Accord nucléaire iranien : Trump durcit le ton sans dévoiler son jeu

    vendredi 21 avril 2017

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    Le président américain Donald Trump durant une conférence de presse dans l’aile est de la Maison blanche, à Washington. (Photo : Saul Loeb/AFP)

    Le président américain Donald Trump a estimé hier que l’Iran ne respectait pas “l’esprit” de l’accord international sur son programme nucléaire mais est resté évasif sur le devenir de ce texte qu’il a toujours qualifié de “mauvais”.

    Considéré comme l’un des principaux succès diplomatiques de son prédécesseur Barack Obama, l’accord de juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) vise à garantir la nature strictement pacifique du programme nu­cléaire iranien en échange d’une levée partielle des sanctions internationales.

    S’il n’a pas réitéré depuis sa prise de fonctions le 20 janvier ses propos de campagne promettant de le “déchirer”, Donald Trump a une nouvelle fois martelé hier sa conviction que cet “accord terrible”, âprement négocié pendant des années, n’aurait jamais dû être signé.

    Mais il a aussi critiqué, cette fois, la façon dont les autorités iraniennes se comportaient. “L’Iran n’est pas à la hauteur de l’esprit de cet accord”, a-t-il lancé lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.

    “Nous analysons cela avec beaucoup, beaucoup d’attention et nous aurons des choses à dire à ce sujet dans un avenir pas si lointain”, a-t-il poursuivi, énigmatique sur le devenir de cet accord multilatéral connu sous son acronyme anglais JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action).

    Le président républicain a effectué ces dernières semaines une série de volte-face en matière de politique étrangère, optant en particulier pour un ton nettement plus conciliant vis-à-vis de la Chine, accusée de tous les maux durant la campagne. Mais la façon dont il entend faire évoluer les relations avec Téhéran sur le moyen terme reste difficile à déchiffrer.

    Seule certitude : le feu des critiques américaines s’est intensifié depuis quelques jours.

    Si l’administration Trump a certifié en début de semaine que l’Iran respectait ses engagements, elle a, dans le même temps, lancé un examen de l’accord visant à déterminer si l’allègement des sanctions prévu dans l’accord de 2015 correspondait à l’intérêt national des États-Unis.

     

    Activités “incroyablement destructrices”

     

    Mercredi, à Ryad, le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, martelait sa volonté de contrer les efforts de l’Iran pour “déstabiliser” la région. “Où que vous regardiez” au Moyen-Orient, “s’il y a des problèmes, il y a l’Iran”, lançait-il.

    Hier, c’est Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU, qui exhortait le Conseil de sécurité à donner la priorité aux activités “incroyablement destructrices” de l’Iran au Moyen-Orient et à accorder moins d’attention au conflit israélo-palestinien.

    Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, qui a joué un rôle central dans la négociation du JCPOA, a rejeté hier les critiques américaines.

    “Les accusations usées des États-Unis ne peuvent cacher le fait qu’ils ont admis que l’Iran se conformait” aux termes de l’accord, a écrit M. Zarif sur Twitter.

    Les relations entre les deux pays, adversaires historiques, se sont notoirement tendues depuis l’élection du magnat de l’immobilier à la Maison Blanche.

    Début février, le Trésor américain a pris des mesures de rétorsion contre 25 personnes et entités soupçonnées d’avoir apporté un soutien logistique ou matériel au programme balistique de Téhéran.

    AFP

     

     

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