Afaahiti – Nick Hanakahi, sculpteur de bronze

    mercredi 28 septembre 2016

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    Nick Hanakahi, lors de la première étape du processus : le modelage de la cire. (Photo : Anne-Charlotte Bouleau)

     

    Originaire de Punaauia, Nick Hanakahi a élu domicile à la Presqu’île, il y a de nombreuses années. Dans son petit coin de paradis, offrant une vue imprenable sur l’océan depuis les hauteurs du lotissement Raimatea, à Afaahiti, ce mécanicien de profession a aménagé une petite fonderie, qu’il fait tourner depuis un an, revenant ainsi, à 52 ans, à une passion de longue date, peu répandue au fenua : la sculpture en bronze.

     

    J’ai découvert cette activité grâce à mon ami, l’artiste américain Daniel Halverson. Je n’ai pas tout de suite accroché. C’est venu avec le temps, en voyant tout ce qu’on pouvait faire avec cette technique. On s’est côtoyé une dizaine d’années avant qu’il s’en aille ; il n’est plus de ce monde aujourd’hui. J’ai longtemps conservé ce savoir-faire, sans vraiment l’exploiter”, confie Nick Hanakahi.

    Ce qui me plaît, c’est de pouvoir faire quelque chose de différent, comparé à la pierre ou au bois”, ajoute-t-il. L’artiste apprécie ce rapport de force avec la matière, que seules les flammes se révèlent capables de dompter. Les fours, l’un de décirage, l’autre de fusion – tous deux construits par lui-même – constituent ainsi les pièces maîtresses de son atelier.

    Le premier tourne à 400 °C pendant 24 heures en vue d’extraire le motif en cire encastré dans un moule en plâtre réfractaire – on parle de moulage à la cire perdue. C’est dans cette empreinte qu’est ensuite coulé le bronze, rendu liquide après avoir passé une heure dans le second four, chauffé à 1 500 °C.

     

    Des créations uniques et “immortelles”

     

    Libérée de son moule, immanquablement sacrifié lors de cette étape, la sculpture apparaît enfin. “L’avantage, avec cette technique, c’est que chaque exemplaire est unique”, souligne Nick Hanakahi. Mais le processus de création ne s’arrête pas là. Il faut nettoyer la pièce, pour pallier d’éventuels défauts.

    Vient ensuite l’étape de la patine, lors de laquelle un acide est appliqué à chaud, de façon à parer la sculpture d’un beau vert émeraude, selon l’effet recherché. Pour contrôler l’oxydation du bronze sur le long terme, l’artiste ajoute parfois une couche de verni.

    Je travaille entre dix et douze moules d’un coup dans mon four à décirer. Une fournée représente environ un mois de travail, de la cire aux finitions”, précise-t-il. Bougeoirs, vases, appliques murales et objets d’art, Nick Hanakahi se limite pour l’instant à des créations d’une trentaine de centimètres, au gré de son inspiration et de ses commandes. Il n’oublie pas pour autant ses racines polynésiennes, en intégrant la figure du tiki à quelques-unes de ses œuvres.

    Malgré cet alliage détonnant, il n’échangerait sa matière première pour rien au monde. “Le bronze est différent parce qu’il te permet de créer quelque chose de quasiment immortel”, affirme-t-il. Sur sa lancée, Nick Hanakahi souhaiterait également qu’une exposition puisse prendre forme, en compagnie d’autres artistes de sa trempe.

     

    A.-C.B.

     

    CONTACT
    PK 6, lotissement Raimatea, à Afaahiti.
    Tél. : 87.28.72.65.

     

     

        Retrouvez dans notre édition du Mercredi 28 septembre 2016 :   

    • L’art du recyclage
    • Plus de photos des créations de Nick Hanakahi

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