AG Air Tahiti Nui – “La Polynésie est vouée à un développement touristique extraordinaire”

    samedi 18 juin 2016

    Michel Monvoisin (à G.) et Jean-Christophe Bouissou. Pays et compagnie au tiare main dans la main.

    Michel Monvoisin (à G.) et Jean-Christophe Bouissou. Pays et compagnie au tiare main dans la main.

    Ciel dégagé. Vendredi après-midi, s’est tenue à la présidence l’assemblée générale de la compagnie Air Tahiti Nui, qui présentait à ses actionnaires, peu nombreux à s’être déplacés, le bilan de l’année 2015 mais surtout, des bénéfices records de 4,8 milliards de francs (lire La Dépêche de Tahiti de jeudi).
    Pour la seconde année consécutive, Air Tahiti Nui avec près de 475 000 passagers transportés l’année dernière, va distribuer des dividendes à l’ensemble de ses actionnaires, ce qui semble ravir le PDG de la compagnie, Michel Monvoisin, ainsi que le premier des actionnaires de la compagnie au tiare, à savoir le pays, par la voix de son porte-parole et ministre du Tourisme, Jean-Christophe Bouissou.
    Tous deux nous ont accordé une interview croisée sur le futur de la compagnie, peu avant l’assemblée générale.

    En tant que PDG, se réjouit-on d’une telle bonne santé financière ?
    Michel Monvoisin : Bien entendu, le propre d’une société est de faire du résultat. On ne peut être que satisfait du bon résultat.

    Et l’actionnaire principal ?
    Jean-Christophe Bouissou : Du point de vue de l’actionnaire principal (le Pays, NDLR), on ne peut que féliciter le PDG, la direction de ATN mais aussi les employés. On n’arrive pas à de tels résultats et à hisser notre compagnie sans une prise de conscience à tous les niveaux. Le personnel doit aussi trouver une visibilité sur l’avenir, c’est ce que l’on décidera.
    M.M. : Je rejoins le ministre, le personnel de ATN est attaché à la compagnie. Ce n’est pas le travail d’un homme, c’est le travail d’une équipe.

    Vous semblez avoir trouvé les solutions. Y a-t-il une méthode Monvoisin ?
    M.M. : Le premier succès, c’est une stabilité du conseil d’administration. Ce qui a aidé la compagnie – et je m’en réjouis –, c’est d’avoir un conseil qui nous soutienne et qui nous suive dans toutes les circonstances. C’est important. ATN a souffert de cela de par le passé. Il n’y a pas de baguette magique, on ne change pas l’entreprise en trois jours. Il faut une vision, une continuité, une stabilité et mettre une stratégie en œuvre. On est toujours dans la stratégie adoptée en conseil d’administration en 2013, on la déroule, c’était un plan sur cinq ans, on est dedans. Il fallait de la stabilité, on peut se réjouir de l’avoir aujourd’hui.

    La compagnie a plus de 15 ans, la flotte va être renouvelée, cela va être une étape importante pour ATN. Dans cinq à dix ans, y aura-t-il plus d’avions et de nouvelles destinations ?
    M.M. : Air Tahiti Nui sera prêt. Aujourd’hui, on a la demande, mais on a un problème d’offre, c’est le sujet. Nous allons changer pour des avions plus performants. Si on veut développer le tourisme, il faut des chambres. La basse saison se rétrécit de plus en plus. Avec l’Asie, on arrive à remplir la basse saison avec encore un peu de marge, mais pas tant que ça. Si, à un moment donné, on n’a pas le réceptif et les chambres d’hôtels, on touche le plafond de verre, il faut bien les héberger les touristes. Aujourd’hui, on sait quel type de produit ils veulent, mais il en faut plus aujourd’hui.
    J.-C.B. : Je pense que la Polynésie, aujourd’hui, est vouée à un développement touristique extraordinaire. Il faut des projets de constructions d’hôtels. On sature avec les hôtels classés. De plus en plus de visiteurs se rendent dans les pensions de famille, ce qui est une bonne chose. Les marchés émergents comme la Chine sont en train d’augmenter. Il faudra une flotte adaptée pour répondre à cette demande, mais comme le dit Michel Monvoisin, il faut un réceptif pour les recevoir. Le gouvernement a énormément à faire pour faire aboutir les projets que nous avons, mais aussi rouvrir les hôtels fermés.

    Ce n’est donc pas forcément plus de lignes…
    M.M. : Il faut d’abord le réceptif, ensuite on ouvre les lignes. Une nouvelle ligne, c’est 40 000 passagers par an. 40 000 passagers, on ne sait pas où les mettre, cela ne sert à rien aujourd’hui, on n’a pas les chambres. Et on n’a pas fini d’exploiter les lignes que nous avons déjà.

    Propos recueillis  par Christophe Cozette

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