À cause de la houle et du vent, 12 personnes bloquées à Hiva Oa

    lundi 23 novembre 2015

    Une bien désagréable mésaventure pour une dizaine d’habitants de Fatu Hiva venus à une consultation médicale spécialisée jeudi dernier au dispensaire de Atuona, à Hiva Oa. Au lieu de rentrer le jour même, c’est seulement le lendemain qu’ils ont pu regagner leur île.
    Fatu Hiva est distante d’une centaine de kilomètres de Hiva Oa. C’est l’île la plus éloignée du groupe sud de l’archipel des Marquises et elle n’est accessible que par voie maritime (trois à cinq heures de trajet en fonction du bateau et de l’état de la mer) Or, depuis quelques jours aux Marquises, les conditions de mer sont assez difficiles avec une houle importante et beaucoup de vent.
    En venant de Fatu Hiva, les bonitiers “surfent” les vagues, car celles-ci arrivent de côté par rapport à l’embarcation et avec le poids du bateau, le tangage est important surtout lorsque la mer est forte.
    Un des voyageurs a pris peur et a signalé à son arrivée que le bateau avait failli chavirer, la personne a téléphoné à la gendarmerie. Or, après 17 heures, l’appel est transféré automatiquement sur les gendarmeries de Tahiti, pas forcément au fait des conditions et des contraintes spécifiques de la vie aux Marquises.
    Une décision administrative a alors interdit au bonitier de reprendre la mer, coinçant de fait la dizaine de patients, principalement des mères de famille.
    La plupart d’entre elles, habituées à ces traversées, voulaient absolument rentrer mais le capitaine qui avait reçu ordre de la gendarmerie de ne pas partir s’en est tenu à cela.
    Averti de la situation, le maire de Hiva Oa, Étienne Tehaamoana a pris les choses en main, il a négocié avec le dispensaire pour avoir une salle pour faire dormir les habitants de Fatu Hiva, et sollicité Tania Bonno, conseillère municipale et agent de la direction des affaires sociales, pour qu’elle fasse le nécessaire afin que les personnes aient un minimum de change. La solidarité des habitants de Hiva Oa a pris la suite.
    Après plusieurs contacts et négociations avec le haut-commissariat, la gendarmerie et la subdivision-administrative des îles Marquises, l’interdiction a finalement été levée et les personnes ont pu réembarquer vers
    4 heures du matin après avoir été conduites au port par le maire, encore une fois, qui s’improvisait chauffeur de truck… à 2 heures du matin.

    De notre correspondante Miwa Henry-Hiramatsu

     

    Étienne Tehaamoana  Maire de Hiva Oa : “C’est le médecin spécialiste qui devrait se rendre à Fatu Hiva”

    “C’est vrai qu’il y a un problème de sécurité, mais cela fait longtemps que nous devons vivre avec, car quel autre choix avons-nous ? Pour moi, la vraie question, c’est pourquoi on fait venir douze patients et pourquoi ce n’est pas le médecin spécialiste qui se rend à Fatu Hiva ? Le plus souvent, ce sont des mamans enceintes qui viennent juste pour une consultation gynéco, c’est inconcevable….Pour la situation d’aujourd’hui, je comprends que pour des raisons de sécurité, on bloque un bateau, mais il faut réfléchir à ce qu’on fait de ces personnes après, qui doit accueillir ces personnes, qui doit les héberger, les nourrir ? Où sont les services qui les ont bloquées ? On décrète une interdiction pour raison de sécurité et on ne se préoccupe pas de ce qu’il advient des gens bloqués après ? Ça ne va pas, surtout si la situation se reproduit, rien n’a été pensé….Parmi les personnes, on avait quand même deux mamans qui devaient allaiter leurs enfants. Il faut que les services concernés, tant de l’État que du Pays, réfléchissent vraiment à la question… Pour moi, il est impératif que les spécialistes se déplacent pour être au plus près des populations.”

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete