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Affaire“go fast”de la Presqu’île : “la montagne accouche d’une souris”

jeudi 4 mai 2017

correctionnel paka

À l’issue de l’audience, les prévenus ont prié, comme s’ils venaient de vivre un miracle. (© Florent Collet)

Des larmes de joie coulent sur les joues de la plupart. À la sortie de la salle d’audience, en cercle, main dans la main, la quasi-totalité des prévenus font une prière de remerciement, comme s’ils venaient d’assister à un miracle. Alors que certains encouraient cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt comme l’avait requis le procureur, que les paquetages pour Nuutania étaient déjà prêts, personne n’a pris le chemin de la prison à l’issue de l’audience.

L’avocat de Bruno L., l’une des deux têtes de réseau supposé, avait conclu sa plaidoirie par cette question : “La montagne accouchera-t-elle d’une souris ?” En réponse, le tribunal correctionnel a infligé hier au maximum quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et un million d’amende à Bruno et Raufea L., l’oncle et le neveu qui avaient, de 2009 à 2012, cultivé du pakalolo en quantité suffisante pour alimenter la zone urbaine.

Le trafic avait une tournure originale compte tenu de la technique de “go fast” utilisant un véhicule partant en éclaireur pour éviter à la voiture chargée de paka de tomber sur un contrôle de police.

Deux des prévenus présentés comme leurs plus gros clients écopent quant à eux de trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et un million d’amende.

Quatorze autres prévenus se voient infliger des peines allant de deux ans de prison, dont un an avec sursis, à six mois de sursis. Deux personnes sont relaxées, seule l’association de malfaiteurs leur étant reprochée, un chef d’inculpation qui n’a finalement pas été retenu par le tribunal.

 

Pas de mansuétude

 

Un peu plus tôt, le procureur de la République avait décrit Bruno et Raufea L. comme des personnes “ancrées dans la délinquance” et qui, grâce à leur activité, avaient pu engranger des revenus allant de 1 à 2 millions de francs par mois et indiqué qu’il ne ferait pas preuve de plus de mansuétude : “Le trafic de drogue dure ou drogue douce, pour moi, c’est du trafic.”

Les avocats des petites mains aidant au transport ou à la culture ont souligné que leurs clients avaient “subi l’ampleur du trafic”, une autre relevant que dans ce dossier où tous les prévenus avaient des liens de famille, ses clients étaient tombés “par amitié, par amour et par facilité, pour l’argent”.

Un avocat remettait en cause la lourdeur des peines requises “pour justifier les cinq ans d’investigation” ayant nécessité le travail de 75 personnes, d’un hélicoptère et d’un drone, ainsi que de la marine nationale.

Beaucoup ont souligné les écarts entre les estimations de gains et la réalité, aucun des prévenus n’ayant finalement fait fortune dans cette affaire. “Il faut ramener l’affaire à de plus justes dimensions.”

D’autres ont tenu à mettre en avant le temps écoulé depuis la fin de l’enquête, certains protagonistes s’étant parfois réinsérés dans la vie active depuis, à l’image de Bruno L., désormais constructeur de bateau.

Son avocat s’est indigné du peu de prise en compte par la justice des spécificités locales car si, dans l’Hexagone, des grosses cylindrées sont utilisées pour transporter 400 kilos de haschich, ici, les “go slow” n’excédaient pas les 60 km/h en passant par la côte est.

Il s’est également moqué qu’une concubine aidant son conjoint à arroser des plants de paka puisse être considérée comme une association de malfaiteurs.

 

Compte rendu d’audience F.C.

 

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