Absentéisme chez les enseignants : Nicole Sanquer part en guerre

    vendredi 24 juin 2016

    Jeudi, lors du séminaire des directeurs d’école et des CJA, Nicole Sanquer a annoncé vouloir partir en guerre contre l’absentéisme grandissant du personnel enseignant. ( Crédit Christophe Cozette)

    Jeudi, lors du séminaire des directeurs d’école et des CJA, Nicole Sanquer a annoncé vouloir partir en guerre contre l’absentéisme grandissant du personnel enseignant. ( Crédit Elénore Pelletier)

     

    “Je dis ‘stop’ à l’absentéisme de convenance et je vous appelle à m’aider”, a scandé la ministre de l’Éducation, Nicole Sanquer, jeudi, lors du séminaire des directeurs d’école et de Centres pour jeunes adolescents (CJA).

    Ce séminaire, qui a lieu une fois par an, réunit tous les directeurs d’école du premier degré, afin de faire le bilan de l’année scolaire écoulée et de présenter les grandes orientations de l’année à venir.

    Et cette fois-ci, la ministre en a profité pour faire part de son ras-le-bol face à l’absentéisme grandissant du personnel enseignant.
    “Chaque mois, je reçois le détail des absences dans les écoles. Les chiffres sont alarmants. J’ai entre 105 et 160 absents chaque jour dans le premier degré. Les raisons sont diverses : il y a les formations syndicales, les autres formations, les ‘garde malade’, les allergies aux élèves, le fiu… mais aujourd’hui, vu le contexte, on ne peut plus se permettre autant d’absents”, a-t-elle déclaré. D’autant plus que pour la rentrée prochaine, 20 postes d’enseignants ont été supprimés et 18 postes transférés dans le second degré.

    “Pour l’Éducation nationale, le premier degré est surdoté. Et pourtant, nous n’arrivons pas à assurer les heures d’enseignement pour chaque élève”, a-t-elle ajouté.  
    La ministre a donc appelé les directeurs d’établissement à porter une attention particulière au personnel souvent absent et à effectuer des signalements auprès de la direction générale de l’éducation et des enseignants (DGEE) dès que nécessaire.

    Elle a assuré que des sanctions seront prises par le ministère et le vice-recteur “pour le bien du système et la réussite des élèves”.
    D’ailleurs, on se rappelle que lors du séminaire annuel des personnels d’encadrement du système éducatif de Polynésie française, qui avait eu lieu en avril, le vice-recteur s’était déjà positionné sur le sujet, évoquant la possibilité de “désindexer” ceux qui abusent et le projet de mettre en place “des médecins agréés pour effectuer quelques contrôles”.

    Nicole Sanquer veut également faire la guerre aux personnels présentant une insuffisance professionnelle. Elle a d’ailleurs rappelé que, cette année, deux enseignants avaient été révoqués pour ce motif. “Ça a mis trois ans parce qu’il a fallu une première inspection pour constater l’insuffisance. Puis une seconde par un autre inspecteur pour confirmer les conclusions de la première, et ensuite, une formation pour accompagner l’enseignant, avant de pouvoir prendre des dispositions. Continuez à faire des signalements, car les dossiers aboutissent”, a-t-elle affirmé. 

    É.P.

     

    Le séminaire a réuni plus de 100 directeurs d’établissement de Tahiti et des îles. (Crédit Elenore Pelletier)

    Le séminaire a réuni plus de 100 directeurs d’établissement de Tahiti et des îles. (Crédit Elenore Pelletier)


     

    Des vacances de la Toussaint plus longues, pour éviter le décrochage scolaire

    Nicole Sanquer a annoncé une modification du calendrier pour l’année scolaire 2016/2017.
    Les vacances scolaires de la Toussaint, qui s’étendent actuellement sur une semaine, seront ainsi rallongées d’une semaine supplémentaire.
    Au lieu de commencer le 27 octobre au soir, les congés démarreront le 28 octobre, à midi. Et plutôt que de revenir en cours le 7 novembre, élèves et enseignants reprendront le 14 novembre au matin.

    “À l’origine, c’est une mesure qui a été prise pour les îles. Nous avons en effet réussi à obtenir plus de 136 millions de francs pour ramener les élèves en internat chez eux à cette période de l’année, car nous avons pu constater que six mois sans voir la famille, cela encourage le décrochage scolaire dans les archipels éloignés”, explique Nicole Sanquer.
    Pour que ce rapatriement soit bénéfique, le ministère de l’Éducation a décidé d’allonger les vacances scolaires de la Toussaint d’une semaine supplémentaire. En contrepartie, ces jours chômés seront rattrapés en fin d’année scolaire. Ainsi, au lieu de commencer le 26 juin à midi, les vacances scolaires démarreront le 30 juin à midi (avec une journée pédagogique ce jour-là).

     

     

     

    Amélioration du niveau des élèves du premier degré

    Chaque année, les élèves de CE1 et de CM2 sont soumis à une évaluation nationale, portant sur les compétences en français et en mathématiques.
    “L’état des lieux de notre système éducatif, il y a deux ans, interrogeait sérieusement : 38 % des élèves en fin de CM2 avaient des acquis insuffisants en français. Mais, après analyses des évaluations nationales auxquelles ont été soumis les élèves, cette année, ce pourcentage est descendu à 28 %”, s’est réjouie Nicole Sanquer. Des résultats encourageants que la ministre explique, entre autres, par la mise en place de zones REP + (Réseau d’éducation prioritaire) en Polynésie française. À la rentrée scolaire 2015/2016, trois REP + ont en effet été créées à Faa’a, Papara et aux Tuamotu, afin de mieux accompagner les élèves en difficulté.

    “Les moyens complémentaires que nous avons mis dans ces zones-là portent leurs fruits, puisque les résultats des évaluations nationales ont progressé”, a expliqué la ministre. Sur l’ensemble des REP +, un gain important en termes de réussite scolaire a été observé : +24 % d’élèves ayant des acquis solides en français et +25 % d’élèves ayant des acquis solides en mathématiques. “Ces résultats ont donc justifié la demande d’intégration des établissements de Apatea et Tiamao, au REP + de Papara”, a souligné la ministre.

     

     

    Réforme des programmes et nouveautés

    La ministre de l’Éducation a annoncé la mise en place d’un nouveau cycle 3, qui inclura les classes de CM1, CM2 et 6e, pour permettre une meilleure continuité vers le second degré. Les programmes de l’école maternelle, de l’école élémentaire et du collège ont donc été réactualisés en ce sens et seront soumis mercredi prochain à l’avis du haut comité de l’éducation. Elle a également annoncé que l’enseignement des langues polynésiennes sera effectif en 6e dès la rentrée prochaine.
    D’autre part, les Centres pour jeunes adolescents (CJA) et les Centres d’éducation aux technologies appropriées au développement (Cétad) font l’objet d’une réforme pour redynamiser ces structures au sein de la voie professionnelle et technologique.
    “Pour la première fois, depuis plus de dix ans, un concours de recrutement des moniteurs d’enseignement pratique sera organisé le mois prochain. Et pour la première fois également, les diplômes préparés en Cétad seront bien reconnus par l’État comme étant de niveau 5”, a expliqué Nicole Sanquer.

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