“À travers le regard des SDF, c’est la famille polynésienne qu’on observe”

    jeudi 5 novembre 2015

    “Les SDF ne sont que l’image de la société familiale polynésienne”, martèle Maiana Bambridge, vice-présidente de la Croix-Rouge en Polynésie. 
    Après plusieurs mois de travail, le collectif Te Ta’i Vevo, qui signifie “l’écho du pleur”, a rendu son rapport définitif sur la situation des personnes vivant dans la rue, au gouvernement. La Dépêche, dans son édition du 3  octobre, livrait déjà les premiers constats et préconisations dressés et apportés par le collectif, lors de leur réunion de synthèse. 
    Les chiffres n’ont pas changé. Plus de 400 personnes vivent aujourd’hui dans les rues de Papeete, dont 200 de façon permanente. 
    Grâce à l’étroite collaboration des acteurs de terrain comme Pepe Tehio, responsable de l’accueil des SDF hommes au Bon Samaritain, le président de Emauta, Manutea Gay et tous ses responsables de centres, l’ancien responsable du centre de jour, Laurent Tarihaa, Florent Roy de l’ordre de Malte, Roland Clavreul, bénévole de la Croix-Rouge en charge du projet, le père Christophe et les acteurs sociaux de l’administration, la justice et le corps médical, cinq profils de SDF ont pu être établis. 
    Il s’agit des mineurs, des jeunes majeurs âgés de 18 à 26 ans, des jeunes salariés, des sortants de prison et des personnes 
    âgées.

    Maltraitance et addictions

    Tous, selon Maiana Bambridge, ont toutefois un dénominateur commun qui les a conduits à cette errance : “La maltraitance psychologique ou physique, des liens familiaux cassés ont systématiquement été constatés ; auxquels s’ajoute à chaque fois une consommation excessive de paka et d’alcool”. 
    Autre point commun relevé, notamment par les travailleurs sociaux de terrain qui agissent depuis de nombreuses années, c’est l’atteinte psychiatrique de ces personnes. 
    “Ils ne naissent pas déséquilibrés”, explique Maiana Bambridge. “Ce sont les violences psychologiques subies tout au long de leur parcours, leur addiction et la rue qui les aspirent complètement et qui les fragilisent définitivement”. 
    Selon l’un des travailleurs sociaux de terrain présent lors de la réunion de synthèse le mois dernier, ce sont neuf SDF sur dix qui présenteraient des troubles psychiatriques. “Une réalité alarmante, mais qui traduit le malaise actuel de la société polynésienne”, explique Maiana Bambridge qui ajoute : “Le mode d’expression des jeunes d’aujourd’hui, c’est la violence. Verbale, physique, psychologique… Ils ne se font pas de cadeaux. Les passages à l’acte qu’on lit dans les journaux en sont le reflet. Les gens n’ont pas besoin d’être dans la rue pour se comporter comme des animaux. Les couples se tabassent jusqu’à la mort, les conflits entre voisins se terminent au coupe-coupe, un oubli de priorité et on se casse la figure. La violence de la rue, elle a un avant, elle a une famille. Et à travers le regard des SDF, c’est la famille polynésienne qu’on observe.”
    Suite à ce constat, l’ensemble des personnes ayant collaboré à ce rapport – et elles sont nombreuses – ont apporté des idées et préconisations pour agir rapidement face à cette multiplication par dix du nombre de SDF en l’espace de 20 ans.
    C’est donc muni de ce rapport exhaustif que le collectif Te Ta’i Vevo est allé avant-hier à la rencontre du président du Pays, Édouard Fritch. 
    Selon Maiana Bambridge, le président prévoit la mise en place d’actions concrètes pour ce début d’année. “Aujourd’hui, nous avons besoin d’agir, la réflexion est terminée”, a conclu la vice-présidente de la Croix-Rouge en Polynésie. 

    Jennifer Rofes

    Jacques 2015-11-06 16:34:00
    "Les SDF ne sont que l'image de la societe familliale Polynesienne."

    ...Vraiment! Plutot que de pointer du doigt la socio-culture Polynesienne, pourquoi ne pas denoncer les vraies raisons de cette violence, a savoir de profondes inegalites economiques et sociales? Il me semble que la souce du probleme est avant tout politique et structurelle. Quand a la famille Polynesienne, n'oublions pas qu'elle se caracterise egalement par une grande solidarite et ouverture de coeur. La cause ultime de cette violence est une inequite et misere extreme, et non une defaillance endemique familliale ou culturelle.

    Vous pouvez etre sur que rien ne se sera fait sur la base de ce rapport!
    Kmille 2015-11-06 05:51:00
    Pas de tinito ni de popaa comme sdf...pourquoi? a tahiti tu peux t en sortir c est la galere si tu reste en ville dans la rue...les gens sont genereux et y a toujours du travail faut juste se lever et aller chercher....pas rester a rien faire....
    Broux 2015-11-06 01:07:00
    Chaque fois que l’on refuse 1 milliard pour le logement, c’est 10 milliards que l’on prépare pour les tribunaux, les prisons, les asiles de fous.
    Martin 2015-11-06 00:56:00
    gouverner c'est d'abord loger son peuple.
    lecteur 2015-11-05 13:12:00
    faut arretter de se leurrer ... dans 20 ans il faura encore multiplier ce chiffre par 10 ... 4000 ... jamais personne dans les gouvernements ne vont se bouger pour eux ............
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