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Affaire Mathilde : le conducteur écope de six années de prison

jeudi 14 septembre 2017

Affaire Mathilde accident de voiture

Avant-hier, le procès s’est déroulé devant une salle archicomble avec la famille de Mathilde, assise sur le banc des parties civiles. Mes Cécile Moresco (à gauche) et Denis Milliard ont défendu
le passager et le conducteur. Ce dernier a été condamné à six ans de prison. Le tribunal a ordonné le mandat de dépôt. (© LNC)

Comme elle avait commencé, l’affaire Mathilde s’est refermée dans la douleur, avant-hier. À l’énoncé du délibéré, la famille de la jeune infirmière de 23 ans n’a pas montré d’émotion particulière.

Quelle que que soit la peine, “cela ne pourra jamais faire revenir Mathilde”, témoigne Pauline, sa sœur. “Je ne leur pardonnerai rien, pas une miette. Eux, ils sont vivants, pas elle”, avait prévenu le père de Mathilde un peu plus tôt dans la journée.

À quelques mètres de cette famille “ravagée”, la maman d’Allan Nicol ne peut empêcher les larmes de couler sur son visage. Son fils, 19 ans, vient d’être condamné à six ans de prison pour avoir percuté Mathilde au volant de sa voiture, le 19 août 2016, sur l’Anse- Vata. Sous les yeux de sa maman et de ses amis, il est emmené dans les geôles du palais de justice avant d’être transféré vers le Camp-Est.

Son ami, Thomas Louviers, passager dans la voiture, l’accompagne du regard. Il écope de huit mois de prison et évite le Camp-Est.

Avant même que le procès ne démarre, Allan Nicol s’était fait remarquer, insultant dans la salle des pas perdus le petit ami de Mathilde. Le public venu nombreux assister aux débats pouvait enfin voir le visage de ces deux jeunes qui ont tant défrayé la chronique. Tout le monde attendait leurs explications.

“J’ai manqué de responsabilité, on est inconscient à cet âge”, a exprimé, à la barre, Allan Nicol. “Mais pourquoi vous ne vous êtes pas rendus alors qu’il y avait des appels à témoins ?”, demande la présidente du tribunal, Évelyne Camerlynck. “J’ai manqué de courage. Ensuite, je me suis noyé dans l’alcool”.

Le prévenu rappelle qu’il a rapidement confié à ses proches avoir “fait une grosse bêtise”. Quelques jours après, son ex-petite amie avait déposé une lettre au commissariat. C’est comme cela que l’étau s’était resserré autour des deux prévenus. “Sa façon à lui de se dénoncer a été de parler à ses proches. Il avait besoin que cette clandestinité cesse”, défend son avocat, Me Denis Milliard.

Allan Nicol, qui avait obtenu son permis de conduire quinze jours avant l’accident, laisse l’image d’un jeune parfois arrogant, souvent nerveux et d’un aplomb rare pour un si jeune homme. “Une personnalité électrique”, résume Me Martin Calmet, un des deux avocats de la famille Molina.

“Vous dégagez une désagréable impression de je-m’en-foutisme”, s’étonne la présidente. Les faits sont là : il y a ce contrôle routier, quinze jours après avoir “shooté” Mathilde, où Allan Nicol est arrêté par la police ivre au volant sur l’Anse-Vata. À l’époque, personne ne sait encore qui a renversé la jeune femme.

Il s’en sort avec une suspension de permis. Puis son attitude générale au procès. “On a l’impression que vous n’avez pas réalisé ce que vous avez fait”, s’interroge la magistrate. Son aplomb s’est vite estompé lorsqu’il a été invité, avec Thomas Louviers, à regarder les insupportables clichés de Mathilde lors de son hospitalisation.

“Regardez, ne baissez pas les yeux ! Pendant que vous vous amusiez, voilà ce que la victime endurait”, assène la présidente. À la fin de l’audience, Allan Nicol a présenté ses excuses, “même si elles ne sont pas acceptées”. Ce procès n’est qu’une étape pour la famille Molina. “De ma fille, il ne me reste plus qu’une tombe”, fond en larmes Odile, la maman de Mathilde.

 

Les Nouvelles calédoniennes

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