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A tia i mua dénonce la baisse du montant des pensions des retraites

mercredi 31 juillet 2019

Gros coup de gueule d’A tia i mua dans le dossier sensible de la réforme des retraites. Le syndicat s’indigne des dispositions votées à l’assemblée et de l’attitude du Pays. Face à la baisse “inacceptable” du montant des futures retraites, le syndicat alerte sur le risque d’explosion sociale.

“Nous avons été le seul syndicat correct et honnête dans le dossier de la réforme des retraites. Mais, manifestement, les conseillers techniques du ministère de la Santé sont plus influents que nous…”

Jean-Marie Yan Tu, le secrétaire général d’A ti’a i mua, ne décolère pas à la suite des disposition votées en février, par l’assemblée de la Polynésie française (APF), qui provoquent de fait une baisse du montant des pensions pour tous ceux qui feront valoir leurs droits à la retraite après le 1er juillet 2019.

“On n’accepte pas d’être pris pour des idiots. C’est au final une réforme comptable sur le dos des salariés”, insiste le syndicaliste, qui manifeste son intention de rencontrer tous les partis politiques, le président de l’assemblée, le président du Pays…

Pas d’appel à descendre dans la rue, ou plutôt pas encore, mais pour l’instant la ferme intention de “dénoncer les dérives” d’une réforme “entièrement à l’avantage” de la Caisse de prévoyance sociale (CPS).

Avec les conséquences sociales qui peuvent en découler, selon A ti’a i mua, qui agite le chiffon rouge : “Il ne faut pas trop jouer. Un jour, ça va péter !”

Le syndicat est le seul à s’exprimer sur la réforme depuis l’adoption de la loi du Pays, et s’interroge au passage sur le silence des autres centrales syndicales.

“Les employeurs et les salariés sont les payeurs de la CPS mais ils ne décident pas”, s’indigne également Yves Laugrost, membre du secrétariat exécutif du syndicat. “L’assemblée et le conseil des ministres font ce qu’il veulent. La direction de la CPS ne nous écoute même pas. La CPS deviendra la banque des hommes politiques…”

Si A ti’a i mua a bien, sur le fond, soutenu la nécessaire réforme des retraites engagée par l’exécutif, le syndicat s’estime trahi.

S’il savait qu’il faudrait travailler plus longtemps et cotiser davantage, il assure qu’il ignorait totalement que certaines pensions seraient rabotées parfois jusqu’à 22 % sur la seule tranche A et jusqu’à plus de 28 % sur la tranche B, selon ses projections.

 

“Double peine”

 

Depuis le vote de la loi du pays du 1er février est établi le principe d’une pénalité d’âge mais aussi d’une pénalité de durée.

“Avant l’âge légal, on n’a jamais été contre”, assure Dimitri Pitoeff, le secrétaire général adjoint du syndicat et président du Conseil d’orientation et de suivi des retraites (COSR). “En revanche, à l’âge légal de départ à la retraite, nous avons toujours été totalement opposés à cette double peine”.

A ti’a i mua a établi des tableaux de projections qui mettent en évidence des baisses notables du niveau des pensions qui seront versées à tous ceux qui partiront à la retraite dans le cadre de la réforme, environ 5 000 F mensuels, par exemple, pour un salarié payé au salaire minimum.

“Personne n’en a parlé, pas même la CPS lorsqu’elle a fait sa conférence de presse sur la réforme, alors qu’ils étaient tous au courant. Cette info n’a été transmise ni aux administrateurs de la CPS, ni aux syndicats”, s’étrangle Jean-Marie Yan Tu, qui dit avoir découvert le pot aux roses lors de la publication de l’arrêté du conseil des ministres qui fixe le taux de pénalité, et qui a ensuite permis d’établir les projections.

La pénalité de durée disparaît à l’âge de 65 ans. Elle est ensuite financée par le régime des salariés (RGS).

“Non seulement la réforme favorise les salariés qui touchent le plus, mais de surcroît les dépenses du Fonds social de la retraite vont exploser”, déplore Yves Laugrost, qui évalue à terme le surcoût financier entre 700 millions et 1 milliard de francs.

 

D.G.

 

Dimitri Pitoeff

 DEP310719-015

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