Acquittement pour le beau-père accusé de viol

    samedi 17 septembre 2016

    acquittement

    Après plus de deux heures de délibération, la cour d’assises a acquitté, hier soir, un homme de 33 ans jugé pour le viol de sa belle-fille. (Photo : archives LDT)

     

    Un procès où chacun a campé sur ses positions

     

    Qui dit la vérité ? Telle est la question qui a tourmenté la cour d’assises ces deux derniers jours. Est-ce cet homme de 33 ans qui leur a fait face, un accusé qui n’a cessé de clamer son innocence, ou sa belle-fille, 14 ans, qui a maintenu, sans jamais ciller, qu’il l’avait violée la nuit du 27 juin 2012 ?

     

    Mais une adolescente, aussi, dont les déclarations ont sensiblement varié au cours de l’enquête et qui, enfant, avait accusé son beau-père de vol pour se venger d’une gifle reçue. Magistrats et avocats n’ont donc eu de cesse, hier, de les pousser dans leurs retranchements, les soumettant tous deux à un feu nourri de questions en espérant qu’il en sorte, enfin, la vérité.

    À l’image de l’avocat général, s’adressant à la jeune fille : “Lorsque l’on donne des détails qui ne sont pas les mêmes, cela s’appelle un mensonge. C’est le moment de dire la vérité si tu as tout inventé”. “Je n’ai pas inventé”, lui a-t-elle répondu des sanglots dans la voix. L’accusé, impassible, dit avoir passé la soirée “avec un copain” et être allé se coucher seul dans son lit.

    Pourquoi dirait-elle ça ?”, lui a demandé la présidente. “Je ne sais pas. J’essaye de comprendre”, a-t-il rétorqué, peu combatif. Seul élément matériel au dossier : une serviette sur laquelle des traces de sperme du trentenaire ont été retrouvées, “mélangées” à l’ADN de sa belle-fille.

     

    “Doutes”

     

    Selon l’expert en charge des analyses, cela ne démontre pas pour autant formellement que tous deux ont eu un rapport bien qu’il soit fort probable que l’empreinte génétique de la jeune fille provienne d’un “liquide corporel”. Pour l’avocat général, José Thorel, cet élément constitue néanmoins la “preuve indiscutable” que cette dernière a “dit la vérité”. “Même si elle a pu mentir par le passé, il n’y a pas, dans ce déroulé des événements, des faits qui n’ont pas été confirmés par l’enquête. (…) L’accusé a effectivement violé cette gamine et il ne veut pas le reconnaître”, a tonné le magistrat tout en requérant une peine de dix années de prison.

    Avant lui, l’avocate de l’adolescente, Me Marie Eftimie-Spitz, en était arrivée à la même conclusion : “Elle a indiqué aux enquêteurs qu’il y avait du sperme sur cette serviette (…) Comment aurait-elle pu savoir autrement ?” Et d’ajouter, en s’adressant à la cour : “Elle essaye de se rappeler car elle veut que vous jugiez en ayant la certitude que vous ayez la vérité. Mais elle a vu la psychologue et travaille pour oublier tout ça (…) Vous avez une victime normale ayant des réactions normales”.

    En défense, le conseil du trentenaire, Me Karina Chouini, a plaidé l’acquittement de son client, soulevant les “incohérences” des déclarations d’une jeune fille qui, selon elle, s’est “retrouvée piégée dans ses mensonges”. “Je ne sais pas qui dit la vérité mais l’on ne peut pas condamner quelqu’un quand il y a des doutes. Et là, ils sont nombreux”, a-t-elle lancé à la cour.

    Après plus de deux heures de délibération, la cour s’est rangée à son avis en prononçant, dans la soirée, l’acquittement. Le beau-père a donc pu quitter libre le palais de justice, comme il y était arrivé. Ce procès, qui laissera comme un goût d’inachevé, était le dernier de la session.

     

    Compte rendu d’audience
    par J.-B.C.

     

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