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Agriculture bio – Gilles Yau prévient contre le copier-coller du texte français

vendredi 13 octobre 2017

gilles yau

Le président de la Fédération générale du commerce recadre le débat en expliquant pourquoi la réglementation métropolitaine sur les pesticides est inadaptée à la Polynésie française, en raison du climat, des cultures agricoles et des spécificités insulaires. (© Jennifer Rofès)

Le président de la Fédération générale du commerce (FGC), Gilles Yau, a souhaité réagir aux propos du ministre du Développement des ressources primaires, Tearii Alpha, qui souhaite faire appliquer la réglementation métropolitaine concernant les pesticides.

En effet, certains produits insecticides, fongicides ou désherbants, utilisés en Polynésie française, sont interdits dans l’Hexagone.

Or, comme le souligne Gilles Yau, également patron d’Agritech, la Polynésie française ne peut pas être comparée à l’Hexagone, en raison de son climat tropical, en raison de ses cultures mais aussi en raison de pestes diverses comme les termites et fourmis de feu, qui sont propres au territoire.

C’est pourquoi sa réglementation diffère et qu’elle s’inspire de ce qui se fait dans le Pacifique et dans la ceinture Asie-Pacifique-États-Unis.

Pour exemple, Gilles Yau explique que c’est le label Bio Pacifica, développé par la commission du Pacifique Sud, qui a été choisi pour la Polynésie française et non le label bio français, qui était totalement inadaptable au contexte insulaire, selon lui.

En France, pour obtenir la certification bio, l’agriculteur ne doit pas avoir de voisin traitant sa production agricole dans un rayon de 15 kilomètres. On sait bien qu’ici, c’est impossible.”

Le label Bio Pacifica prend également en compte les aspects climatiques de la région et des cultures qu’elle propose.

“En France, il y a principalement des producteurs de céréales, de vignes et d’arbres fruitiers, mais il n’y a pas de bananeraies, il n’y a pas de canne à sucre, il n’y a pas de champs d’ananas ni de production de vanille. Donc la France a une réglementation qui correspond à son pays, à ses cultures”, ajoute Gilles Yau, qui précise que techniquement, ce que voudrait mettre en place Tearii Alpha est très compliqué, voire inadapté.

“Nous avons introduit, il y a plus de dix ans, un produit pour la lutte biologique à base d’huile de neem qui est un insecticide qui fonctionne très bien contre les pucerons. Ce produit est autorisé dans un grand nombre de pays d’Asie et aux États-Unis mais est interdit en France. Donc si on doit s’en référer au texte français, nous ne pourrons pas l’homologuer.”

 

Un copier-coller du modèle français impossible

 

En effet, l’homologation dans l’Hexagone ne se fait pas par matière active, comme c’est le cas en Polynésie française et dans les pays limitrophes, mais par spécialité commerciale et par culture.

C’est d’ailleurs pourquoi la Nouvelle-Calédonie s’est inspirée, après s’être penchée sur la réglementation métropolitaine, de celle de la Polynésie.

“Aujourd’hui, s’imaginer faire de l’agriculture biologique comme en France est totalement impossible. Et les raisons sont multiples : on ne peut pas introduire d’insectes utiles, c’est prohibé par la Diren (direction de l’environnement, NDLR). On ne peut pas utiliser les fumiers organiques à base de bovins et ovins. Depuis la vache folle, c’est banni et interdit et notre production de bovins est ridicule, donc ça limite en engrais fertiles organiques. Aujourd’hui, nous avons le poisson, le guano et les algues, voilà.”

Pour Gilles Yau, si la Polynésie n’arrive pas à faire aujourd’hui du tout biologique, ce n’est pas parce que les agriculteurs ne le veulent pas mais parce qu’ils n’y arrivent pas.

“Si on souhaite développer l’agriculture biologique, il nous faut passer par l’agriculture raisonnée. Il y a un schéma opératoire à changer, des étapes de transition à faire mais pas en décrétant mais en accompagnant. Or, l’accompagnement, aujourd’hui, n’existe pas.”

L’agriculture raisonnée est en effet la solution transitoire au développement du bio car elle préconise des méthodes entrant dans le cahier des charges de la lutte biologique en favorisant prioritairement les insecticides et fongicides biologiques, mais permet, en cas de problème, comme des attaques parasitaires, virales ou autres maladies, de revenir à des pesticides conventionnels pour sauver la production et ne pas impacter les rendements. 

 

Jen.R.

 

 

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