Habillage fond de site

Affaire de la citerne d’Erima – Nouvelle inéligibilité requise contre Flosse

vendredi 7 juin 2019

Les deux hommes se sont évités durant toute la journée d’audience. Photo : Florent Collet

Les deux hommes se sont évités durant toute la journée d’audience. (Photo : Florent Collet)

À chaque entrée dans la salle d’audience, ils se sont scrupuleusement évités et ne se sont jamais salués. Chacun restant avec sa compagne et quelques fidèles de part et d’autre de la salle d’audience. Il est révolu le temps où le gendre apprenait tout de son beau-père, l’époque où Gaston Flosse laissait les rênes de la mairie de Pirae à son premier adjoint Édouard Fritch pour mieux le faire élire aux élections suivantes.

Ils sont loin également les jours où Gaston Flosse pouvait utiliser les camions de pompier de Pirae pour aller construire sa maison à Arue sur les hauteurs de Erima ainsi que de faire supporter des factures d’électricité allant de 500 000 F à un un million de francs pour faire fonctionner une pompe alimentant une citerne sur la terre de Gaston Flosse, mais également celle de Jacky Teuira, l’ancien maire de Arue cofondateur du Tahoera’a, également président du Pays pendant un court laps de temps, et président du service central hydraulique qui regroupait les communes de Pirae, Arue, Mahina et Hitia’a pour la gestion de l’eau.

“C’était facile pour Gaston Flosse, il avait toutes les cartes en main”, a expliqué Guy Teuira, le frère de Jacky au sujet de l’affaire qui a valu le renvoi d’Édouard Fritch et Gaston Flosse devant le tribunal correctionnel pour détournement de biens publics.

Il est reproché à Gaston Flosse d’avoir alimenté sa citerne d’eau pour sa demeure construite en 1989 grâce au captage de la Nahoata à Pirae. L’eau était ensuite envoyée dans les hauteurs grâce à des canalisations construites pour l’occasion et à une pompe dont la facture astronomique a représenté jusqu’à 16 % du total de la facture d’électricité de Pirae.

Vingt-quatre autres maisons s’installeront au fur et à mesure sur place et profiteront d’une eau gratuite. Puis survint le Taui en 2004, une lettre de dénonciation de Yves Conroy et une enquête de la chambre territoriale des comptes.

 

“Le dossier était plus compliqué”

 

À la barre hier, Gaston Flosse, qui ne reconnaît pas les faits qu’on lui impute, indique avoir agi dans l’intérêt général, expliquant par exemple qu’il faisait régulièrement intervenir les pompiers pour fournir de l’eau à ses administrés.

Édouard Fritch, lui, est renvoyé pour ne pas avoir dénoncé les faits alors qu’il avait pris la tête de la mairie. “Je n’ai pas voulu fermer les yeux, assure-t-il, j’ai été informé de cette situation, mais le dossier était plus compliqué que ce que je pensais. Le plus simple aurait été de couper l’eau, mais ce n’était pas possible.”

Le juge du tribunal l’interroge sur l’ensemble des faits et notamment ceux commis par Gaston Flosse. Il hésite : “Cela ne devrait pas continuer à être toléré” et il explique qu’à l’époque il voulait avant tout mettre en place le schéma directeur de l’eau pour la commune et reconnaît finalement à son encontre : “On aurait dû arrêter plus vite et régler cette affaire plus vite”.

Le juge veut savoir ce qu’Édouard Fritch pense du système mis en place par Gaston Flosse. “C’est condamnable”, glisse-t-il du bout des lèvres. C’est l’avis du procureur qui a requis deux ans de prison avec sursis, trois ans de privation de droit civique et civil et une amende de 10 millions de francs à l’encontre de Gaston Flosse, et 5 millions d’amende à l’encontre d’Édouard Fritch.

Le délibéré doit être rendu le jeudi 27 juin.

 

Compte rendu d’audience F.C.

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Selon vous, qui sera élue Miss Tahiti 2019 :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete