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Il agresse un mineur et vole son vélo “pour passer ses nerfs”

mardi 21 mai 2019

“Tu es le seul responsable, cela ne sert à rien de venir pleurer. Mineur, tu pouvais pleurer, on t’écoutait”, s’est agacé le procureur à l’encontre de Wilrick A. Photo : Florent Collet

“Tu es le seul responsable, cela ne sert à rien de venir pleurer. Mineur, tu pouvais pleurer, on t’écoutait”, s’est agacé le procureur à l’encontre de Wilrick A. (Photo : Florent Collet)

Wilrick A. fête ses 21 ans aujourd’hui. Il a passé la nuit à Nuutania avec l’assurance d’y passer les sept prochains mois de sa vie. Interpellé vendredi dernier, il y a déjà dormi trois nuits au moment d’être jugé en comparution immédiate hier. Un séjour riche d’enseignement qui angoisse le jeune homme à l’idée de retourner en cellule.

Alors que sa voix ne parvient pas à masquer sa peur à chacune de ses réponses au juge du tribunal correctionnel devant lequel il comparaît, dans le fond de la salle, sa grand-mère, également mère adoptive, ne peut retenir ses larmes. C’est une autre mère qui, quelques bancs plus à l’avant de la salle d’audience, ne cache pas son exaspération. Son fils à elle ne veut plus aller à son stage en vélo, c’est elle qui l’y amène désormais tous les jours et il refuse de passer par la ruelle où il a eu le malheur de croiser Wilrick A.

Quelques minutes plus tôt, Wilrick A. n’avait pas aimé la manière dont des jeunes l’avaient regardé en passant devant lui. Quelques secondes plus tard, la future victime passait devant lui et alors qu’elle n’avait aucun lien avec les jeunes, Wilrick A. décidait de le lui faire payer, tente d’expliquer le jeune prévenu, hier.

Il cherche la bagarre. “Je voulais du répondant.” Malgré une carrure imposante, la victime de 15 ans ne cherche pas à comprendre et prend la fuite en laissant son vélo. “J’ai cru qu’il avait le même âge (que moi, NDLR)”, se défend le prévenu. “C’est la première fois que je mets les pieds à Nuutania. Ce n’est pas une vie là-bas. J’ai pas envie d’y fêter mon anniversaire.”

Mais à 20 ans, Wilrick A. compte déjà un nombre impressionnant de condamnations qu’il pensait avoir soldées par des heures de travail d’intérêt général. Mais depuis, il a été condamné à plusieurs reprises lors d’audiences où il n’était pas présent. “Tu es le seul responsable, cela ne sert à rien de venir pleurer. Mineur, tu pouvais pleurer, on t’écoutait. Plus maintenant. Tu as saboté tout seul les moyens mis en œuvre par le service d’insertion et de probation pour te sortir de là”, détaille le procureur qui requiert six mois de détention.

“La situation est très simple au niveau des faits, elle est beaucoup plus complexe au niveau de la peine qui doit être infligée”, explique l’avocate de Wilrick A. “Sa vie n’a pas toujours été rose”, détaille-t-elle en faisant allusion aux différents placements en foyer.

“Il a un problème de comportement. Qu’il en soit conscient, c’est un premier pas”, poursuit-elle, en référence à la lettre d’excuse rédigée dans sa cellule et remise à la victime en début d’audience.

Pas de quoi infléchir les juges du tribunal correctionnel qui le condamne à sept mois de prison ferme, assortie d’un mandat de dépôt “car à un moment donné, il n’y a plus rien d’autre à faire” expliquent-ils. “Mais après ces sept mois, c’est bon je pourrai sortir ?” s’inquiète le jeune homme au moment d’être menotté. “Non car vous avez plusieurs peines qui ne sont plus aménageables étant donné que vous êtes en détention”, lui répond le procureur qui comptabilise ainsi 20 mois supplémentaires.

“OK, je vais les faire, pas de problème”, marmonne Wilrick A., comme pour se rassurer.

 

Compte rendu d’audience F.C.

 

 

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