Addictions, violences familiales… Un plan global en préparation

    mardi 19 janvier 2016

    Le tout nouveau comité de prévention de la délinquance en Polynésie française s’est réuni, hier, pour la première fois au haut-commissariat.  Quatre groupes de travail sont chargés de réfléchir à des mesures concrètes de prévention autour des axes
    prioritaires : les addictions, la délinquance des mineurs, les violences intrafamiliales et la tranquillité publique. Un plan d’action devrait être adopté au mois de mars et les premières mesures mises en œuvre dans le courant de l’année.

    À peine créé par l’arrêté du 11 janvier 2016, le tout nouveau comité de prévention de la délinquance en Polynésie française s’est réuni, hier, pour la première fois au haut-commissariat. Coprésidée par le haut-commissaire, le président du Pays et le procureur général près la cour d’appel de Papeete, l’instance décisionnelle sera chargée de l’adoption et du suivi d’un plan de prévention axé autour de quatre priorités : les addictions, la délinquance des mineurs, les violences intrafamiliales et la tranquillité publique.
    “Si la Polynésie française est un territoire où la délinquance est maîtrisée, on assiste malgré tout à une hausse que l’on peut qualifier de préoccupante de certains indicateurs, comme les violences non crapuleuses, principalement commises dans le cadre familial, ou comme la part des mineurs mis en cause dans les faits de délinquance”, a indiqué hier Lionel Beffre, le haut-commissaire.
    Les violences volontaires à l’encontre des personnes, notamment, ont doublé en dix ans, atteignant 2 500 faits en 2014.
    Les violences sexuelles seraient, proportionnellement, deux fois plus élevées qu’en métropole. Les infractions à la législation sur les stupéfiants ont “presque triplé” sur les dix dernières années…
    “Et il y a aussi les atteintes aux biens, entre 5 000 et 7 000 faits chaque année depuis 2004”, a noté le haut-commissaire, en soulignant les “limites” de l’action répressive. “La prévention est une réponse capitale de la politique de sécurité”, a-t-il assuré.

    Le plan adopté en mars

    Les actions de l’État, du Pays et des communes seront donc désormais conjuguées, en amont, afin de traiter les causes de la délinquance : décrochage scolaire, défaillance de l’autorité parentale, désœuvrement, précarité…
    “Comment détecter les situations à risque qui peuvent dégénérer en infraction ?”, appelle à s’interroger François Badie, le procureur général près la cour d’appel de Papeete.
    Hier, quatre groupes de travail ont été mis en place afin d’y réfléchir et d’imaginer des réponses concrètes autour des quatre axes prioritaires.
    Ils rassemblent autour du parquet, selon la thématique, des juges des enfants ou des affaires familiales par exemple, des ministres (Solidarités, Jeunesse…), les personnels municipaux, les forces de l’ordre et d’autres organismes compétents comme le centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie, le Fare Tama Hau ou les responsables du contrat de ville (ex-Cucs).
    Révision des règles de distribution et de consommation d’alcool, stage de sensibilisation pour les personnes arrêtées en état d’ivresse publique, parcours santé-citoyenneté pour les élèves, augmentation des places d’internat pour les îliens, camps de “rupture” pour les jeunes délinquants, groupes de parole sur les violences conjugales, mise en place d’un téléphone portable d’urgence pour les victimes, confiscation des voitures “boum boum” au moteur trafiqué…
    Le plan d’action devrait être adopté par le conseil de prévention de la délinquance au mois de mars et les premières mesures mises en œuvre dans le courant de l’année.
    “Il permettra très vite d’avoir des orientations claires et une coordination de nos actions”, a conclu le haut-commissaire.

    M.G.

    Martin 2016-01-23 10:20:00
    "Ice" : le fléau de la drogue nippone qui frappe le Pacifique

    Par Elif Kayi
    Publié le 03/12/2014 | 15:20, mis à jour le 04/12/2014 | 11:31


    Depuis une dizaine d'années, une drogue de synthèse, communément appelée "ice", déferle sur toute la région du Pacifique.

    Si l’ectasy semble d'une manière générale quelque peu en diminution, tant en termes de production que de consommation, une autre drogue dite de synthèse - c’est à dire entièrement produite par l’homme, au contraire de drogues comme la cocaïne - s’est imposée ces dernières années dans toute la région du Pacifique.

    Qu’est-ce que l’ICE ?
    Pervitine en République tchèque, yaa baa en Asie du Sud-Est, crystal meth, crystal glass, chicken feed, crack mexicain… La liste des surnoms est longue pour le "médicament qui rend fou", cette poudre blanche et cristalline sans odeur et au goût amer, plus communément désignée sous le nom de "ice".

    Produit aussi addictif que dangereux, il s’agit d’un dérivé de la méthamphétamine, qui peut être fumé, sniffé ou injecté. La poudre peut aussi être compressée sous forme de comprimés. Les effets sont extrêmement puissants et beaucoup de consommateurs rapportent être devenus très rapidement dépendants, parfois dès la première prise.

