu, non sans humour, comme à l’accoutumée.

 

 

Moins d’artistes

 

 

On comptait 400 artistes cette année, bien moins que les 1 300 de la dernière édition. Dès cinq ans, ils ont tout donné. Seules deux nations sont venues pour cette 5e édition mais six groupes ont fait le déplacement, soit environ 40 personnes, bien moins que les précédentes éditions, selon Coco Hotahota (lire ci-dessous).

Née sous l’impulsion de ce dernier, la première édition du Farereira’a s’est déroulée en 2004. Plus de 350 passionnés étaient alors venus à la rencontre des racines de notre culture, pour des concours et spectacles dans le berceau du ‘ori Tahiti. Cette nouvelle édition se fonde sur la même démarche et le même engouement, comme on a pu le constater sur la totalité des artistes qui, en groupe, ont une synchronisation à faire pâlir de nombreux groupes du fenua.

“Mais les étrangers n’ont pas notre mana”, a déclaré le créateur de Temaeva à la télévision lundi soir, “notre spiritualité, notre sensualité”, a-t-il rajouté, mardi soir à TFTN. Pas faux. Mais le bonheur de se retrouver à “La Mecque du ‘ori”, oui, ils l’ont au point qu’un tane de Te mana o te ra a demandé en mariage sa dulcinée, sur la scène du grand théâtre, qui a dit oui, bien sûr. Quoi de plus beau comme endroit pour l’union de deux amoureux, amoureux de notre culture ?

 

Christophe Cozette

 

Coco Hotahota, créateur du Farereira’a : “Les Américains ont aussi peur d’eux-mêmes, ils ont peur de ne pas être les premiers”

coco hotahota

 

Il y a plusieurs compétitions de ce type aujourd’hui. Qu’est-ce qui différencie le Farereira’a des autres ?

Nous avons créé la première édition en 2004. Je pense que les autres ont eu l’idée de faire cela ensuite mais ils ne peuvent pas avoir autant de concurrents, ils ne viennent qu’en solistes, deux ou un peu plus par pays. Chez nous, c’est l’ensemble des groupes qui viennent. Cette année, seulement 400 personnes se sont déplacées de l’étranger, on est monté à 1 300 personnes, plusieurs fois. Et les groupes donnent de nombreuses prestations gratuites hors Farereira’a (comme à Punaauia et Mataiea hier, NDLR).

 

Ne peut-on pas imaginer un seul et unique véritable Heiva international ?

Quand j’ai créé le Farereira’a, j’avais demandé aux groupes de pouvoir participer, ils ont tous refusé catégoriquement. Les Américains ont aussi peur d’eux-mêmes, ils ont peur de ne pas être les premiers. Et cela représente un travail énorme aussi, l’idée de base en créant le Farereira’a était que les groupes amènent de l’argent dans le pays car ils payent leur voyage, leur hôtel, leur nourriture et même leur participation.

 

Comment expliquez-vous cet engouement à l’étranger pour le ‘ori Tahiti ?

Venir ici, c’est un peu venir à La Mecque. Mais ce qui les intéresse aussi, c’est de venir au Heiva, voir l’authentique même s’ils sont déçus car ils ne voient que du moderne, des shows de cabaret.

 

Avez-vous vu quelques spectacles, cette année, au Heiva ?

Oui, la première semaine. La majorité des groupes que j’ai vus sont venus avec des himene tarava et ruau, dans leur spectacle et je les félicite, je pensais être le seul à le faire. Mais on parle de chorégraphie, je déteste ce mot-là qui n’existe pas en tahitien, il y a un maître de danse. Un chorégraphe fait quelque chose pour éblouir, tandis qu’un maître de danse a des écrits et il les suit pour les mouvements et les pas de danse, voilà toute la différence.

 

Nous avons un très beau jury, une très belle affiche, mais on a l’impression d’un Heiva un peu “mou”…

Oui, ce qui a fait du tort à notre Heiva, ce sont les Grands ballets de Tahiti, ce sont eux qui ont initié ce genre de spectacles qu’ils ont vus aux États-Unis et qu’ils ont adaptés à nos danses. Et bêtement, nous avons suivi cette ligne, en disant qu’il faut occuper l’espace. Mais je suis l’espace, Taaro’a a dit “je suis l’espace”, alors pourquoi il faudrait l’occuper ?

 

Mais To’ata est immense, cela peut être un piège…

Oui, mais par exemple, on a mis l’orchestre derrière. Là, nous sommes en train de converser, on ne se tourne pas le dos pour cela. L’orchestre est le récitant, les danseurs sont les exécutants, ils doivent être face-à-face. Seconde chose, les troupes font exactement comme les Américains, ils ne saluent plus le public, c’est la chose la plus élémentaire quand on rencontre quelqu’un, c’est de le saluer. Enfin, ils rentrent par les deux côtés voire les quatre, mais dans l’esprit tahitien, il y a une porte. On rentre et on sort par la porte, si on rentre par la fenêtre, sur les côtés, tu es soit un voleur, soit un violeur.

 

Propos recueillis par C.C.

 

Résultats

“Over all”

Tamahine 5-12 : Kauehi Tainanuarii (Hanihei)

Tamaroa 5-12 : Mamalu Lilo (Maohi Nui)

Vahine 13+ : Kahealani Tsong ( — )

Tane 13+ : Hikutini Puatai ( — )

 

Tamahine 5-8

FEN_CC2_Farereiraa
1- Alyza Disuanco (Hura Atua Nui)

2- Kaya Arenal (Te Mana o te ra)

 

Tamaroa 5-8

1- Mamalu Lilo (Maohi Nui)

 

Tamahine 9-12

1- Kauehi Tainanuarii (Hanihei)

2- Jenna-Nicole Bustos (Te Varua Ori)

3- Abigail Zabala (Te varua ori)

 

Tamaroa 9-12

1- Matani Lilo (Maohi nui)

 

Vahine 13-17

FEN_CC3_Farereiraa
1- Kahealani Tsong (PF)

2- Laneah Daylo (PF)

3- Tauala Karine (Hura atua nui)

 

Tane 13-17

1- Emana Lehartel (Ho mai)

 

Vahine 18-25
FEN_CC4_Farereiraa
1- Kanani Asuega (Lokelani)

2- Vaughn Tyler (Te varua ori)

3- Leiisa Case (Hei Tahiti)

 

Tane 18-25

1- Hikutini Puatai (PF)

2- Isaac Zachary (Te mana o te ra)

3- McAllan Decastro (Te varua ori)

 

Vahine 26+
FEN_CC5_Farereiraa
1- Pua Baker  (Maohi nui)

2- Jessica Cooper (Te varua ori)

3- Leolani Gallardo (Te aho nui)

 

Tane 26+

FEN_CC6_Farereiraa

1- Justin Froggie Atangan (Hui tarava)

2- Josh Merado (Te varua ori)

3 – Warren Gannon (Te varua ori)

 

FEN_CC8_Farereiraa FEN_CC8bis_Farereiraa FEN_CC8ter_Farereiraa FEN_CC9_Farereiraa FEN_CC10_Farereiraa

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