Affaire Sofipac – deuxième jour du procès “En fait, tout est faux”

    mercredi 14 octobre 2015

    Après l’ancien patron de la Sofipac, hier, c’était au tour de la principale apporteuse d’affaires locales, Yolande Wong Lam, d’être sous le feu des questions des magistrats du tribunal correctionnel, hier, pour le deuxième jour du procès de la plus importante escroquerie supposée à la defisc’.
    Cette frêle septuagénaire, dépeinte par ses proches comme très intelligente, aurait empoché environ 250 millions de francs en constituant des dossiers pour le compte de la Sofipac.
    Grâce à ses relations au ministère de l’Agriculture ou encore au service du développement durable, elle disposait de la liste des éleveurs et agriculteurs du Pays qu’elle pouvait donc démarcher pour leur proposer de monter des dossiers pour bénéficier des avantages de la loi Girardin.
    En quelques années, elle en a constitué plus de 200 destinés, sur le papier, à financer la création de porcheries, d’exploitations de vanille et autres activités du secteur primaire.
    Mais sur le terrain, les choses auraient été toutes autres, selon les témoignages d’agriculteurs et d’éleveurs. Citant le cas de l’un d’eux aux Marquises, la présidente souligne qu’il était censé bénéficier de le defisc’ (pour un montant de près de 21 millions de francs) pour créer une porcherie de 400 m2 : “Mais il a dit qu’il avait simplement déplacé sa porcherie, ce qu’il a fait tout seul avec ses employés. (…) En fait, tout est faux.”

    “Dévoiement total”

    D’autres recevaient un tracteur ou quelques millions de francs, mais moins que ce qu’ils étaient en droit de percevoir. Sauf qu’ils l’ignoraient jusqu’à ce que la justice s’en mêle.
    “Je n’ai pas signé ce document. (…) Je n’ai effectué aucun des travaux mentionnés en 2009. Tout a été fait en 2001”, témoignait devant les enquêteurs le président d’une coopérative d’élevage.
    “Quand je vois le prix sur les factures, c’est n’importe quoi”, renchérissait un agriculteur surpris du montant de certains équipements qui aurait été gonflé.
    En outre, les fruits de la défiscalisation auraient, via la Sofipac, permis le remboursement de dettes de ces exploitants. Un autre exemple, dixit la présidente, du “dévoiement total du mécanisme”.
    À la barre, Yolande Wong Lam ne s’est pas pour autant démontée. Droite dans ses bottes, elle a assuré n’avoir servi que de relai entre la Sofipac et les agriculteurs et éleveurs locaux auprès desquels elle collectait les pièces nécessaires au montage des dossiers.
    Pour autant, celle qui avait procuration sur les signatures a déclaré ne pas maîtriser les clauses des contrats sur lesquels elle ne jetait même pas un œil : “Je ne sais même pas si en les lisant, on arrive à les comprendre”. Le procès se poursuit aujourd’hui.

    Compte rendu d’audience J-B.C.

    Jean Caupin 2015-10-19 00:07:00
    Heureusement pour l'économie polynésienne que tous les monteurs Girardin ne sont pas des escrocs, il suffit juste de bien se renseigner sur internet avant de vouloir prendre part à un montage de ce type...
    SIRE 2015-10-14 14:03:00
    “Je ne sais même pas si en les lisant, on arrive à les comprendre” ben voilà c'est de la faute des contrats

    Du goudron et des plumes
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