600 services civiques en 2016 : un record !

    mardi 15 mars 2016

    En 2016, au moins 599 Polynésiens, âgés de 16 à 25 ans, pourront effectuer un service civique, une mission d’intérêt général de huit mois environ, donnant lieu au versement d’une indemnité mensuelle de 70 000 F. C’est la première fois, depuis la mise en place
    du dispositif au fenua, que la Polynésie jouit d’un tel quota. Les acteurs, publics ou associatifs, qui se sont réunis hier, doivent donc redoubler d’efforts pour accueillir les jeunes.  Car au-delà de la mission ponctuelle qui leur est confiée, c’est souvent, pour eux, un premier pas vers l’emploi.

    Le haut-commissaire Lionel Beffre a présidé, lundi, le quatrième comité de pilotage du service civique en Polynésie française. Service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles (Sefi), communes, RSMA, Université de la Polynésie française, Institut de la jeunesse et des sports, contrat de ville… Tous sont appelés à coordonner leurs efforts afin d’offrir des places aux jeunes. Car en 2016, au moins 599 Polynésiens de 16 à 25 ans pourront bénéficier d’un service civique, un quota sans précédent au fenua et qui le place sur la troisième marche du podium des territoires français les mieux lotis, proportionnellement à leur population.
    En 2014, seules 72 missions avaient été déléguées localement par l’Agence de service civique. “Nous sommes au cœur d’une dynamique très favorable, a ainsi souligné Lionel Beffre hier, et il appartient à chaque territoire de tirer profit de cette opportunité pour servir l’intérêt général, et en particulier des jeunes.”
    En février, souhaitant renforcer la “cohésion nationale” après le traumatisme des attentats de Paris, François Hollande avait promis d’élargir le service civique à “tout jeune” qui en ferait la demande à partir du mois de juin. Au besoin, le quota attribué en 2016 pourrait donc être revu à la hausse en Polynésie, comme ce fut déjà le cas en 2015, où 335 contrats avaient été signés à la fin de l’année, contre une “dotation” initiale de 200.  

    Une première marche vers l’emploi

    Mais encore faudra-t-il trouver des places pour les candidats au service civique. Car si 301 contrats seraient déjà “prêts à être signés” entre les engagés volontaires et 23 organismes, en majorité des communes, reste à “créer le besoin” pour remplir l’autre moitié de la bouteille, selon Lionel Beffre, qui précise que des contrôles sont menés “pour nous assurer que ce n’est pas seulement une occupation de nos jeunes”.
    Deux objectifs sont donc à remplir. “D’abord développer et diversifier l’offre de mission”, observe-t-il. Le secteur public hospitalier est l’une des priorités affichées au niveau national, ce qui pourrait se traduire ici par l’ouverture de services civiques au Taaone ou dans les dispensaires des communes éloignées. “Deuxièmement, il faut garantir la qualité de l’expérience du service civique, note le haut-commissaire. Car il faut que le jeune apprenne des choses qui lui serviront ensuite dans son insertion dans la vie professionnelle.”
    C’est aussi ça, le but du service civique, particulièrement dans un contexte social difficile. “C’est un dispositif d’insertion dans l’emploi”, précise ainsi Frédéric Roure, directeur adjoint des interventions de l’État au fenua et chef du bureau d’appui à la mobilité et à l’insertion. “L’engagé effectue une mission d’intérêt général. Il ne touche pas de rémunération, mais une indem-
    nité d’environ 70 000 F pour 24 heures de travail par semaine, avec des phases de formation en alternance (lire dessous), ajoute-t-il. Ce n’est donc pas un emploi, mais c’est une première marche vers l’emploi.”
    Le haut-commissaire assure par ailleurs que les services civiques ne portent pas préjudice aux “vraies” opportunités de travail. “À Manihi, aux Tuamotu, nous avons 26 services civiques, expose-t-il par exemple. C’est un effort particulier de la commune pour informer sa population sur le traitement des déchets. Ce ne sont pas des emplois qui pourraient être pérennes sur des années. Le service civique répond donc à ce besoin ponctuel.”
    Reste à le rendre le plus accessible possible aux jeunes Polynésiens. Pour l’heure, les offres sont publiées sur le site national du service civique, mais le Sefi devrait bientôt en devenir le principal diffuseur, au niveau local (lire ci-dessous). 

    Marie Guitton

     

    Le service civique en bref

    Huit cent dix-neuf jeunes ont bénéficié d’un service civique depuis sa mise en place en septembre 2011 sur tout le territoire de la Polynésie française. De 72 en 2014 à 335 en 2015 et au minimum 600 en 2016, ce type de contrat connaît à l’heure actuelle une croissance exponentielle.
    En 2015, l’engagé(e) type est une femme (55 %), de 21,5 ans, disposant d’un niveau d’étude inférieur au baccalauréat et en recherche d’emploi. Néanmoins, le service civique est ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans, sans condition de diplôme.
    Ses missions, d’intérêt général, durent huit mois en moyenne. Elles sont principalement réalisées dans les domaines de l’éducation (40 %), de la protection de l’environnement ou de la promotion de la culture, au sein des communes polynésiennes (75 %), du gouvernement, du Pays, des associations, des fédérations sportives et de l’Université.
    L’engagé touche une indemnité d’environ 70 000 F pour 24 heures de travail par semaine, avec deux phases de formation en alternance : une formation civique et citoyenne et une formation aux gestes de premier secours.

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