Habillage fond de site

À Hotuarea, « on vit un enfer »

jeudi 24 novembre 2016

Pour les habitants de Hotuarea, la coupe est pleine. (© Catherine Quiniou/LDT)

Pour les habitants de Hotuarea, la coupe est pleine. (© Catherine Quiniou/LDT)


 

Les habitants du quartier de Hotuarea, à Faa’a, représentés par le président de l’association Hotuarea Nui,  Yannick Tevaearai, expriment leur ras-le-bol. Le week-end et même en semaine, bagarres, courses de motos, alcool, paka et voitures boum-boum viennent troubler leur quotidien. Tous se plaignent de ne pouvoir dormir et de craindre pour leur sécurité, les agressions verbales et physiques se faisant de plus en plus fréquentes.

 

 

“On vit un enfer.” Yannick Tevaearai, président de l’association Hotuarea Nui, est à bout de nerf. À l’image des autres habitants du quartier de Hotuarea, situé entre la piste de l’aéroport  de Tahiti-Faa’a et la route de ceinture, il dénonce la montée de la violence et les nuisances sonores qui empoisonnent le quotidien des riverains de la place de l’ex-Flamboyant.

Le site, qui est traditionnellement un lieu de rencontres et de regroupement, concentre le week-end plusieurs bandes venues de la ville ou d’ailleurs.
Bagarres, courses de motos, alcool, paka, voitures boum-boum… les habitants de Hotuarea ont bien du mal à passer des nuits tranquilles. La récente agression d’un jeune garçon dans le quartier a également marqué les esprits.

Marie, qui habite là depuis 1979, explique qu’elle n’a jamais connu une telle situation. “La musique est vraiment très forte, c’est insupportable, surtout pour les personnes âgées et malades. Avec le niveau des basses, ça résonne dans la poitrine. En plus, je suis cardiaque ! On ne peut pas priver les gens d’écouter de la musique mais il faut que ce soit moins fort. Il faut quand même respecter le voisinage. Et quand c’est pas les boum-boum, c’est les bagarres. On voit les couples se taper les uns sur les autres sur la place. Il y a toujours quelque chose qui se passe dans ce quartier ! Je sais qu’il y a eu une agression mais je n’ai pas vu donc je ne peux pas dire vraiment ce qui s’est passé. On aimerait pouvoir vivre en harmonie les uns avec les autres.”

Bélina Céran-Jérusalémy, elle, s’est installée il y a cinq mois chez sa grand-mère de 92 ans qui n’est plus autonome. Leur fare se situe en contrebas de la place.

 

Pétition en projet

 

“Je suis obligée de monter dire aux gens de faire moins de bruit mais c’est dangereux pour moi car ils sont alcoolisés. Il y a en a qui sont agressifs. Le bruit, c’est pas seulement le week-end, c’est aussi pendant la semaine”, déplore la jeune femme.

Elle compte sur la mobilisation de l’ensemble des habitants ainsi que sur le soutien de Te ora hau, l’association de lutte contre les nuisances sonores, pour faire changer les choses.

Une pétition est également en projet. Les riverains souhaiteraient que l’accès au site soit réglementé. 

 

De notre correspondante C.Q.

 

Yannick Tevaearai, président de l’association Hotuarea Nui : “On a besoin de dormir, on travaille !”

(© Catherine Quiniou/LDT)

(© Catherine Quiniou/LDT)

 

“La situation a commencé à se dégrader il y a environ trois ans. Maintenant, il y a des agressions verbales mais aussi physiques. Dernièrement, un jeune garçon s’est fait tabasser dans le quartier. Des jeunes filles qui veulent se baigner tranquillement à la source se font embêter. Les enfants ne se sentent plus en sécurité, ils ont peur.

Il y a des gens qui débarquent avec leurs caisses de bières et du paka. On intervient mais ils nous parlent mal. Ils s’en fichent complètement. On appelle les muto’i et les gendarmes mais, parfois, ils ne se déplacent même pas. Suite à l’agression, il n’y a pas plus de patrouille dans le quartier. On a l’impression de ne pas être entendu. Voilà à quel point on est arrivé à Hotuarea ! Les semeurs de trouble ne sont pas du quartier. Ils n’ont plus le respect d’autrui. Je veux faire appel au bon sens de ces gens-là. Il faut arrêter de faire du bruit.

Et ce n’est pas seulement le week-end qu’on a les boum-boum. On a besoin de dormir, on travaille ! Dans le quartier, il y a aussi des personnes âgées qui sont malades, ça les dérange beaucoup. Sans parler des enfants qui vont à l’école. Les professeurs nous disent qu’ils dorment en classe. En tant que président d’association, j’essaie de calmer les esprits dans le quartier mais les familles en ont vraiment marre. On ne peut pas continuer comme ça. On attend qu’il y ait un mort pour bouger ? On aimerait pouvoir fermer le site à certaines heures, en limiter l’accès comme à Motu Uta par exemple. Je lance un appel aux autorités pour pouvoir résoudre le problème, qui est un vrai problème de société. Il faut faire une table ronde pour trouver des solutions.”

Propos recueillis par C.Q.

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