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À Tahiti, la baignade toujours déconseillée dans plusieurs communes

mercredi 8 février 2017

leptospirose baignade déconseillée

Malgré la saleté de l’eau, des bodyboarders étaient à l’eau hier, au spot Lafayette, à Arue. Terry, 59 ans, en est, lui, vite ressorti. (© Marie Guitton)


À la suite des inondations, de plus en plus de cas de leptospirose sont détectés à Tahiti. La plupart des arrêtés d’interdiction de baignade ont été levés, mais le risque demeure avec des pluies toujours intenses dans les fonds de vallée. En cas de poussées de fièvre ou de courbatures, il faut consulter un médecin rapidement.

En partie à cause des inondations du dimanche 22 janvier, quatorze cas de leptospirose ont été déclarés au fenua dans la seconde quinzaine de janvier, conduisant une dizaine de patients à être hospitalisés. Un chiffre “élevé” et une tendance toujours à la hausse, prévient le bureau de veille sanitaire dans son dernier bulletin de surveillance.

La semaine dernière encore, douze nouveaux cas ont été enregistrés, la majorité à Tahiti. “Les communes les plus touchées depuis les intempéries sont Punaauia, Faa’a et Pirae”, précise le bureau de la direction de la santé, qui se base sur les déclarations volontaires des médecins sentinelles et des laboratoires.

“Avec les intempéries, le risque de transmission de la leptospirose augmente, soyez extrêmement vigilants”, prévient-il en invitant à bien panser ses plaies, porter des bottes, ne pas se baigner aux embouchures des rivières, bien gérer ses déchets pour éviter les rongeurs et consulter un médecin en urgence dès les premiers signes (fièvre élevée avec frissons, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires).
La leptospirose est une maladie bactérienne qui s’attrape lorsqu’on entre en contact direct avec des animaux infectés, comme des rats, des chiens ou des chats, ou avec des eaux, boues et autres produits souillés par leurs urines. “La maladie est souvent bénigne, mais peut conduire à de l’insuffisance rénale, voire à la mort dans 5 à 20 % des cas”, selon le très sérieux Institut Pasteur.

Comme à l’accoutumée, à Tahiti, le risque ne dissuade pas vraiment les surfeurs et bodyboarders, qui continuent à profiter de la houle à Papeno’o, Mahina et Arue. “Je fais comme d’habitude, je me rince bien”, souriait hier après-midi un jeune de 18 ans sous la douche de la plage Lafayette. “C’est sale dans la mer, témoignait pourtant Terry, un retraité de 59 ans, tout juste sorti de l’eau. C’est pas bon, peut-être qu’on va avoir des bobos…”

Le centre d’hygiène et de salubrité publique n’a pas fait de prélèvements dans les zones de baignades depuis les inondations, faute de moyens qui lui auraient été alloués, selon une source interne. “Serait-il vraiment utile de faire des prélèvements maintenant pour dire qu’il y a la leptospirose, alors que tout le monde sait qu’il y a un risque ?, nous répond-on aussi. La baignade est déjà déconseillée, des mairies émettent des arrêtés (lire ci-dessous)… À chacun de prendre ses précautions. Il vaut mieux ne pas se mettre à l’eau. En ce moment, il pleut trop régulièrement pour dire qu’il n’y a plus de risque. Même s’il fait beau près de la mer, il pleut encore beaucoup dans le fond des vallées.”

 

Marie Guitton

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