Accident à Arue – Soleil et vitesse : un mélange mortel sur la route

    jeudi 16 juin 2016

    À Arue, près des lieux de l’accident mortel de dimanche dernier, plusieurs automobilistes confient avoir déjà été éblouis par le soleil le matin ou en fin d’après-midi. Des internautes appellent les chauffards à ralentir.

    À Arue, près des lieux de l’accident mortel de dimanche dernier, plusieurs automobilistes confient avoir déjà été éblouis par le soleil le matin ou en fin d’après-midi. Des internautes appellent les chauffards à ralentir.

    Dimanche dernier, vers 7 heures à Arue, une femme de 71 ans est décédée après avoir été percutée par une voiture sur le passage piéton situé entre la station Mobil et le magasin Vaiata.

     
    La conductrice, âgée de 65 ans et qui circulait dans le sens Papeete-Mahina, était sobre. Son véhicule était en règle et sa vitesse ne semblait pas excessive, d’après les premières observations.
    Alors, que s’est-il passé ? La gendarmerie, qui assure que la zone n’est pas particulièrement “accidentogène”, a lancé en début de semaine un appel à témoins afin d’en savoir plus sur les circonstances du drame. Entendue, la conductrice aurait, quant à elle, confié avoir été éblouie par le soleil rasant… Une explication qui suscite de nombreuses réactions sur les lieux de l’accident et sur les réseaux sociaux.

     
    À Arue, Lowayna, que nous avons croisée hier, fait partie de ceux qui y croient : “Dimanche dernier, j’ai emmené mon tane à Carrefour avant 8 heures, et c’est vrai que j’ai trouvé que le soleil tapait fort”, explique la jeune femme de 30 ans qui se souvient avoir roulé plus prudemment que d’habitude. “Attention, je ne prends pas le parti de la conductrice, mais à 7 heures du matin, tu as le soleil en pleine face, écrit aussi un internaute sur Facebook. Pour voir les piétons, aïe aïe aïe.”

    Ajouter des dos-d’âne
    Le problème se poserait de la même façon dans le sens Mahina-Papeete en fin d’après-midi. “Ça m’arrive souvent, vers 16 heures, d’avoir le soleil dans les yeux, raconte ainsi Helena, une automobiliste de 35 ans croisée à la station Mobil. Il y a quelques années, j’ai eu un accident sur le passage piéton juste-là. Un petit garçon a traversé et on ne l’a pas vu à cause du soleil. On a freiné au dernier moment, les voitures derrière nous sont rentrées dedans…”

     
    Une femme de 57 ans, comme d’autres usagers, jure au contraire n’avoir “jamais” eu besoin d’abaisser son pare-soleil, ni très tôt le matin, ni dans l’après-midi, sur cette route qu’elle emprunte quotidiennement, en 4×4 ou en citadine.
    Tous, néanmoins, mettent en cause la vitesse excessive de nombreux automobilistes. “Ça va un peu vite”, observent ainsi deux adolescentes de 12 et 13 ans, qui rentrent à pied du collège. “Les voitures filent beaucoup par ici, les gens tournent vite”, confirme une matahiapo d’environ 75 ans. “Moi-même, je n’ose pas traverser à ces endroits, les voitures se croiraient sur la RDO, du coup, elles ne laissent pas les piétons traverser”, écrit un homme sur Internet.

     
    Plusieurs idées circulent sur la Toile, parfois partagées par les habitants du quartier que nous avons rencontrés, comme celles de “mettre des dos-d’âne” avant les traversées, ou d’installer un feu qui ne s’allumerait qu’à la demande des piétons, en appuyant sur un bouton.
    Même l’idée de se cotiser pour construire une passerelle est lancée. Plus économique : jouer la prudence. Respecter les limitations de vitesse et ralentir quand on est ébloui. “Il n’y a pas de secret”, commente ainsi sur Facebook une certaine Hilary, soutenue par d’autres internautes qui demandent aux chauffards d’arrêter de trouver des “prétextes” : “Ne pas ralentir lorsque notre visibilité est nulle ou amoindrie, c’est comme conduire les yeux fermés ou sans ses lunettes de vue…”
    M.G.

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