Affaire de la SEP : Hubert Haddad de retour chez le juge

    mardi 21 juin 2016

     

    Hubert Haddad et l’un de ses avocats, Me Francis Szpiner, lundi après-midi, avant leur rendez-vous dans le bureau du juge d’instruction. (Crédit J-B. Calvas)

    Hubert Haddad et l’un de ses avocats, Me Francis Szpiner, lundi après-midi, avant leur rendez-vous dans le bureau du juge d’instruction. (Crédit J-B. Calvas)

    C’est un dossier mis en sommeil depuis plusieurs années qui a soudain refait surface, lundi.

    En l’occurrence, celui de la Société environnement polynésien (SEP), une société d’économie mixte (SEM) dont la gestion, de 1997 à 2007, avait été sévèrement critiquée par la chambre territoriale des comptes (CTC) dans un rapport datant de 2010.

    Lundi après-midi, donc, le patron du groupe 2H, Hubert Haddad, assisté de ses avocats dont le ténor parisien Me Szpiner, a été longuement auditionné par le juge d’instruction Laurent Mayer.

    À la clé : une probable mise en examen de l’homme d’affaires bien que la mesure n’eût pas encore été actée à l’heure où nous mettions sous presse.
    Dans ce dossier l’ancien PDG de la SEP, Karl Meuel et l’ex-bras droit d’Hubert Haddad ont, eux, d’ores et déjà été mis en examen. Le premier en février 2011 pour détournement de fonds par personne chargée d’une mission de service public. Et le second, deux ans plus tard, pour complicité de corruption passive.

    C’est le rapport de la CTC cité plus haut qui était à l’origine de l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Papeete.
    Dans le document, la juridiction financière pointait du doigt les agissements d’un “PDG omnipotent, insuffisamment contrôlé” et “disposant d’une situation privilégiée”.
    À titre d’exemple, en 2010, Karl Meuel se serait octroyé quelque 4,8 millions de francs d’avances sur salaires alors qu’il jouissait d’une confortable rémunération.
    La CTC consacrait également plusieurs pages aux relations étroites qu’entretenait la SEP avec le groupe d’Hubert Haddad.

    “Depuis 2001, les contrats passés avec les sociétés du groupe 2H, d’autres sociétés d’Hubert Haddad et ECR, appartenant à des membres de sa famille, ont été de plus en plus nombreux, au point de représenter en moyenne la moitié des investissements en communication de la SEP sur la période 2001-2008 (…) Entre 2003 et 2008, les montants facturés à la SEP par le groupe 2H et d’autres sociétés proches d’Hubert Haddad ont été multipliés par près de 7 alors que, dans le même temps, les sommes dépensées au titre des campagnes d’information et de sensibilisation au tri sélectif n’ont été multipliées que par 4”, écrivaient, entre autres, les magistrats suspectant des malversations.
    Six ans après la publication du rapport, les investigations sont donc toujours en cours. 

    J.-B.C.

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