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Affaire Radio bleue – Un an de prison ferme requis contre Émile Vernaudon

mercredi 18 janvier 2017

pomare vernaudon

“Je ne me suis pas enrichi avec la politique”, a clamé, main sur le cœur, Émile Vernaudon (en arrière-plan). (© Florent Collet)

95 millions de francs ! C’est le montant des subventions accordées par la commune de Mahina pour les années 2006, 2007 et 2008 à l’Association pour la promotion de l’identité polynésienne (Apip), qui les reversait ensuite à Radio bleue. Un média, dont la justice estime que le tavana de l’époque Émile Vernaudon avait fait son outil de propagande.

“Ce n’est pas une première que ce genre d’affaire est traité ici”, a évoqué le président du tribunal correctionnel, allusion à peine masquée au procès de Radio ma’ohi de l’an dernier.

Mais au-delà de l’outil propagande, c’est aussi le fait que des fonds publics aient servi à rémunérer Gilles Tefaatau et Joinville Pomare, alors que ce type de radio associative n’est censé fonctionner qu’avec des bénévoles.

“Ce dossier s’inscrit dans un contexte, dans une époque où l’on faisait peu de cas de la probité, où un certain nombre d’élus, dont a fait partie M. Vernaudon, avaient tendance à considérer que les fonds publics étaient finalement des fonds privés dont on pouvait disposer. Ce n’est un secret pour personne, c’est quelque chose qui était généralisé à l’époque et, aujourd’hui, il faut effectivement rendre des comptes à la justice”, explique Me Toudji, qui défend les intérêts de la commune de Mahina.

Mais pour Me Sylvain Fromaigeat, le conseil du shérif de Mahina, les autorités auraient dû intervenir plus tôt.

“L’instruction a montré d’une part que, certes, cette radio avait une coloration politique mais elle avait aussi un intérêt en termes d’information locale et, plus généralement, un intérêt général à destination de l’ensemble de la Polynésie pour un certain nombre d’informations, d’émissions culturelles, parce que la zone de diffusion dépassait très largement Mahina. Ce qui est un peu gênant, c’est que l’on dise aujourd’hui que c’était quelque chose qui était patent, alors même que les organes de contrôle qui étaient l’État et le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) étaient parfaitement informés de cela et personne à l’époque n’a trouvé quelque chose à redire. (…) La commune de Mahina et M. Vernaudon sont clairement victimes du fait que les organismes de tutelle, dont c’était le rôle, n’ont pas exercé leurs responsabilités.”

Un argument “de cours d’école”, selon l’avocate de la commune qui rappelle que les trois protagonistes de cette affaire avaient créé et antidaté des conventions au moment où la chambre territoriale des comptes s’intéressait à la gestion de la radio. Une gestion qui pourrait coûter cher à Émile Vernaudon.

Le procureur à requis à son encontre un an de prison ferme et 10 millions d’amende, six mois de prison ferme et 5 millions d’amende à l’encontre de Joinville Pomare, ainsi que quatre mois de prison avec sursis et un million d’amende pour Gilles Tefaatau. Les trois risquent également d’être privé, durant cinq ans, d’exercer toute fonction publique et de se présenter aux élections.

F.C.

 

 

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