Aides chinoises dans le Pacifique : une carte interactive pour y voir plus clair

    lundi 2 mars 2015

    Quels programmes la Chine finance-t-elle dans la région ? Quelles sont les sommes allouées à ces projets de développement ? S’agit-il de prêts ou de dons ? Ces dernières années, l’aide grandissante de la Chine en faveur des États insulaires du Pacifique s’est accompagnée de nombreuses questions et parfois, de polémiques.
    Face au manque de transparence de la Chine en la matière, la chercheuse Philippa Brant, du Lowy Institute, à Sydney, a décidé de répertorier toutes les aides accordées par l’empire du Milieu.

    Voir ici pour accéder au dossier complet (en anglais)

    S’appuyant sur plus de 500 documents, en anglais et en chinois, elle relativise la présence chinoise dans le Pacifique :

    « La Chine est en train de dépasser le Japon pour devenir le troisième principal donateur dans la région, mais l’Australie reste loin devant. Ce qui est intéressant, c’est que, évidemment, étant donné leur poids économique, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Fidji reçoivent plus d’argent que leurs voisins, mais la Chine donne aussi pas mal d’argent aux plus petits pays, comme le Vanuatu et Samoa. »

    Pour la Chine, comme pour les autres créanciers de la région, il s’agit d’aider, mais aussi, bien sûr, d’étendre son influence dans la région et de multiplier les opportunités économiques pour ses entreprises. Mais si les buts sont les mêmes, les méthodes chinoises tranchent avec celles des bailleurs de fonds traditionnels. La Chine a souvent été accusée de ne pas jouer la transparence. Pour la chercheuse Philippa Brant, au-delà des raisons culturelles qui expliquent cette politique, il y a une raison logistique : « Ce n’est pas dans leurs habitudes de récolter et d’échanger des données statistiques, même à l’intérieur du pays. Il y a un vrai manque de capacité à recueillir ces informations. »
    Ce manque de transparence sur les sommes versées a été la source de polémiques dans plusieurs pays de la région. Outre le fait qu’il est parfois difficile de savoir quel est le montant de l’aide allouée et à qui elle revient, la nature même de l’aide a pu créer des troubles. Et en l’occurrence, les torts sont partagés, estime Philippa Brant :

    « La Chine n’a pas été claire sur ce qu’impliquait son aide, et les Îles du Pacifique se sont tournées vers la Chine pour contracter de gros prêts sans forcément penser aux remboursements. Ces dernières années, les deux parties ont reconnu qu’elles devaient être plus claire sur ce qu’elles attendaient. »

    Selon la chercheuse, 78% de l’aide chinoise dans le Pacifique se fait sous forme de prêts sous conditions -dans la plupart des cas, la Chine exige que ce soit des entrepreneurs chinois qui effectuent les travaux de construction de routes ou d’hôpitaux, par exemple.
    D’une manière générale, Philippa Brant estime que la Chine a montré sa volonté d’être plus transparente à l’avenir, et de collaborer plus souvent avec les autres pays donateurs.
     
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