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Affaire Grégory – “Mon cousin ment”, lâche Murielle Bolle

vendredi 11 août 2017

affaire gregory

Murielle Bolle, le 5 novembre 1984. (PHOTO : Jean-Claude DELMAS/AFP)

Le contenu de la confrontation entre Murielle Bolle et son cousin, organisée le 28 juillet, dans les locaux de la Chambre de l’instruction de Dijon (Côte-d’Or), a commencé à fuiter. Le journal L’Express dévoile, dans son édition de mercredi, des détails du procès-verbal de cette étape décisive dans l’affaire de la mort du petit Grégory Villemin, relancée en juin, près de 33 ans après les faits.

Le huis clos a duré trois heures. Trois heures dans les entrailles de la Cour d’appel de Dijon, en Côte-d’Or. Sous les yeux de la présidente de la Chambre de l’instruction Claire Barbier et du procureur général Jean-Jacques Bosc, Murielle Bolle, mise en examen pour “enlèvement suivi de mort”, a fait face à son cousin.

Le 15 juin, après avoir appris l’arrestation du grand-oncle et de la grand-tante de Grégory Villemin, retrouvé mort dans la Vologne un soir d’octobre 1984, ce proche s’est confié aux gendarmes. Il leur a raconté avoir assisté, le soir du 5 novembre 1984, au lynchage familial de sa cousine, dont les aveux avaient provoqué quelques heures plus tôt l’arrestation de Bernard Laroche, son beau-frère, pour l’enlèvement du petit.

La jeune fille, alors âgée de 15 ans, s’était rétractée dès le lendemain.

Cette version des faits est niée par Murielle Bolle. Alors qui dit vrai ? C’est ce que cherchait à déterminer cette confrontation. Si chacun est resté sur ses positions, les échanges qui filtraient hier sont plutôt tendus entre les deux cousins, comme le dévoile le journal L’Express.

Murielle dit d’abord ne pas reconnaître son cousin germain : “Je n’ai pas de souvenir de lui, et même le nom ne me dit rien”.Mais en face, le proche ne se laisse pas déstabiliser. “En fouillant sa mémoire, il distille plusieurs anecdotes prouvant qu’il a séjourné en vacances chez les Bolle à Granges-sur-Vologne durant son adolescence”, relate le journal.

Le cousin rentre ensuite dans le vif du sujet. La fameuse soirée de novembre 1984 où il affirme que la famille de Murielle Bolle l’a fait changer son témoignage par la force. “La première claque qu’elle a prise, c’est par sa mère. Marie-Ange [sœur de Murielle] lui a sauté dessus.[…] Elle s’est fait frapper surtout par Marie-Ange. Je l’ai vu de mes propres mes yeux. Sa sœur avait même une mèche de cheveux dans les mains”.

D’après le cousin, l’un des avocats des Bolle s’est finalement interposé, avant d’organiser la rétractation de Murielle Bolle devant la presse.

“Sur photo, il le désigne comme étant Paul Prompt, décédé en février 2017. Problème : l’épouse du défunt a assuré au Figaro que l’avocat n’était arrivé dans les Vosges que le 8 novembre 1984. Soit deux à trois jours après la soirée en question”, raconte L’Express.

“Je peux faire erreur sur la date mais pas sur l’événement. Pensez-vous que je serais assez fou pour inventer une telle connerie si je n’étais pas certain qu’il était là, cet homme ? Il a empêché un lynchage !”, se défend le cousin germain, en admettant cependant “une faille par rapport à la date”.

Il donne ensuite des précisions sur les confessions supposées de Murielle Bolle, alors qu’elle se retrouvait esseulée. “Elle m’a raconté qu’elle était avec Bernard et son fils, Sébastien. Que Bernard a pris le petit Grégory d’un point A à un point B. Qu’il est descendu de la voiture au point B avec le petit, qu’il est revenu sans le petit”. Avant d’ajouter : “Il y avait deux personnes qu’elle n’a pas pu reconnaître”.

Cette affirmation aurait-elle un rapport avec l’arrestation, en juin, de l’oncle de Grégory, et de son épouse ? “Je n’ai jamais voulu faire le buzz ou le quart d’heure américain ou le mythomane. J’ai seulement voulu apporter une vérité sur un secret qu’on m’a confié et que je pensais sans importance, jusqu’à ce que j’apprenne l’arrestation de Jacqueline et Marcel Jacob. J’ai su que Murielle m’avait dit la vérité”, explique le cousin. “Pour moi, c’est un mensonge !”, réplique Murielle Bolle.

“Mes jours sont comptés, je ne viens pas t’accuser de quoi que ce soit. Je dis que tu es une victime”, renchérit le cousin germain. “Compte tenu de son état de santé et des ennuis que cela lui apporte, quel serait son intérêt à dire des choses fausses ?”, relance la juge d’instruction. “Je ne sais pas mais il ment”, persiste Murielle Bolle.

D’après L’Express, elle répète alors qu’elle n’a jamais été frappée, “ni par (ses) parents, ni par (sa) sœur”, que ce sont les gendarmes de l’époque qui ont “fait pression” pour qu’elle invente un scénario contre Bernard Laroche. “Je suis innocente. Je n’ai pas participé à la mort de Grégory, ni Bernard non plus”.

Après un mois en détention, Murielle Bolle a finalement été remise en liberté, sous contrôle judiciaire, début août.

“Cette confrontation a détruit complètement la crédibilité de ce témoin, maintient aujourd’hui Christophe Ballorin, l’avocat de Murielle Bolle, cité par L’Express. Il est beaucoup moins affirmatif et plus hésitant que lors de ses premières auditions. Il n’y a aucune rigueur ni précision dans ses propos”. Pour le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, au contraire, le cousin est un témoin “crédible”.

AFP

 

 

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