Agressée sexuellement par “l’ami” qu’elle “avait pris sous son aile”

    mercredi 15 juin 2016

    imagesEn l’observant à la barre, l’on comprend vite que quelque chose “cloche” dans l’attitude de cet homme de 30 ans au crâne rasé.
    Ses mains crispées, son regard fuyant et le fait qu’il se colle au micro et s’agrippe à la barre à chacune de ses réponses, interpellent l’assistance. Car le prévenu est atteint d’un retard mental.

     
    “Il n’a pas vraiment grandi dans sa tête”, remarque le président du tribunal correctionnel, qui s’adresse à lui comme à un enfant.
    Pourtant, les faits pour lesquels il comparaît sont loin d’être anodins.
    En octobre 2013, à l’issue d’une soirée arrosée, il s’était introduit dans la chambre d’une jeune fille de 19 ans et s’était glissé dans son lit. Il l’avait ensuite agressée alors qu’elle était en plein sommeil.

     
    Et sans l’intervention de son compagnon, revenu subitement dans la chambre, “il aurait pu commettre l’irréparable”, dixit l’avocat de la victime.
    Une jeune femme qui était pourtant “l’amie” de son agresseur comme elle l’a raconté : “Je le connais depuis l’enfance (…) Il était rejeté, mais moi, je n’avais pas honte de lui parler. J’avais un peu de peine pour lui”. “Elle l’avait pris sous son aile”, a résumé son avocat.

     

    “Je peux faire des travaux forcés”

     
    Les magistrats ont tenté d’interroger le trentenaire sur les raisons de son acte obtenant en retour des réponses confuses parfois incompréhensibles.
    “Bon, il y a une chose à retenir. Il ne faut pas rentrer chez les gens la nuit pour aller se jeter sur une femme”, l’a sermonné le président.
    “Je lui dis qu’il ne faut pas faire ceci ou cela, mais il n’en fait qu’à sa tête”, a déploré sa mère au moment où le trentenaire la coupait subitement; suscitant quelques rires dans la salle : “Je peux faire des travaux forcés si tu veux, monsieur le juge”.

     
    L’expert psychiatre, qui s’est entretenu avec lui, a estimé que compte tenu de son état, le prévenu n’avait “probablement pas sa place” à Nuutania où il deviendrait une “proie”.
    “Peut-être qu’une mise sous tutelle ou sous curatelle s’impose. Le but de ma cliente n’est pas de le voir aller en prison. Ce n’est pas sa place”, a consenti l’avocat de la jeune femme.

     
    Le tribunal lui a finalement infligé une peine de 12 mois de détention mais entièrement assortie du sursis.
    Il devra également suivre des soins, indemniser sa victime à hauteur de 500 000 F et a désormais interdiction d’entrer en contact avec elle.

     

     

    Compte rendu d’audience J.-B.C.

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