‘A ‘ori mai na : un projet inédit et ambitieux

    mercredi 30 mars 2016

     ‘A ‘ori mai na est un projet à l’initiative d’une association et d’une école de danse locales. Depuis un mois, une équipe de bénévoles s’emploie à enseigner les pas de base du ‘ori Tahiti à huit classes de cycle 3 des établissements de la Presqu’île. Éminemment pédagogique, l’initiative commence déjà à faire ses preuves, tandis qu’une prestation publique se prépare.

    Depuis le 29 février, les sept écoles élémentaires de Taiarapu-Est et de Taiarapu-Ouest sont au cœur d’un projet pédagogique pour le moins inédit, à l’initiative d’une association et d’une école de danse locales, en partenariat avec le Conservatoire artistique de la Polynésie française et avec le soutien de la circonscription de Taiarapu et des Australes.
    Baptisée ‘A ‘ori mai na, cette initiative, entièrement bénévole, repose sur la formation continue de 14 intervenants passionnés, en vue de leur permettre de transmettre à leur tour leur passion et leur savoir-faire aux quelque 184 élèves des huit classes de cycle 3 sélectionnées – soit une classe par établissement, voire deux pour Ohi Tei-Tei, dont la capacité d’accueil est plus importante.
    Chaque semaine, deux heures d’intervention sont programmées en binôme, à l’occasion des cours d’EPS, et ce pendant dix semaines jusqu’au mois de juin, avec quatre types de danses au programme : ‘ote’a, ‘aparima, pa’o’a et hivinau.
    “La danse, c’est un plaisir, mais c’est aussi un art à part entière, avec des techniques et des gestes associés à une esthétique et à un sens. Ça fait partie de notre patrimoine culturel et on se doit de le transmettre”, confie l’une des deux coordinatrices du projet, intervenant à l’école Raiarii Tane de Tautira.

    Des apprentissages imbriqués

    Si le ‘ori Tahiti fait déjà partie intégrante de la vie scolaire, ce projet a pour ambition de permettre aux élèves, filles et garçons, d’acquérir les pas de base fondamentaux, mis en application au cours d’une chorégraphie présentée lors d’un spectacle, qui mettra à l’honneur les richesses de nos vallées.
    “Tout ceci s’accompagne de stratégies pédagogiques, dans le prolongement de l’apprentissage du reo Tahiti, du chant, de la musique ou de l’EPS, tel qu’il est dispensé par les enseignants”, précise la seconde coordinatrice du projet, intervenant également à Tautira.
    Entre plaisir et rigueur, la danse s’inscrit donc dans un apprentissage dynamique, conformément aux priorités du ministère de l’Éducation.
    “La danse permet de faire le lien avec la langue et d’apprendre du vocabulaire d’une autre façon, en insistant sur l’origine et la signification des mots, comme c’est le cas avec le ‘orero, pour la toponymie”, souligne Lavaina Teuira, enseignante-animatrice en langues et culture polynésiennes au sein de la circonscription. “Le fil conducteur de ces apprentissages, c’est la culture”, ajoute-t-elle.
    Pour faire vivre ce projet reposant intégralement sur la base du volontariat, l’équipe s’est attachée à rassembler un maximum de partenaires, à commencer par les élus des deux communes, les directeurs des écoles et les enseignants des classes concernées.

    La volonté de fédérer

    Une autre association, en charge de l’orchestration et de la composition, s’est d’ores et déjà jointe à l’initiative.
    “On espère aussi avoir le soutien des parents et de toute la population de la Presqu’île”, annonce la chorégraphe, qui sillonne régulièrement les différents établissements pour s’assurer du bon déroulement du programme.
    “On accepte toute aide, qu’elle soit financière, matérielle ou manuelle. Monter un spectacle demande une logistique importante, ne serait-ce que pour les costumes. Si des personnes ont du temps à donner, on les accueillera à bras ouverts”, assure-t-elle.
    Après tout juste un mois de travail, les premiers résultats se font déjà sentir. Les élèves se montrent très réceptifs et certains d’entre eux gagnent même en assurance, motivant l’équipe à s’investir davantage encore.
    “Ce n’est pas toujours facile de travailler avec des enfants, mais c’est super enrichissant. J’attends avec impatience le mois de juin pour voir le résultat final. On découvre des enfants qui ont vraiment un potentiel extraordinaire !”, remarque une intervenante de l’école Toerefau de Toahotu, présentant ainsi la danse comme un vecteur de réussite.
    Rendez-vous est donc donné à la population, “aux amis de l’école et de la danse”, le 11 juin, sur le terrain de l’Institut de la jeunesse et des sports de Polynésie française (IJSPF) attenant au lycée de Taiarapu Nui, pour un mini-Heiva qui promet d’être riche en émotions.

    A.-C.B.

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