À la redécouverte de Papeete avec le nouvel audioguide de Tahiti Tourisme

    mercredi 3 août 2016

    papeete

    L’application Papeete Audio Guide permet de visiter la capitale hors connexion. (Photo : DR)


    Une application pour smartphone plutôt réussie

     

    Ce n’est sûrement pas la première idée qui leur vient à l’esprit… Et si les vacanciers de Tahiti prenaient enfin le temps de visiter Papeete ?

    Pour valoriser la capitale, entre deux façades défraîchies, la grisaille du bitume et ses files d’embouteillage, Tahiti Tourisme a lancé en juillet l’application Papeete Audio Guide, déclinée en français, anglais, japonais et chinois, “destinée à la découverte des principaux points d’intérêt de la ville”.
    Car malgré tout, cette capitale, bouillonnante la journée, a une histoire qui mérite le détour.

    L’audioguide, téléchargeable sur iPhone et Android, emmène le visiteur – hors connexion – du temple protestant de Paofai à l’hôtel de ville, en marquant 15 étapes au total.

    “Vous voici devant le cœur de l’Église évangélique protestante ma’ohi de la Polynésie française”, entame une voix féminine. “Et ici, le premier dimanche du mois, une demi-heure avant le début de l’office, commence un étonnant défilé, reprend un homme. Costumes sombres pour les hommes, robes blanches de dentelles, chapeaux ou paniers et éventails pour les femmes…”

    Dans les écouteurs de notre téléphone, bercé par un himene en tahitien, John Doom s’attarde un moment sur leur beauté et les compare aux arbres enguirlandés de Noël.

    Puis, de cette “coquetterie et élégance polynésiennes”, nos guides virtuels nous emmènent aux jardins de Paofai, poumons de Papeete.

    “Observez le bord de mer. Vous les voyez ? Bien alignées, voici des dizaines et des dizaines de pirogues prêtes à s’élancer”, nous souffle-t-on à l’oreille, avant de nous conter la grande histoire de ces embarcations polynésiennes.

     

    Des anecdotes à la pelle

     

    Puis on remonte le fil du temps et de l’avenue Pouvana’a-a-Oopa, l’une des premières de Papeete, en passant devant le monument du général de Gaulle, le monument aux morts pour la France, le haut-commissariat, la présidence…

    Un condensé d’histoire et de mémoire institutionnelle, de la colonisation à la faveur de laquelle le consul Bruat imposa la ville comme capitale de l’île, à l’autonomie polynésienne.

    “Je trouve assez symptomatique et intéressant que l’avenue Bruat soit devenue l’avenue Pouvana’a a Oopa”, rit l’historienne Marie-Noël Frémy.

    À chaque étape, l’audioguide livre des explications d’environ trois minutes, nourries des connaissances de spécialistes. Papeete fut la première ville de la République française à baptiser une rue au nom du général de Gaulle, indique l’historien Yves Babin.

    Le saviez-vous ? Dommage qu’un arrêt au monument des essais nucléaires ne soit pas inscrit au programme de la visite, pour souligner l’ambivalence actuelle des sentiments nourris par les Polynésiens à son égard.

    Le promeneur peut ensuite faire halte à la présidence puis à l’assemblée de la Polynésie française, pour de bénéfiques piqûres de rappel sur le fonctionnement actuel du Pays. Dans les jardins de Tarahoi, on parle aussi “ruisseau”, “eaux limpides”, “poissons” et “fleurs délicieuses” aux abords du bassin de la reine Pomare IV.

    Sur l’écran du téléphone, un plan permet aux visiteurs de s’orienter. À chaque point d’intérêt, quelques photos et des explications audio. Parc Bougainville, hôtel Stuart, cathédrale, place Vaiete, marché municipal…

    En assemblant les détails glanés ici et là, le kaléidoscope polynésien prend forme. Monnaie spécifique, délégation à la Coupe du monde de football, navigateurs aux temps des grandes découvertes, spécialités culinaires, maru maru centenaires, séjour du peintre Matisse…

    Les anecdotes se multiplient. Imaginez-vous, aux temps anciens, les femmes des lignées prestigieuses donnant naissance à leur enfant  place Notre-Dame ?

    La balade d’environ une heure et demie s’achève au pied de l’hôtel de ville, “une architecture coloniale du XIXe siècle fortement inspirée du palais de la reine Pomare IV. En somme, de quoi représenter dignement la capitale de la Polynésie française.”

    Au final, on donnerait volontiers un pourboire à l’audioguide. Les férus d’économie ne seront toutefois pas rassasiés. Le Port autonome, notamment, porte ouverte sur les îles, a été oublié.

    Et bizarrerie de l’appli : seule la version en mandarin permet de découvrir huit lieux liés à la communauté chinoise, comme le temple Kanti.

     

    Marie Guitton

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