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Accident mortel à Fakarava : Trois mois de suspension de permis et 30 000 F d’amende

mercredi 3 juillet 2019

appel justice tribunal

(© archives)

Hier matin, au tribunal correctionnel, une étudiante comparaissait pour “homicide involontaire”. Des faits requalifiés en “conduite sous l’empire d’un état alcoolique”. Elle conduisait une voiture lorsqu’un jeune homme âgé de 27 ans est décédé après avoir sauté de la benne du véhicule qu’elle conduisait.

Tout commence le 22 février 2018, dans l’après midi. En vacances à Fakarava, l’étudiante, âgée de 20 ans lors des faits, se trouvait à la plage avec des amis.

C’est alors que d’autres jeunes se joignent au groupe, amenant de l’alcool dans une glacière. La bande de huit jeunes commence à festoyer au bord de la plage, sur laquelle ils sont restés jusqu’à 19 h 30.

Premier départ à deux voitures, direction le village, avec un arrêt pour se réapprovisionner en boisson et poursuivre la fête.

Les esprits s’embrument et un des jeunes (la victime) commence à s’énerver et devient agressif. “[Il] faisait le fou. Tout le monde lui disait de se calmer”, déplore un de ses proches, dans un témoignage.

Rien ne va plus, tout le monde décide de rentrer. Une première voiture part avec quatre d’entre eux. Parmi les restants, l’étudiante est la seule à détenir le permis, et décide donc de prendre le volant.

Elle estime être la moins alcoolisée, et souhaite ramener tout le monde à bon port. Deux montent dans la cabine du pick-up, et les deux autres vont à l’arrière, dans la benne.

 

Sous l’emprise de l’alcool et du cannabis

 

Il est entre 00 h 30 et 1 heure, quand, sous l’emprise de l’alcool et du cannabis, la victime saute subitement du véhicule qui roule depuis peu.

Un des amis tape à la vitre pour que la conductrice s’arrête. Le jeune homme au sol, la bouche et les oreilles en sang, ne bouge plus.

Les jeunes essayent de joindre leurs parents, dont l’un est pompier, mais n’y parviennent pas. Une infirmière répond finalement au téléphone, puis demande que la victime soit mise en position latérale de sécurité et qu’une compresse soit appliquée pour diminuer l’écoulement du sang. Il meurt peu de temps après, alors que son père se trouvait sur les lieux de l’accident.

 

Circonstances atténuantes

 

Cousins éloignés, la victime et la conductrice se connaissaient à peine. Le jeune homme avait des problèmes d’alcool et de drogue et était venu s’installer à Fakarava depuis peu avec ses parents. Ces derniers souhaitaient l’éloigner de Tahiti, la source des problèmes de leur fils, selon eux.

Lors de l’accident mortel, personne n’avait le contrôle du jeune homme. La prévenue avait essayé de le calmer avant qu’il monte dans le benne. En vain.

“Rappelons qu’[il] s’était rendu à la plage sans permis avec la voiture de son père”, mentionne l’avocate de la défense. La même voiture que l’étudiante conduisait au moment de l’accident. Initialement, elle ne souhaitait pas rentrer au domicile de ses parents, et devait dormir sur place.

Elle explique avoir voulu rendre service en ramenant le jeune homme, et roulait doucement sur la route non éclairée, consciente qu’elle avait bu.

Une explication que conteste le représentant du ministère public : “Il faut penser à tout cela avant de boire car une fois l’alcool arrivé, les idées ne sont plus claires. Vous ne pouvez pas vous cacher derrière la volonté de rendre un service”.

Et de requérir une peine de six mois avec sursis et l’interdiction de passer le permis pendant un an.

L’étudiante en master expert comptable réside à Pau, dans l’Hexagone. Devant le casier vierge de sa cliente, et pointant le bel avenir qui lui est promis, l’avocate de la défense avait plaidé une relaxe.

La jeune femme sera finalement condamnée à trois mois de suspension du permis de conduire et à 30 000 F d’amende.

 

Compte rendu d’audience, Mona Delahais

 

 

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