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Agressée sexuellement par son beau-frère : “J’aurais préféré être dans un cauchemar”

mercredi 10 janvier 2018

TRIBUNAL

“J’ai regretté… un peu”, explique le prévenu au sujet de ses actes. (© archives LDT)

Un cauchemar pour réveil. Il est minuit, ce soir d’août, quand la victime va vivre un véritable calvaire. Alors qu’elle dort, T.T., son beau-frère, entre discrètement dans sa maison et s’allonge sur elle pour l’immobiliser avant qu’elle ne se réveille en sursaut.

L’homme de 46 ans a allumé son téléphone pour éclairer la victime et il plaque sa main sur sa bouche pour l’empêcher d’appeler à l’aide. Sous la contrainte, la femme est embrassée, caressée sur tout le corps, puis l’homme la pénètre de ses doigts en lui clamant son amour.

“C’était une agression très très violente, un réveil brutal et cauchemardesque qui m’a fait perdre la tête”, explique la victime à la barre.

Des faits commis à la veille de la rentrée scolaire, un traumatisme supplémentaire pour cette enseignante, qui ne souhaite pas ébruiter cette affaire au sein de son établissement. “Pour moi, c’est épouvantable”, dit-elle.

La victime prétend vouloir aller chercher de l’eau, mais prend la fuite jusque chez ses voisins qui lui viennent en aide.

Interrogé sur ces faits, T.T. a une réponse surprenante : “C’est fini ça, je n’y pense plus.”

Il est aussitôt recadré par le président du tribunal : “Il va falloir y penser, c’est votre procès”.

 

“J’ai oublié ça”

 

Mais le message ne semble pas passer : “J’ai oublié ça”, avoue-t-il, reconnaissant tout de même “avoir regretté… un peu”. “J’ai eu pitié d’elle.”

L’homme, décrit comme un gros consommateur d’alcool et violent avec la sœur de la victime, a pourtant bénéficié de la charité de cette dernière, qui lui donnait un peu d’argent en échange de ses travaux dans le jardin et ne disait trop rien quand T.T. venait, la nuit en cachette, dormir sur sa terrasse.

Quelques mois plus tôt, lors du week-end de Pâques, T.T. a déjà causé une grosse frayeur et de lourdes blessures à la même victime durant la nuit.

Vers 3 heures du matin, elle se réveille, va à la cuisine et remarque que le rideau bouge étrangement. Lorsqu’elle le soulève, le visage du beau-frère est juste derrière la vitre. Elle tente de rapidement fermer la porte, mais l’homme ouvre la baie vitrée. Fuyant dans le jardin, elle est rattrapée, plaquée et serrée si fort qu’elle aura quatre côtes cassées, alors qu’il lui embrasse visage et cheveux.

Là aussi, une voisine réussira à le faire fuir.

En 1995, T.T. avait déjà été condamné pour des coups et blessures et une violation de domicile. Placé en détention provisoire dans cette affaire, il avait ensuite été mis sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’approcher la victime. En novembre dernier, la victime a eu la stupeur de le voir dans son quartier.

À la barre, l’homme à la diction quasi-inaudible a bien du mal à s’en expliquer. Le rapport de l’expert est plus explicite : la conjugaison d’un accident de la route l’ayant plongé dans le coma et la consommation abusive d’alcool ont détérioré ses capacités intellectuelles.

Compte tendu de son retard mental, l’expert estime que le prévenu avait son discernement altéré. Il était cependant responsable.

La victime, elle, est toujours traumatisée. Barricadée chez elle, elle est devenue insomniaque. Appelé à s’exprimer une dernière fois avant le délibéré, T.T. explique que sa femme est malade : “J’ai envie de sortir de prison”.

Ce ne sera pas pour tout de suite. Il a été condamné à 3 ans de prison, dont 18 mois avec sursis, l’obligation de suivre des soins et d’indemniser un million de francs de préjudice à la victime. Il lui est également interdit d’entrer en contact ou d’approcher du domicile de la victime. Les juges ont décidé de le maintenir en détention.

F.C.

 

 

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