    La drogue de synthèse « la plus violente du moment »
    Dans les années 2000, on parlait déjà de "drogue de synthèse la plus violente du moment". En 2008, lors de la conférence annuelle de l'Association des chefs de police, des policiers micronésiens révélaient que l’ice était devenue la drogue de prédilection en Micronésie.

    Une seule bouffée suffit pour procurer ce qu’on appelle le « flash », c’est à dire un sentiment d’euphorie, associé à une forte excitation sexuelle. Cet état peut durer plus de huit heures. S’ensuit alors la « descente », avec anxiété, hallucinations, paranoïa, voir même des envies de suicide.

    A long terme, un usage régulier peut souvent se révéler dévastateur : altération de la circulation sanguine et du rythme cardiaque, troubles cardio-vasculaires, lésions irréversibles des organes comme les reins ou le foie, lésions cérébrale etc...
    Broux 2016-01-23 10:00:00
    informer vraiment des dangers et des ravages de cette drogue, la drogue de synthèse « la plus violente du moment »
    car la jeunesse ainsi que les familles rurale toute entière court un risque qui menace la future prospérité de ces communautés .
    "médicament qui rend fou",
    Produit aussi addictif que dangereux dépendants, parfois dès la première prise.

    Explosion du trafic et de la consommation dans le Pacifique
    Ces dernières années, l’ice a littéralement submergé la région du Pacifique. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les saisies ont explosé d’une année à l’autre.

    L'adjoint au Commissaire de Police de Victoria, Graham Ashton, évoquant les problèmes de gangs liés au trafic de l’ice, déclarait au mois d’avril au quotidien national The Herald Sun : « Il est clair que la jeunesse rurale toute entière court un risque, qui menace la future prospérité de ces communautés ».

    En Polynésie aussi, les affaires de trafic et de laboratoires clandestins locaux font régulièrement la une des journées depuis plusieurs années.

    Ainsi, tout récemment, la cour de Papeete a jugé plusieurs personnes dans le cadre d’un trafic d’ice, en provenance du Mexique. Le principal prévu a écopé de dix ans de prison et cinq ans d’interdiction de séjour.

    Retrouvez le reportage en images de Polynésie 1ère
    Retrouvez le reportage en images de Sheima Riahi et Maurice Segu pour NC1ère :
    Martin 2016-01-20 11:58:00
    L’alcool est beaucoup plus dévastateur pour l’individu et pour la société qu’on veut l’admettre. Quelle que soit son image de fête et de convivialité, c’est bien d’une drogue licite dont il s’agit.

    L’alcool est une drogue dure, vendue à chaque coin de rue, qui concerne des millions de personnes et coûte très cher à la société. Les chiffres sont sans concession : l’alcool touche 10% de la population adulte. Soit environ cinq millions de personnes (Source Inserm). Sur ces cinq millions, deux millions se débattent avec la dépendance. C’est en fait une des addictions les plus aigües qui soient.

    Les drogues "dures" sont la cocaïne, le crack, le LSD, l'héroïne ou l'alcool. Elles entrainent une dépendance très forte et une forte nocivité. Selon une étude britannique (Croixbleue.fr), sur une échelle de dangerosité de 0 à 100, l'alcool est évalué à 72, l’héroïne à 55 et le crack à 44.
    Les drogues "douces" n'ont qu'un effet mineur sur l'organisme, elles désignent presque exclusivement le cannabis et ses dérivés. Elles peuvent entrainer une dépendance mentale très faible et le risque de décès par surdose est nul. La prise d'une drogue douce à long terme peut conduire à la toxicomanie. Le tabac est nocif et entraîne une très forte dépendance, cependant il est considéré comme une drogue douce.
    Broux 2016-01-20 11:56:00
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    Les articles Politique Société & Médias de Julien Gué

    JULIEN GUÉ Aujourd'hui

    Drogue, alcool, suicide: pourquoi la jeunesse se meurt à Tahiti ?

    Le paradis polynésien présente l'un des plus fort taux de suicide de jeunes au monde. On est en droit de se demander pourquoi, et que faire...
    Depuis une quinzaine d’année, on dénombre en Polynésie française de 200 à 300 tentatives de suicide ayant fait l’objet d’une hospitalisation. Rappelons ici que le Pays ne compte que 270.000 habitants.

    Les chiffres qui font peur
    Ce chiffre de 200 à 300 tentatives est à relativiser. Il ne prend en compte que les tentatives suffisamment graves pour avoir nécessité une hospitalisation. Autrement dit, il ne s’agit là que de passages à l’acte accomplis ayant des conséquences médicales.

    Pour ces 300 là, combien y en a-t-il eu qui ont été stoppées assez tôt ? Et quel est le pourcentage de la population des moins de 25 ans qui a, au moins une fois, songé très sérieusement à accomplir ce geste définitif ?

    Au cours de la dernière décennie, on a comptabilisé chaque année entre 18 et 36 suicides en Polynésie française. Il s’agit là, pour les jeunes de moins de 25 ans qui représentent la moitié de la population polynésienne, de la deuxième cause de mortalité.

