Des ados défavorisés abusés par des animateurs en camp de vacances

    mercredi 15 mars 2017

    justice tribunal

    Les animateurs, des connaissances du directeur, avaient été appelés à la dernière minute. (© Florent Collet)

    “La réalité pénale rattrape certaines fictions”, a remarqué le procureur au sujet de la sordide affaire jugée hier au tribunal correctionnel. À la barre, quatre hommes, tous efféminés, certains se définissant comme des raerae. Au rang des victimes, deux jeunes hommes sont présents mais quatre autres n’ont pas eu la force d’affronter leurs bourreaux.

    Ils avaient alors entre 12 et 15 ans et devaient se faire une joie de participer à un camp de vacances, au moment des fêtes de Noël, pour sortir des foyers et centres où ils avaient été placés par les affaires sociales.

    Un camp de vacances destiné à accueillir en majorité des adolescents en difficulté qui a visiblement effrayé trois animatrices qualifiées.

    La veille du camp, le directeur a donc dû faire appel à son entourage, des animateurs détenteurs d’un brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa).

    À l’issue de ces vacances de Noël 2011, la maman d’un des ados finira par porter plainte contre le directeur de ce camp mené sous la houlette du service de la jeunesse et des sports.

    Le responsable aurait en effet embrassé son enfant à plusieurs reprises, parfois pendant son sommeil, et insisté pour dormir avec lui et pratiqué des fellations.

    C’est aussi ce qui est reproché aux trois autres prévenus. L’un d’entre eux n’était pas animateur mais avait porté assistance, compte tenu de la présence de ses petites sœurs.

    Deux seulement ont reconnu les faits et les deux autres les ont niés, malgré les nombreux témoins ayant assisté aux séances de fellation ou de masturbation. Il s’avère par ailleurs qu’alcool et pakalolo auraient été fournis pour la soirée du réveillon.

    Le procureur a balayé toutes circonstances atténuantes aux prévenus qui, dans leurs parcours de vie, auraient pu subir de tels sévices.

    L’avocate des parties civiles a, de son côté, souligné l’effet destructeur de ces actes sur ces jeunes déjà en difficulté, à un âge où se construit l’identité sexuelle. Et de demander aux prévenus des sommes allant de 500 000 à 800 000 F au titre du préjudice moral.

    Le procureur a requis quatre ans de prison assortis de deux ans de sursis à l’encontre du directeur et d’un autre prévenu, et deux ans de prison avec sursis pour les deux autres. Il a également demandé l’interdiction d’exercer un métier en contact avec les enfants pour les trois personnes susceptibles d’avoir cette activité. Le délibéré sera rendu le 16 mai.

     

    F.C.

     

     

     

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