    Sur l’ensemble de la région Pacifique, on constate une mortalité due aux suicides de 30% supérieure à la moyenne mondiale. Alors, bien sûr, la Chine et le Japon sont en partie responsables de ces chiffres, mais cela n’explique pas tout.

    En effet, les chiffres sont encore plus inquiétants dans nombre d’Etats insulaires du Pacifique Sud, dont la Polynésie française.

    Ainsi, on serait malheureux au paradis ?

    Suicides et comportements suicidaires
    Il y a d’autres moyens, moins rapides mais tout aussi efficaces, de mettre fin à ses jours que la corde ou le cocktail de médicaments. L'alcool et les drogues en général sont de ceux-là. Et lorsqu'ils provoquent un décès, ce dernier n’est pas considéré comme un suicide.

    En Polynésie française, moins de 20% des jeunes ne seraient pas concernés par la consommation abusive de ces produits.

    Combien de jeunes meurent chaque année dans nos îles, directement ou indirectement, pour avoir abusé de drogue ou d’alcool ? Nul ne le sait vraiment car jamais une enquête sérieuse et exhaustive n’a été menée sur le sujet. Et si les pouvoirs publics disposent de chiffres, ils se gardent bien de les communiquer.

    Tout comme ceux concernant les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants d’ailleurs.

    Un élément de réponse toutefois : en 2010, il y a eu 34 tués sur les routes polynésiennes. Plus de la moitié d’entre eux avaient moins de 25 ans. Les trois quarts des accidents étaient dus à un abus d’alcool… Ce taux de mortalité est deux fois plus élevé qu’en France.

    Une seule chose est certaine : alors que l’on constate, depuis deux ou trois ans, une baisse de ces chiffres en France métropolitaine, la Polynésie française peut se vanter d’avoir l’un des pourcentages de passages à l’acte les plus élevés de la planète.

    On ne serait pas heureux au Paradis ?
    Si l’on en croit le président de l’association SOS Suicide de Polynésie, le médecin psychiatre Stéphane Amadéo, « Il y a peut-être un phénomène d'insularité, une sorte de paradoxe puisqu'on a quand même des îles agréables qui devraient normalement donner la joie de vivre (...) Peut-être est-ce lié au fait d'être relativement isolé (...) Il y a plusieurs hypothèses mais pas de données précises ». L’association entend mener une grande enquête car « nous désirons connaître les aspects psychologiques, culturels et sociaux liés à ces conduites pour anticiper éventuellement les tendances et axer nos actions sur les différentes catégories de personnes ».

    Effectivement pourquoi se suicide-ton deux fois plus en Polynésie qu’en France lorsqu’on a 20 ans ?

    L’enfer du paradis polynésien
    Au-delà du mal-être inhérent à l’adolescence et à la jeunesse ainsi que l’isolement évoqué par le Dr Amadéo, quelques constats peuvent toutefois éclairer la lanterne de l’observateur.

    En premier lieu, la paupérisation galopante de la population. Et dans le même ordre d’idée, un niveau de chômage qui ne cesse de s’amplifier sans qu’aucun espoir d’amélioration n’apparaisse nulle part. Et bien évidemment les jeunes sont les plus touchés.

    Particulièrement les plus qualifiés et les plus diplômés car le clientélisme et la corruption des classes dirigeantes bloquent tout espoir d’obtenir un emploi sans être proche d’un décisionnaire ou d’un élu.

    Alors qu’environ 1500 jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année, plus de 1000 emplois sont détruits dans le même temps (-1504 emplois entre 2009 et 2010 selon l’ISPF).

    Dans le même temps, journaux, radios et télévisions ne cessent de vanter des biens ou des activités qui resteront à jamais inaccessibles à la quasi-totalité de cette jeunesse polynésienne.

    D’autre part, il est évident que l’arrogante corruption de la classe politique locale n’incite guère la jeunesse à l’optimisme. En effet, pourquoi s’engager dans des études ou une formation professionnelle quand les rares emplois sont réservés à ceux qui ont eu la chance de naître dans la bonne famille ?

    Il n’existe, en Polynésie française, aucune indemnité de chômage d’aucune sorte. Sauf celle que l’Assemblée a votée pour les ministres remerciés…

    Les prix sont ici plus élevés de 30 à 100% suivant les produits ou services qu’en France métropolitaine et les salaires y sont les mêmes, voire moins élevés. Du moins dans le secteur privé, car pour les fonctionnaires, ils peuvent être plus de deux fois supérieurs.

    Un pays qui n’offre d’autre perspective à sa jeunesse que l’inégalité, le chômage, la misère et l’intolérance doit-il s’étonner que cette même jeunesse trouve dans la délinquance, l’alcool, la drogue et le suicide une solution somme toute satisfaisante ?

    Et l’on est en droit de se demander si ce ne sont pas toutes ces raisons qui font qu’aucune enquête sérieuse sur le sujet n’ait été menée à ce jour par les autorités.
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